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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Ils nous ont quittés en 2016

Courses / 17.12.2016

Ils nous ont quittés en 2016

Ils nous ont quittés en 2016

 

Jour de Galop rend hommage, en plusieurs volets, à ceux qui nous ont quittés en 2016.

[Partie 2]

 

Alain Deliberos. Né en 1937, décédé le 1er mars, Alain était un ancien combattant d’Algérie, raison pour laquelle il avait reçu la Croix de la valeur militaire. Il avait également été fait chevalier du Mérite agricole. Installés dans la Nièvre à l’époque, Alain et son épouse Annick (décédée en 1991) étaient agriculteurs et possédaient charolais et moutons avant de se lancer dans l’élevage d’AQPS. Grâce aux conseils de la famille Vagne, ils exploitent la carrière de poulinière d’Herenice. Cette fille de Laniste mettra au monde un futur gagnant du Grand Steeple-Chase de Paris, Arenice (Brezzo). Sa sœur, Tenice, donnera naissance à Isidore Ranson (Agent Bleu) puis à Maîtresse de Maison (Video Rock), la future mère de Tir au But (Trempolino), propriété de Franck Deliberos (fils d’Alain), associé au Haras de Saint-Voir.

La famille Deliberos élève une fille d’Or de Chine nommée Ina du Soleil. Elle deviendra la mère de Rambranlt, vainqueur du Prix du Président de la République 1989 (monté par Jean-Pierre Godet) après son succès dans le Prix Lutteur III.

 

Sam Gendron. Ce jeune apprenti de 15 ans, au service de Patrick et François Monfort, est décédé des suites d’un violent coup de pied d’un cheval au lendemain de la réunion du 24 avril donnée sur l’hippodrome de Nort-sur-Erdre.

 

Jean-Pierre Godet. Excellent cavalier, trop méconnu du public, Jean-Pierre Godet, cet ancien cavalier de concours complet, puis jockey d’obstacles de mars 1984 à juin 2006, est décédé début juillet des suites d’un accident de la circulation à Gouvieux. Circulant à bicyclette, il a été fauché par un véhicule de la gendarmerie. Natif de Strasbourg en juin 1963, il comptait plus de 150 victoires. Il avait été associé à un certain nombre de pensionnaires d’Élie Lellouche ou de Claude Cohen, dont Jemica Tango (élevé par J.-F. Jardillier), Jameson Kid (Prix Renaud du Vivier), Old River (Prix Ferdinand Dufaure), Pontiac Brave, Byzantium, Hurtevent, mais aussi à Rambranlt (élevé par Alain Deliberos), Ultra Rochelais (Prix Georges Courtois), Unouragan, Roboratif, Silver Break... Depuis sa retraite de jockey, il montait comme cavalier d’entraînement et avait passé son permis poids lourd. Il habitait pas très loin de l’hippodrome de Chantilly où il se rendait à vélo.

 

Thierry Guillaume. Né en mai 1958 à Trouville, Thierry Guillaume a débuté comme apprenti chez Claude Deleuze, à Maisons-Laffitte. Il met un terme à sa carrière de jockey en décembre 1993 après plus de cent victoires en obstacle. Il est décédé en juin, victime d’un arrêt cardiaque.

 

Michel Henochsberg. La vie de cet homme a été faite de multiples passions : la famille et les courses. D’un point de vue hippique, il a porté plusieurs casquettes, dont celle de président du Syndicat des éleveurs, celle de bras droit de Jean-Luc Lagardère, celle de Président de l’Association des éleveurs européens, mais son nom est attaché à une certaine Urban Sea, sous l’entité Marystead Farm.

Né en avril 1946 à Périgueux, le "Professeur" est parti sous d’autres cieux le 15 janvier.

 

Jean-François Jardillier. Décédé en juin, à 71 ans, Jean-François Jardillier était en retraite depuis quelques années après avoir été salarié de la Société d’Encouragement puis de France Galop. Il était chargé des contentieux entre professionnels et a donc connu d’une grande majorité d’entre eux. Par ailleurs, éleveur sans sol, il avait fait naître Jemica Tango, deuxième du Prix Finot de Spanish Wells, puis vainqueur du Prix Georges de Talhouët-Roy (monté par Jean-Pierre Godet, décédé lui aussi cette année) pour les couleurs de Bertrand Clin et l’entraînement d’Élie Lellouche.

 

Janine Lefèvre. Décédée en avril, Janine était la fille de l’acteur René Lefèvre. Dans le milieu hippique, elle était connue pour avoir été la première gagnante d’une course PMU réservée aux cavalières, le 5 mars 1961, à Cagnes-sur-Mer, en selle sur Kid ; c’était les débuts de Michèle Leurson. L’acteur était ami avec Maurice d’Okhyusen, ce qui permit à Janine de se mettre en selle dès l’âge 8 ans. Elle parcourait ainsi les allées forestières de la forêt de Saint-Germain au Mesnil-le-Roi. Janine épousera au milieu des années 60 l’entraîneur Robert Winkfield, fils de James, crack jockey afro-américain vainqueur de deux Kentucky Derby, qui avait prédit qu’un jour un président noir occuperait la Maison-Blanche.

 

Jacques Lippens. Ancien contrôleur général et inspecteur des haras, c’est une grande figure qui s’est éteinte à Angers en avril, à l’âge de 82 ans. Avec son départ, c’est le symbole de la grandeur passée des Haras Nationaux qui s’en va. Il avait préféré céder sa place en 1999, ne voulant pas être, de par sa fonction, le fossoyeur de cette institution agonisante dont les fondations remontaient pourtant au XVIIe siècle. Après avoir débuté à Lamballe puis à Montier-en-Der et Tarbes, Jacques Lippens (de noblesse belge) était devenu directeur de la grande maison à l’époque de sa toute-puissance, et notamment dans les années 70 (sous l’ère d’Henri Blanc et contemporain de François Charpy) à l’heure du développement des courses et de l’élevage français. Un de ses collaborateurs lui rend hommage : « Je garde de lui le souvenir d’un homme très délicat, d’une loyauté irréprochable, d’un sens aigu des plus belles valeurs, tout cela accompagné d’une merveilleuse intelligence. »

 

Jean-Louis Lucas. Étalonnier, courtier et éleveur, Jean-Louis Lucas avait appris son métier pendant cinq ans au Haras de Roiville (Jorgen Permin) avant de s’installer, en 1974, au Haras de Préaux que son père, Yves (décédé en 1987), lui avait cédé. C’était son grand-père, Louis, qui l’avait acquis en 1924. Né en juin 1946, Jean-Louis Lucas avait été élu maire de Préaux-Saint-Sébastien en mars 2014, un mandat qu’il assumera jusqu’à son décès fin août.

 

Alain Morice. Le frère aîné de Michel Morice (journaliste au Figaro), Alain, nous a quittés en juillet, dans sa 74e année, lors de vacances passées en Tunisie. Il avait déclaré ses couleurs au lendemain d’un achat aux ventes de yearlings 2002. C’est David Smaga qui avait signé le bon pour une fille de la toute bonne Shining Molly, Bubbly Molly. Dès le mois de mai suivant, la fille de Wagon Master sera son premier partant. Après trois victoires, elle entre au haras où va naître le premier élève d’Alain. Le foal s’appelle Hi Molly (Della Francesca) qui va, dès sa première sortie, enlever le Prix Yacowlef (Listed réservée aux inédits) pour l’entraînement de Didier Guillemin. Après une troisième place dans le Prix Eclipse (Gr3), il est vendu pour Hong-Kong. Toujours à Deauville, David Smaga lui achète, en 2006, Seal Bay (Hernando), une petite-fille de Torrestrella. Deuxième des Prix Finlande et de la Seine (Ls), elle deviendra la mère de Scalambra (Nayef), élevée avec son associé Michel Lagasse. Vainqueur l’an passé de la Copa de Oro, elle terminera ensuite troisième du Prix de Royallieu (Gr2). Avec le journaliste Christian Bresson, il élève toute la production d’Always Pretty (El Prado), achetée à réclamer à Lady O’Reilly.