Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Ils nous ont quittés en 2016 (2e partie)

Courses / 18.12.2016

Ils nous ont quittés en 2016 (2e partie)

Suite et fin de notre hommage aux personnalités des courses qui nous ont quittés au cours de l’année écoulée.

Jacqueline O’Brien. Veuve depuis juin 2009, Jacqueline Wittenoom, originaire de Perth en Australie, était l’épouse depuis 1951 de l’illustre Vincent O’Brien, maître de Ballydoyle et cofondateur de Coolmore avec Robert Sangster et son futur gendre, John Magnier. Elle est décédée à son tour en mars, dans sa 90e année, laissant orphelins ses cinq enfants, dont deux entraîneurs, David et Charles. Avec Secreto, David reste le plus jeune entraîneur à avoir remporté le Derby d’Epsom. À cette occasion, il devançait son père, entraîneur d’El Gran Senor. Avec Assert, il a remporté l’Irish Derby et le Prix du Jockey Club en 1982, un an avant son père, lauréat avec Caerleon. David a cessé son activité depuis près de trente ans et serait, depuis, à la tête d’un vignoble en Provence. Jacqueline et Vincent étaient également parents de trois filles. Elizabeth est veuve depuis 2006 d’un producteur de cinéma, Susan s'est mariée à un certain John Magnier et Jane est l’épouse de Philip Myerscough, propriétaire de Baroda Stud.

Ogden Mills ("Dinny") Phipps. Ogden Phipps est décédé en avril, à l’âge de 75 ans, à New York. La famille Phipps était l’une des plus reconnues, des plus influentes et des plus respectées dans le domaine de l’élevage et des courses américaines. Elle s’est unie à la famille Mills au début du XXe siècle. Ogden Mills Phipps a été à la tête de la New York Racing Association de 1976 à 1983, puis fut élu à la présidence du Jockey Club en février 1983, un poste qu’il occupera qu’en août 2015, date de son départ à la retraite.

Franco Polidori. Francesco (Franco) Polidori est décédé en janvier, à Gênes, à l’âge de 86 ans, trois ans après son épouse, Gianna-Maria. Propriétaire d’agences hippiques, puis l’un des sauveurs de l’hippodrome de Capannelle (Rome), il a été également éleveur sans sol sous l’entité Compagnia Generale avec l’aide de son ami courtier Arturo Brambilla (décédé en octobre 2014 à 70 ans). Dans un premier temps, sa production est confiée à Franca Vittadini (la fille de Carlo) à Oriano. À Keeneland, en janvier 2001, ils achètent pour 60.000 $ Elbaaha (Arazi), pleine de Red Ransom, à terme un mois après. Naîtra son meilleur élève, Electrocutionist, vendu à l’amiable à l’Américain Earle Irwing Mack, pour lequel il remportera le Gran Premio di Milano et les International Stakes de York. À la suite de quoi le team Godolphin jette son dévolu sur le pensionnaire de Valfredo Valiani. Il enlèvera, entre autres, la Dubai World Cup 2006. Pour son entité, la Scuderia Pieffegi, Prince Kirk (Selkirk) s’est adjugé le Prix d’Ispahan 2004, devançant Six Perfections. En 2008, le Premio Parioli (les Guinées italiennes) est revenu à son élève Senlis (High Chaparral).

Michel Postic. Formé par Noël Pelat, Michel Postic s’installe comme entraîneur public à Maisons-Laffitte en 1986, puis abandonne le métier pour y revenir quelque temps après, muni d’un permis d’entraîner. Il s’installe près du centre d’entraînement de Dragey, où il entraîne un rebut, Unmix (Al Namix), vainqueur du Prix Murat (Gr2) devant Storm of Saintly (Saint des Saints), ou encore Jemy Baie (Crillon). Le cheval a remporté en mars dernier le Prix Troytown (Gr3), l’une des préparatoires aux Grand Steeple. Le 30 avril suivant, il termine sur les talons d’As d’Estruval (Nickname) et de Milord Thomas (Kapgarde) dans le Prix Ingré (Gr3). Le lendemain, Michel s’en est allé dans sa 62e année. Vingt-trois ans plus tôt, installé encore dans le Parc, il avait mené à la victoire Cupidon, qu’il avait élevé, dans le Prix Jacques de Vienne, son premier gagnant parisien. Ce fils de Farid rejoindra ensuite le haras comme étalon. L'effectif de Michel Postic a souvent été constitué de chevaux rafistolés que les autres n’avaient pas le temps de réparer. Avec de la patience, il les emmenait ensuite sur la butte Mortemart, comme Jemy Baie qu’il a sauvé de la boucherie.

Jacques Ravier. Véritable passionné de courses et de relations humaines, Jacques Ravier est décédé le 8 avril dans sa 88e année. Ancien président d'une Chambre départementale des notaires, il a, par ailleurs, porté plusieurs casquettes au sein du monde hippique. Ses couleurs (bleu, un disque orange) ont été enregistrées en 1977 sous le nom de son épouse. Il les reprendra en 1991. Il s’était, depuis, beaucoup investi dans l’Institution, avec notamment la présidence de l’Association des propriétaires du Centre-Est, reprise par son fils Thierry (ancien gentleman-rider), alors que son autre fils Jean-Claude a été élu à la présidence des courses lyonnaises (nées en 2010 de la fusion des deux sociétés). Sa passion l’avait même amené à commenter les courses à Parilly. Par ailleurs, Jacques n’avait aucun lien de parenté avec Théodore Ravier, ancien président des courses lyonnaises avant-guerre.

Mme Arnaud de Ravignan. Secrétaire de direction à la Société des steeple-chases de France puis à France Galop, Hélène Rivet-Bonjean était très appréciée de toute l’équipe dirigeante pour sa jovialité, son dynamisme et son savoir-faire. Elle avait épousé l’ancien second de François de Poncins, Arnaud de Ravignan, veuf pour la seconde fois depuis septembre.

Walter-Robert Swinburn. Celui que l’on surnommait le "Choirboy" est né en 1961 à Oxford. C’était l’un des jockeys les plus doués de sa génération, un génie diront certains, qui n’a pas encore 20 ans quand il devient, après Lester Piggott, le plus jeune vainqueur du Derby d’Epsom du XXe siècle, en selle sur le fameux Shergar, propriété de Son Altesse l’Aga Khan, laissant son dauphin à 10 longueurs. Ils remportèrent aussi les King George VI d’Ascot. Pour les mêmes couleurs et le même entraînement, celui de Sir Michael Stoute, il enlève à nouveau cette épreuve mythique en 1986 avec Shahrastani, qui remporte également le Derby irlandais. En 1995, Lammtarra lui offre un troisième Derby d’Epsom. À son palmarès figurent plusieurs fois les quatre grands classiques anglais et irlandais (Guinées, Derby et Oaks) et la Breeders’ Cup Turf avec Pilsudski. Il a porté les couleurs Wildenstein et a enlevé la même année (1983) le Prix de l’Arc de Triomphe, le Turf Classic et le Washington D.C. en selle sur All Along, pensionnaire de Patrick Biancone. Il s’était retiré en avril 2000, à 39 ans, et avait pris une licence d’entraîneur à partir de fin 2004, un métier qu’il exerça chez son beau-père, Peter Woodstock Harris, à Church Farm à Aldbury (Hertfordshire) jusqu’en 2011. Le 12 décembre, il décède dans sa 56e année.