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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

À CHEVAL ENTRE LE TROT ET LE GALOP - Rémi Boucret, l’éleveur de Very Nice Name et Tornado Bello

Élevage / 28.01.2017

À CHEVAL ENTRE LE TROT ET LE GALOP - Rémi Boucret, l’éleveur de Very Nice Name et Tornado Bello

À CHEVAL ENTRE LE TROT ET LE GALOP

Rémi Boucret, l’éleveur de Very Nice Name et Tornado Bello

À quelques jours du Prix d’Amérique 2017, nous vous proposons de partir à la rencontre de ces acteurs du monde du trot qui ont fait le choix de diversifier leurs activités au galop. Au trot, Rémi Boucret compte plus de six cents victoires et son porte-drapeau est Tornado Bello. Il a déjà eu un partant dans l’Arc avec Very Nice Name.

 

Une passion d’enfance. Rémi Boucret : « L’élevage est en train de devenir mon activité principale. Je ne suis pas encore très expérimenté au galop et j’ai plus de recul au trot où j’élève depuis trois décennies. La passion me vient de mon père. C’était un turfiste, dans des proportions raisonnables, et nous allions aux courses ensemble. Quand j’étais adolescent, je participais à ses jeux. De cette époque, j’ai gardé l’envie d’avoir un jour un trotteur. Je me suis rapidement intéressé de manière approfondie aux pedigrees. Mon premier investissement fut une trotteuse, avec l’idée de la possibilité d’élever au cas où ça ne marcherait pas en course. Je suis par la suite devenu éleveur sans sol, mais avec une démarche professionnelle. Il y a une part de chance et une part d’inspiration, mais il faut aussi se faire bien conseiller. »

 

Une diversification réussie. « C’est Arnaud Charrié, éleveur sarthois, qui m’a incité à me diversifier vers les chevaux d’obstacle. Mon premier galopeur est né en 2005. Ma première jument à vocation plat fut Namona (Halling). Pour refaire le croisement de son cousin Best Name (King’s Best), je l’ai croisée avec Whipper (Miesque’s Son), qui descendait lui aussi de Mr Prospector. Le produit, Very Nice Name, a gagné trois Grs1 au Qatar, il s’est classé deuxième du Prix Foy (Gr2) et a couru l’édition 2013 du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. » Namona a été vendue à Al Shahania. Rémi Boucret précise : « J’ai racheté une de ses filles et plusieurs juments de sa proche famille. Au trot, je garde 70 % de mes femelles, la réglementation en éliminant un bon pourcentage. Le Galop nécessite de faire plus de commerce. Six de mes dix poulinières de galop produisent pour l’obstacle, une filière où l’on retrouve des prix de pension et de saillies comparables à ceux du trot. C’est un choix pragmatique, même si je n’ai pas encore sorti un très bon sauteur, car j’ai conscience de la part de chance dans la réussite de Very Nice Name, Too Nice Name (Montenica, Listed) et Art of Raw (Prix Delahante, Listed). Je n’ai pas encore assez de connaissances pour agrandir mon élevage de galopeurs. Dix à douze juments, c’est très bien, étant donné que ma spécialité reste le trot. »

 

[caption id="attachment_559860" align="alignnone" width="300"]Dimanche 15 Septembre 2013;Longchamp (paris);QATAR PRIX FOY - G2;Olivier PESLIER;SCOOPDYGA - Very Nice Name et Olivier Peslier - Scoopdyga[/caption]

 

Le sentiment de création de l’éleveur. « Au trot, je réalise mes croisements de A à Z. Pour les galopeurs, j’y participe, mais je me fais conseiller, en particulier par Arnaud Leraitre, qui m’aide aussi pour l’analyse des modèles. J’ai deux étalons trotteurs, Vivaldo Bello et Tornado Bello. Ce dernier a sailli près d’une centaine de juments en 2016. J’ai acheté sa mère, car elle était très américanisée et je l’ai croisée avec un étalon pour volontairement produire un poulain avec un pedigree original. Mon plaisir, c’est de trouver de bonnes souches et de chercher à comprendre leur fonctionnement. J’essaye de trouver comment ont procédé ceux qui s’en sont bien servis. Je suis par exemple de près les origines du haras du Berlais et j’ai d’ailleurs acheté Titane du Berlais chez Arqana. L’élevage donne un sentiment de création très exaltant. J’essaye par exemple de produire des chevaux d’obstacle à partir de juments de plat avec des étalons mixtes ou des sauteurs. »

 

Sur quels points le galop pourrait-il s’inspirer du trot et inversement ? « Au trot, le contact avec les professionnels est plus simple. Je regrette aussi que les deux mondes ne communiquent pas plus et que, parfois, les personnes issues du trot ne soient pas mieux considérées. Il est difficile d’analyser la production des étalons pur-sang, car c’est une filière internationale et les premiers 2ans ne sont pas toujours un indicateur très significatif. Au trot, on peut suivre le pourcentage de qualifiés et on dispose d’autres indicateurs intéressants, car les chevaux courent et produisent en France. Chez les trotteurs, ma sélection est fortement basée sur les pedigrees. Au galop, c’est un équilibre avec les modèles. En outre, au trot, beaucoup de chevaux sont en location, ce qui peut se révéler intéressant pour les éleveurs qui veulent garder une souche. C’est moins courant au galop et il faut vendre une proportion plus importante de la production. »