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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le Grand Prix de Pau par les statistiques

Courses / 21.01.2017

Le Grand Prix de Pau par les statistiques

Le Grand Prix de Pau par les statistiques

Par Xavier Bougon

 

L’hippodrome de Pau fêtera dimanche son 130e Grand Prix dont la première édition s’est déroulée en 1879. Il fut couru sous forme de handicap jusqu’en 1910, sur la distance de 4.500m puis de 4.300m. Plusieurs fois, la distance a évolué depuis l’Après-guerre, passant de 4.600 à 5.100m, pour être fixée à 5.300m depuis 2001. La date aussi a changé, passant de mi-janvier à début février, pour revenir en janvier depuis 1998.

 

Une participation record pour la 130e édition. Il faut remonter à 1987 pour retrouver autant de participants au départ. Cette année-là, il y avait eu dix-sept candidats pour la 100e édition de la course. Lors des victoires de Mississipi en 1970 et de Petit Louis en 1976, quinze prétendants avaient tenté leur chance. Des quinze partants en piste dimanche, seul Speed Fire (Spirit One) joue à domicile pour l’entraînement palois de Jean-Pierre Daireaux.

 

Paulougas, le favori en l’absence du tenant du titre. Winneyev (Goldneyev), le tenant du titre, est sur la touche depuis sa victoire l’an dernier. Il avait 5ans lors de son succès, tout comme Rubi Ball, le pensionnaire de Mme Patrick Papot en 2010. Cette année, un autre 5ans, Paulougas (Turgeon), portant les couleurs de la famille Papot, fait figure de favori après ses succès dans une des préparatoires, le Prix Bernard de Dufau (l’ex Prix Renaud du Vivier) le 1er janvier, dans les Prix Jean Stern (Gr2) et Orcada (Gr3) à Auteuil l’an dernier et sa troisième place dans le Prix Maurice Gillois (Gr1).

Un certain Rubi Ball avait enlevé le Grand Prix de Pau après s’être classé deuxième du Grand Steeple-Chase des 4 ans à Auteuil, tout comme Tito l’Effronté à son époque. Quant à El Triunfo, il avait fait le doublé Prix Maurice Gillois-Grand Prix de Pau à 5 ans.

 

Au départ, le deuxième et le troisième de l’an dernier. L’an passé, Mali Borgia (Malinas) et Forthing (Barastraight) avaient pris les deuxième et troisième places de ce Grand Prix. En cas de victoire de l’un ou de l’autre, ils compléteraient la liste de ceux qui ont été les dauphins avant de vaincre : Vent Sombre, le dernier, Grey Jack, Vaquero, Le Magnien, Jaccoud, Petit Louis, Mississipi, Fineau, depuis un demi-siècle.

L’entraîneur de Mali Borgia, Philippe Cottin, l’a déjà enlevé deux fois consécutivement (2013 et 2014) avec Rochmi du Mont et Kalmonto.

Quant à Forthing, son propriétaire n’est autre que Mme Magalen Bryant, qui ne figure pas encore au palmarès de ce Grand Prix !

 

Un top weight à 71 kg. Jemy Baie (Crillon), le pensionnaire du regretté Michel Postic, va devoir porter 71 kg, une charge assez courante dans cette épreuve. En 1994, Vaquero avait porté ce poids lors de sa victoire. Depuis, Rubi Ball, Sleeping Jack et Or Jack s’en sont sortis en portant 72 kg. En 1923, L’Yser portait 79 kg.

 

Une victoire sans une préparatoire. Jemy Baie et Eaux Fortes (Walk In The Park) sont des rentrants. Leurs entourages ne leur ont pas donné de courses préparatoires et tous deux arrivent d’Auteuil. Depuis un demi-siècle, tous les vainqueurs du Grand Prix de Pau avaient eu une mise en jambes à Pau.

 

Maiden à Pau. Au départ de ce Grand Prix, ils sont six concurrents à n’avoir pas encore gagné sur l’hippodrome de Pau, dont Eaux Fortes, la jument de Jean-Pierre Totain, qui avait débuté à domicile. À leur époque, Kalmonto et Berryville s’étaient imposés dans le Grand Prix, tout en étant encore maiden à Pau.

En cas de victoire, Eaux Fortes rejoindrait Étoile d’Ainay, dernière femelle gagnante du Grand Prix de Pau au même âge (8ans).

 

Un entraîneur peut en cacher un autre. Jean-Pierre Totain a sellé son dernier partant en septembre dernier et a décidé de mettre un terme à sa carrière d’entraîneur. Il avait gagné le Grand Prix de Pau avec la jument de 5ans Neriette en 2004, puis en 2006 sur la piste, avant d’être sévèrement rétrogradé à la deuxième place. Aujourd’hui, il revient comme propriétaire d’Eaux Fortes, entraînée par le Cantilien Christophe Aubert. Ce dernier avait également gagné cette épreuve mais comme jockey (Tito l’Effronté en 1990 pour Jean Dasque).

 

Isabelle Pacault, la tenante du titre. Dimanche, l’écurie de Mirande, tenante du titre, sera associée à la famille Papot sur la propriété d’Amirande, un AQPS de 7ans, fils du regretté Astarabad, récemment disparu. Isabelle Pacault est également entraîneur de quatre autres prétendants : deux AQPS, Balle au Centre (Poliglote) et Vieux Morvan (Voix du Nord), spécialiste d’Auteuil, ainsi que Pinson du Rheu (Al Namix) et Forthing (Barastraight). Bagdad Café (Konïg Shuffle) court pour l’entraînement de sa fille, Anne-Sophie.

Avec cinq partants, Isabelle Pacault pourrait rejoindre Jacques Ortet qui avait placé, en 2011, trois de ses pensionnaires sur le podium : Berryville, Quick Fire et Alarm Call.

 

L’unique femelle AQPS. L’AQPS Vent Sombre (Network) avait 6ans en 2015 lors de sa victoire, l’âge de la jument Balle au Centre (Poliglote), l’unique femelle AQPS de la course. Le plus jeune AQPS à s’être imposé avait 5ans. C’était Tito l’Effronté, pensionnaire de Jean Dasque, en 1990, monté par Christophe Aubert.

Depuis l’Après-guerre, deux juments de 5ans se sont imposées : en 1953 et en 2004, Paquita et Neriette. Elles restent les deux plus jeunes juments devant Line Saj et Papus, âgées alors de 6ans.

 

Mississipi et Or Jack, trois victoires chacun. Petit Louis enlevait en 1977 son deuxième Grand Prix pour la famille Couétil. Dix ans plus tôt, Prince Relic (Relic) mettait à l’honneur son entraîneur Roger Goaille, vainqueur quatre années consécutives. Entre-temps, de 1969 à 1971, Mississipi avait remporté trois éditions consécutives pour Jean Couétil. Au palmarès, il est rejoint par Or Jack, également trois fois vainqueur (1996, 1997, 2000).

Par ailleurs, la 40e édition (1923) est enlevée par L’Yser, lequel va remporter en juin suivant le Grand Steeple-Chase de Paris pour l’entraînement de Charles Bariller. Il sera imité dans son doublé par Le Touquet, en 1929, pour John Cunnington, lequel enlève la 60e édition (1947) avec Tajakvit, un élève de Ralph-Beaver Strassburger donné en cadeau à Mme René de Bonand.

 

Un vainqueur à 12ans. Le vainqueur le plus âgé avait 12ans en 1921. Ultimatum s’impose sous la charge de 77 kilos, huit ans après son succès dans le Grand Steeple-Chase de Paris (à 4ans), sous les couleurs d’Arthur Veil-Picard. Aujourd’hui, le plus vieux concurrent n’a “que” 9ans. Il s’agit de Resent Full (Cachet Noir).

 

La centième édition pour Jean-Claude Rouget. Cette année, les dirigeants organisent la 130e édition du Grand Prix. Le 15 février 1987, c’est Jemirkhan qui entre dans l’histoire pour être le 100e gagnant. Il défend l’entraînement de Jean-Claude Rouget, déjà vainqueur avec Jaccoud en 1982 et Lucas en 1984. En 1997, c’est le champion Or Jack qui enlève la 110e édition, relayé dix ans plus tard par Escort Boy. Ce sont tous deux des pensionnaires de Jacques Ortet, le détenteur du plus grand nombre de succès avec quatorze réalisations. Avec sept victoires, la famille Couétil est son premier dauphin, suivie de Georges Pelat avec six succès.

Avec huit victoires, Christophe Pieux est le jockey tête de liste. Sept des huit chevaux étaient entraînés par Jacques Ortet, lequel avait sous sa responsabilité les pensionnaires de Mme Georges Vuillard, première dauphine au classement des propriétaires, juste derrière les sept succès de Jean Couétil. Ils devancent la famille Papot, lauréate à cinq reprises.

Au classement des montes gagnantes, Philippe Boisgontier avait piloté les quatre vainqueurs entraînés par la famille Rouget.

 

Un même propriétaire aux trois premières places. Trois pensionnaires de la casaque bleu et vert de la famille Papot seront au départ : Diamant Catalan (Balko), Amirande et Paulougas. Durant trois années consécutives, la famille Papot a terminé aux deux premières places : Quick Fire, l’anglo de complément, avait subi la loi de l’AQPS Rubi Ball en 2010 et en 2012, et celle de Berryville en 2011. En 2015, deux AQPS portant les couleurs Papot, Vent Sombre et Valban, mort en décembre dernier, terminaient sur les deux premières marches du podium.

L’arrivée de 1938 a donné lieu à un trio de chevaux appartenant tous à une figure locale, Jean Etchepare. Le gagnant, Beau Luron, était entraîné par René Pelat dont la famille est originaire des Landes. Jean Etchepare avait également gagné la 50e édition (1933) avec Dalagos, entraîné par Renaud de Tauzia, autre figure légendaire du Sud-Ouest.

 

Le Prix Bernard de Dufau (ex Renaud du Vivier) et le Grand Prix de Pau. Les six premiers du Prix Bernard de Dufau, Listed Race préparatoire au Grand Prix de Pau couru le 1er janvier, sont au départ. Il a pris la place de l’ancien Prix Renaud du Vivier, lequel avait lui-même débaptisé le Prix Georges Courtois. L’ancien Prix Bernard de Dufau semble avoir été supprimé. Comprenne qui pourra !

Le gagnant de cette année, Paulougas, pourrait rejoindre les seize lauréats ayant fait le doublé avec le Grand Prix de Pau depuis un demi-siècle.

 

Le Prix Gaston Phoebus et le Grand Prix de Pau. Considéré aujourd’hui comme la "consolante" du Grand Prix de Pau, le Prix Gaston Phoebus a été, à une époque, programmé comme étant sa préparatoire. Au palmarès des deux épreuves, quatre lauréats ont fait le doublé la même année. L’an dernier, Forthing avait enlevé le Prix Renaud du Vivier, préparatoire au Grand Prix dans lequel il devra se contenter de la troisième place. Il a enlevé ensuite la consolante, le Prix Gaston Phoebus.

Sirène d’Ainay avait remporté l’édition 2014 du Prix Gaston Phoebus. Elle était la seule à l’arrivée, quatre des cinq concurrents étant tombés, dont Ubu Rochelais.

 

Doublé Grande Course de Haies – Grand Prix. Jemy Baie est le lauréat de la Grande Course de Haies de Pau 2015. Il tentera de faire aussi bien que Mirassou, le seul à avoir enlevé la Grande Course de Haies et le Grand Prix de Pau, l’année suivante. Neriette avait fait l’inverse, le Grand Prix d’abord.