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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Dans les carnets de Jean-Claude Rouget

Courses / 12.01.2017

Dans les carnets de Jean-Claude Rouget

Portée par ses excellents 3ans, l’écurie de Jean-Claude Rouget a tout raflé en 2016. À l’aube du véritable départ de la saison 2017, l’entraîneur nous a ouvert ses carnets : celui de ses chevaux bien sûr, mais aussi celui de ses analyses du système français…  

Jour de Galop. - 2016 a été une année historique pour votre écurie. Pensez-vous pouvoir réaliser une aussi bonne saison en 2017 ?

Jean-Claude Rouget. - Après une année exceptionnelle comme l’a été 2016, il est très compliqué de connaître les mêmes résultats la saison suivante. Mais nous serons là pour les bonnes courses. On peut penser que ce sera une année de transition. Nous pensons faire une année 2017 très correcte, surtout si les 4ans qui ont été conservés à l’entraînement répètent, puis une très grosse année 2018. Nous avons rentré un lot de yearlings formidables en 2016.

Pour 2017, nous avons déjà vu quelques jeunes qui ont montré des moyens. Et ces chevaux qui viennent de prendre 3ans ont été, à ce stade de leur carrière, plus protégés que les 3ans de 2016. Nous avons été moins présents dans les bonnes courses de 2ans au second semestre 2016, également parce que certains espoirs ont connu des petits pépins, des petites entorses, comme La Cochère, Relief Quest qui n’a pas pu courir un Critérium, Kestila ...

 

Plus de 12.000.000 € d’allocations en 2016

En France, avec les primes, les pensionnaires de Jean-Claude Rouget ont amassé 10.196.191 € de gains en 2016. À ce total, il faut ajouter les allocations obtenues à l’étranger par Almanzor (1.717.035 €), Qemah (340.588 €), Jemayel (87.968 €), Ervedya (58.645 €), Zghorta Dance (46.750 €), Apple Betty (26.963 €) et Elennga (3.000 €). En Europe – et sans avoir eu un seul partant dans l’Arc – l’écurie de Jean-Claude Rouget a récolté 12.477.140 € en 2016.

 

Beaucoup de chiffres ont circulé sur le nombre de chevaux que vous aurez à l’entraînement en 2017. Combien en avez-vous finalement ?

(Il sort son grand carnet). C’est mon ordinateur personnel ! Pour 2017, nous avons 145 poulains de 2ans, 100 de 3ans et 24 vieux chevaux. Cela fixe un effectif aux alentours de 275, 270 chevaux pour commencer l’année. Il est rare que j’aie l’occasion de conserver autant de bons 4ans à l’entraînement. D’habitude, j’en ai un ou deux de ce niveau.

Tous les chevaux ne sont pas en permanence à la maison, où nous avons 208 boxes. Il y en a chez Xavier Thomas-Demeaulte et au haras de Saint-Vincent. Exceptionnellement, jusqu’au départ pour Cagnes-sur-Mer, nous allons déborder un peu et en avoir 220 à Pau. Ensuite, progressivement, certains seront vendus à réclamer, d’autres réformés. Le vrai effectif se stabilisera autour de 250 chevaux d’ici fin mars.

Les quatre étalons les plus représentés chez les 2ans de Jean-Claude Rouget

Le Havre : 14

Galileo : 8

Camelot : 8

Rajsaman : 6

Passons du sportif à l’institutionnel. Dans le nouveau programme des 2ans de 2016, il y a plus de handicaps pour ces chevaux que les années précédentes. Cela va à l’encontre de ce que vous défendez...

On copie le programme anglais dans lequel les handicaps commencent très, très tôt. Nous, on se bat pour avoir des valeurs handicap le plus tard possible, pour qu’elles soient justes. Là-bas, les chevaux ont déjà quasiment une valeur dès leur première course. C’est ridicule, car on ne connaît pas la valeur du lot. Il y a des courses d’inédits très bonnes et d’autres mauvaises. Et cela, on ne l’apprend qu’avec du recul. Je persiste et je signe concernant les handicaps. Il ne devrait pas y en avoir pour les 2ans. Et pour les 3ans, ces courses devraient commencer à partir du milieu de l’année, quand la valeur des chevaux est fiable. En revanche, il faut une vraie filière de handicap pour 4ans et pour les vieux chevaux.

On pourrait vous répondre que ces handicaps pour 2ans ont fait le plein de partants et sont donc bons pour les enjeux hippiques...

Les handicaps se remplissent toujours. On pourrait ne proposer que cela et les courses se remplieraient. Mais je parle là d’un point de vue sportif, pas sous l’angle du jeu. Forcément, à partir du moment où le système fait espérer à tout le monde qu’il est possible de battre l’autre cheval parce qu’il rend 5 kilos, cela attire le client. Le trot s’en sort bien sans handicap. Pourquoi nous, au galop, sommes-nous obligés de faire des handicaps ? Il faut que l’on m’explique.

Quelle est votre solution pour remplacer ces handicaps ?

S’il y a 5.000 galopeurs à l’entraînement en France, il va bien falloir qu’ils sortent des boxes. Si l’on propose une année expérimentale sans handicap, avec à la place des courses à conditions par tranche de gains, les entraîneurs vont regarder dans quelle course leur cheval rentre, engager et courir. C’est obligé. Je ne dis pas qu’il faut supprimer tous les handicaps. Laissons les Quintés. Mais tous les petits handicaps ne servent à rien. Les entourages ne veulent pas les gagner pour ne pas prendre trois kilos. À juste raison, puisque l’on prend la pénalisation avec moins d’argent au bout. J’ai deux ou trois chevaux par an qui remportent un Quinté et ils gagnent plus d’argent que de bons éléments que j’entraîne, qui sont en 42 de valeur, ne peuvent être victorieux dans un Quinté à cette valeur et doivent gagner leur vie dans des petites courses à conditions.

France Galop a expérimenté un nouveau programme automnal pour les 2ans en 2016. Avec un peu de recul, qu’avez-vous analysé ?

J’ai regardé avec attention les classes 1 pour 2ans de 2016. Que remarque-t-on ? Que beaucoup de ces nouvelles épreuves ont été gagnées par des entraîneurs n’ayant pas un effectif conséquent et qui, habituellement, ne remportaient pas ce type de course quand c’étaient encore des B ou des D. Conclusion : les entraîneurs que l’on voyait habituellement dans ces épreuves les années précédentes les ont désertées. Je me demande maintenant ce que vont pouvoir faire les chevaux ayant gagné ces épreuves et qui vont se retrouver trop haut par rapport à leur valeur réelle ?

[Il sort un papier.] J’ai fait un comparatif entre 2013 et 2016 sur les courses de 2ans parisiennes jusqu’à la mi-décembre. En 2013, il y avait le plein de courses B et D pour les 2ans d’automne. Ces courses sont devenues des classes 1 et voilà ce qu'il s’est passé jusqu’à fin novembre : 78 partants ont été engendrés en 2016 contre 243 en 2013 [voir tableau ci-dessous]. Pour terminer avec une moyenne de partant par course de 7,8 contre 7,6 à l’époque. On est à 0,2 % de différence. Ce qui est finalement très faible. En réduisant l’offre au niveau des courses à conditions pour 2ans, on a empêché trente propriétaires de gagner une course. C’est affligeant.

Cette chasse aux partants, sur le plan du jeu, n’offre pas tant d’intérêt que cela pour le joueur. Les quelques partants que nous avons gagnés sont souvent des chevaux de petite valeur qui viennent chercher les allocations promises aux sixième et septième. Ce sont donc quasiment des non-partants au niveau du jeu.

J’ai fait tout le détail des classes 1 depuis leur création jusqu’à celle de Deauville du 7 décembre. Regardez les palmarès de ces courses ! Hormis quelques exceptions, c’est moyen. Alors où sont les chevaux ? Ils sont restés dans les maidens, tout simplement ! Les entraîneurs n’ont pas voulu les recourir ensuite dans les classes 1 et se sont arrêtés dans les maidens. Je pense que des professionnels, dont je fais partie, ont un peu boycotté ce programme.

Les statistiques de Jean-Claude Rouget pour étayer ses propos sur les classes 1

Le programme parisien des 2ans au second semestre, de septembre à novembre

                                           2013                                                                    2016

Septembre                          B - Longchamp - 1.600m - 4 part.                      C1 Saint-Cloud - 1.600m - 8 part.

B - Longchamp - 1.400m - 7 part.                      C1 Fontainebleau - 1.100m - 8 part.

B - Chantilly - 1.600m - 7 part.

B - Chantilly - 1.600m - 8 part.

D - Fontainebleau - 1.400m - 7 part.

D - Maisons-Laffitte - 1.100m - 11 part.

D - Chantilly - 1.600m - 6 part.

D - Chantilly - 1.600m - 7 part.

Total septembre               57 partants - Moyenne : 7,2                             16 partants - Moyenne : 8

Octobre                              D - Chantilly - 1.300m - 11 part.                        C1 - Maisons-Laffitte - 1.600m - 8 part.

B - Saint-Cloud - 1.600m - 5 part.                      C1 - Chantilly - 1.200m - 8 part.

B - Saint-Cloud - 1.600m - 8 part.                      C1 Chantilly - 1.800m - 6 part.

B - Chantilly - 1.100m - 9 part.                          C1 Deauville - 1.500m - 8 part.

D - Maisons-Laffitte - 1.600m - 4 part.

D - Maisons-Laffitte - 1.600m - 6 part.

B - Compiègne - 1.600m - 6 part.

B - Compiègne - 1.600m - 6 part.

D - Deauville - 1.100m - 8 part.

B - Deauville - 1.300m - 9 part.

B - Longchamp - 1.600m - 6 part.

B - Longchamp - 1.600m - 6 part.

D - Chantilly - 1.600m - 6 part.

D - Chantilly - 1.600m - 9 part.

Total octobre                    99 partants - Moyenne : 7,07                           30 partants - Moyenne : 7,5

Novembre                          B - Chantilly - 1.800m - 9 part.                          C1 - Maisons-Laffitte - 1.200m - 6 part.

B - Chantilly - 1.800m - 10 part.                        C1 - Chantilly - 1.600m - 9 part.

B - Saint-Cloud - 1.400m - 6 part.                      C1 - Saint-Cloud - 2.000m - 9 part.

B - Saint-Cloud - 1.400m - 6 part.                      C1 - Chantilly - 1.200m - 8 part.

D - Chantilly - 1.300m - 13 part.

D - Chantilly - 1.800m - 9 part.

D - Fontainebleau - 1.600m - 9 part.

B - Chantilly - 1.900m - 7 part.

B - Chantilly - 1.900m - 8 part.

B - Chantilly - 1.300m - 7 part.

Total novembre                87 partants - Moyenne : 8,7                             32 partants - Moyenne : 7,8 partants

TOTAL                            32 courses                                                          10 courses

                                           243 partants                                                       78 partants

                                           Moyenne : 7,6                                                    Moyenne : 7,8

« La chasse aux partants risque d’affaiblir la filière »

« Afin de formater un futur très bon cheval, mon expérience m’a appris que le jeune poulain a besoin de deux courses avant d’attaquer les courses principales. Ce palier intermédiaire est donc indispensable, même s’il n’est pas propice à fournir des partants. Édouard de Rothschild doit expliquer cela aux dirigeants du PMU.

Ces derniers doivent peut-être aussi penser à réinventer d’autres types de jeu pour les courses faibles en partants, car il y en aura toujours. Mais, de toute façon, détruire un programme de sélection ne peut, à terme, qu’affaiblir l’ensemble de la filière. »

En 2016, la marque EpiqE Series a été lancée. Quel est votre ressenti sur cette expérience ?

Je n’ai qu’un œil extérieur sur les EpiqE Series. Je voudrais être content, mais, pour l’instant, je n’ai pas lieu de l’être. Je n’ai rien vu se passer. Je n’ai pas vu plus d’affluence sur les hippodromes, au contraire. J’écoute régulièrement cette radio très populaire qu’est RMC, et, quand il y a une grande course qui n’est pas EpiqE Series – et cela je l’ai noté notamment pour le week-end de l’obstacle avec le Prix La Haye Jousselin –, toute la semaine il est matraqué aux auditeurs de venir aux courses à Auteuil. Quand il y a une course EpiqE Series le week-end, ce n’est pas le cas. Il y a peut-être d’autres vecteurs, sur internet ou ailleurs, pour attirer du monde. Mais ce que je sais, c’est que nous n’avons pas eu un chiffre d’affluence en hausse. Le Grand Prix de Saint-Cloud a été une catastrophe et le Grand Prix de Deauville n’est pas une course qui mérite de figurer parmi les EpiqE Series. Sans oublier cet hélicoptère qui a tourné autour de nos têtes ! Alors je me demande : combien cela coûte-t-il ? Si cela coûtait cher pour avoir des tribunes pleines et 30.000 personnes sur l’hippodrome, je serais heureux et je trouverais que cela ne coûte pas encore assez cher ! Mais là, j’imagine que cela coûte cher et les résultats ne sont pas à la hauteur. On l’a vu au Prix de Diane où l’hippodrome était loin d’être plein comme les années précédentes.

Mais ne trouvez-vous pas que les EpiqE Series restent un bon vecteur pour faire parler des courses et donc donner envie aux gens de s’y intéresser ?

Je voudrais être optimiste, mais je n’arrive pas à l’être suite à ce que j’ai vu cette année. Je n’ai constaté que des affluences en baisse, sans raison ; j’ai entendu un hélicoptère nous traîner dans les oreilles toute la journée, ce qui n’est pas agréable du tout, ni pour nous, ni pour les gens qui habitent autour de l’hippodrome. Tout ça pour voir trois images qui sont respectables. Mais au prix que cela doit coûter, on peut s’en passer...Voilà ce que je pense aujourd’hui des EpiqE Series. Ce sera reconduit l’année prochaine, mais il faut qu’il y ait quelque chose qui se passe. S’il faut dépenser autant pour que rien ne se passe et avoir encore moins de monde aux courses qu’auparavant, je ne vois pas l’intérêt de poursuivre l’expérience. Je ne vois pas la marque EpiqE Series s’inscrire dans la durée avec le schéma actuel.

Vous êtes propriétaire de chevaux d’obstacle. Comment vivez-vous l’arrêt de l’obstacle à Enghien ?

Je trouve l’arrêt des courses d’obstacle à Enghien catastrophique pour plusieurs raisons. On essaie de nous faire avaler que, soi-disant, il y a maintenant un champ de course de moins en région parisienne. C’est faux, puisqu’il continue d’exister. Enghien était très complémentaire par rapport à Auteuil. Car tous les chevaux ne font pas Auteuil qui est un hippodrome très dur, notamment pour les jeunes. Aujourd’hui, plus de la majorité des chevaux d’obstacle sont entraînés soit dans l’Ouest, soit à Royan, soit dans le Centre-Est. Et on a choisi l’hippodrome le plus excentré pour les chevaux d’obstacle, c’est-à-dire Compiègne. Alors que France Galop avait toujours dit qu’il fallait éviter que les chevaux ne se déplacent trop...

Trois nouveaux propriétaires

En 2017, des nouvelles couleurs feront leur apparition sous l’entraînement de Jean-Claude Rouget. Homme d’affaires et septième fortune de France, François Pinault se lance dans l’aventure des chevaux de course chez l’entraîneur palois. Ce dernier verra aussi apparaître dans son effectif les couleurs de Sea the Stars, celles de la famille Tsui, et aussi celles d’Abdullah Al Attiyah.

« François Pinault est arrivé chez moi grâce à Philippe Segalot. Ce dernier est l’un de mes propriétaires depuis plusieurs années, ainsi que le courtier en art contemporain de François Pinault, qui n’avait jamais eu de chevaux jusqu’à présent. Il a pris ses couleurs, celles du Stade Rennais : casaque rouge, manches noires, toque noire. Il commence avec quatre participations dans des 2ans. Jean-Luc Lagardère lui avait déjà proposé de devenir propriétaire, mais, à cette époque, François Pinault n’était pas dans ce trip-là. Finalement, Philippe Segalot a réussi à le convaincre d’essayer. François Pinault lui a répondu que cela l’amuserait de rentrer dans cet univers.

Enfin, pour la famille Tsui, je reçois quatre 2ans et trois 3ans. C’est Nicolas de Watrigant qui a proposé à la famille Tsui de placer des chevaux chez nous. Il a aussi proposé à Abdullah Al Attiyah de nous rejoindre et ce dernier a accepté. Nous entraînons pour lui quatre 2ans. »

Abdullah Al Attiyah est un propriétaire qatari dont les couleurs viennent d'être agréées en France et qui détient quatre chevaux entraînés par Jean-Claude Rouget, tous âgés de 2ans :

Almuhalhil (M2) - Lawman & Kartica - frère de Qemah

Barag (M2) - Myboycharlie & Aliyeska - frère de My Year Is a Day, gagnante de Listed à 2ans

Ertugul (M2) - Rock of Gibraltar & Gyrella - Petit-fils d’Ysoldina

Mirqab (M2) - Dabirsim & Calahorra - Fils d’une gagnante du Prix de la Vallée d’Auge (L)

LES TOP 4ANS DE L’ÉCURIE

« La Cressonnière, cela reste un gros point d’interrogation »

Le programme des top-chevaux de 4ans de l’écurie restés à l’entraînement pour 2017 n’est pas encore totalement défini. Mais Jean-Claude Rouget nous a tout de même parlé de ces bons chevaux que l’on attend à un haut niveau cette année :

Almanzor - « Mon idée, c’est de courir l’Ispahan comme course de rentrée pour aller sur Ascot ensuite. C’est un petit peu rapproché. Il ne faudra pas être dur avec lui pour la première. »

La Cressonnière - « Cela reste un gros point d’interrogation suite à sa blessure qui l’a privée de l’Arc... Elle va reprendre l’entraînement seulement le 15 janvier. Tout semble en ordre. Elle ne fera pas sa rentrée avant juin et, s’il y a un doute, elle entrera au haras directement. »

Qemah - « Elle est très bien. Elle est allée se reposer au haras de Bouquetot pendant six semaines. Elle pourrait suivre un programme assez semblable à celui d’Ervedya en 2016, en commençant par le Prix du Muguet. On pourrait aller à Royal Ascot avec elle, où elle a deux options : le Gr1 face aux mâles ou le Gr2 face aux seules femelles. Aujourd’hui, je penche plutôt pour le Gr2. »

Taareef - « C’est un bon cheval. Il a bien gagné son Gr2 [le Prix Daniel Wildenstein, ndlr] et on l’a assez protégé durant son année de 3ans. Il n’a pas eu de trop grands combats et nous espérons qu’il puisse franchir encore un palier en 2017. »

Mekthaal et Zelzal - « Cela devrait aller avec Mekthaal sur le créneau de 2.400m. Il devrait se montrer performant. Pour Zelzal, c’est pareil. Il devrait pouvoir continuer à se montrer compétitif sur 1.600m cette année »

Les espoirs 2017 de l’écurie Rouget chez les 3ans

Méticuleux, Jean-Claude Rouget a préparé cette interview. Il n’était pas venu les mains vides et avait établi des listes sur ses bons chevaux pour 2017. Chez les jeunes de 3ans, voici les principaux espoirs de l’écurie et ce qu’il nous en a dit. Nous avons volontairement gardé l’ordre de ses listes !

La Cochère

Le Havre & Lady Meydan, par American Post

Pr. : G. Augustin-Normand

« Elle a très bien gagné le Prix des Marettes et a eu un souci ensuite, raison pour laquelle elle n’a pas été revue. Tout est rentré dans l’ordre et elle peut redémarrer 2017 dans les courses à conditions pour monter les échelons progressivement. »

Brametot

Rajsaman & Morning Light, par Law Society

Pr. : G. Augustin-Normand

« Il donne l’impression d’être sur le gaz en course, mais ce n’est pas cela. Je crois que c’est un cheval qu’il faut laisser faire. Lorsqu’il a été battu à Deauville, dans le Critérium du Fonds Européen de l’Élevage, il était parti mou et son partenaire, surpris, l’a tendu tout de suite pour le mettre dans le coup. Il fallait le laisser mou. C’est un cheval qui doit pouvoir briller au niveau Groupe en 2017. »

Kestila

Siyouni & Kerasha, par Daylami

Pr. : Son Altesse l’Aga Khan

« C’est très bien ce qu’elle a fait jusqu’à présent. Elle a toujours gagné avec la manière. Je l’aime bien et elle a montré à 2ans qu’elle était compétitive sur 1.600m. »

Toulifaut

Frankel & Cassydora, par Darshaan

Pr. : K. Yoshida

« Elle a eu une mauvaise course dans le Marcel Boussac en raison d’un mauvais numéro de corde. Et tous les ans, on remarque que les gagnantes de l’Aumale ont du mal à répéter dans le Gr1 ensuite. Elle est allée au haras et elle est revenue très belle à l’écurie. »

First of Spring

Galileo & Homecoming Queen, par Holy Roman Emperor

Pr. : J. Allen

« Elle n’a pas beaucoup grandi pour l’instant. Il ne faut pas la condamner sur sa performance du Marcel Boussac et elle mérite d’être revue. Ses origines laissent espérer des progrès de sa part à 3ans. Cela devrait aller pour elle. »

Onthemoonagain

Cape Cross & Ma Préférence, par American Post

Pr. : J.-L. Tepper & G. Augustin-Normand

« Elle a plutôt bien couru dans le Prix des Réservoirs, sur 1.600m, et doit pouvoir confirmer le même type de performance sur un peu plus long en 2017. »

Hebah

Sea the Stars & Lia, par Desert King

Pr. : Cheikh Hamdan Al Maktoum

« Elle a bien couru dans le Prix Isonomy (L - 3e) alors que son poil était un peu passé. Elle possède du potentiel. »

Les gagnants de maidens que Jean-Claude Rouget "aime bien" et qui figuraient dans cet ordre sur sa liste...

Afandem

Zoffany & Miryale, par Anabaa

Pr. : Al Shaqab Racing

« Il a gagné sur la P.S.F. de Deauville en débutant dans un lot qui semble bon. Partner in Crime, un autre de mes pensionnaires, était troisième de cette course et il aurait dû gagner lors de sa sortie suivante ; il a été monté trop chaud. »

Vargar

Azamour & Vaderana, par Monsun

Pr. : Son Altesse l’Aga Khan

« C’est un bon cheval, un fils d’Azamour qui sera bien sur 2.000m cette année. »

Mille Pieds

Zoffany & Providanza, par Okawango

Pr. : J.-L. Tepper

« Il a bien gagné en débutant à Toulouse devant Straight Right, qui a très bien gagné ensuite à Deauville. »

Neguev

So you Think & Lady Bering, par Bering

Pr. : D.-Y. Trèves

« On espère avec lui... Il a eu des petits problèmes et on espère avoir trouvé ce qu’il avait. Il possède un réel potentiel »

Scandal

Excelebration & Priceoflove, par Inchinor

Pr. : Al Shaqab Racing

« C’est un magnifique cheval qui a très bien gagné à Bordeaux en débutant. »

Dream Awhile

War Front & Baroness Richter, par Montjeu

Pr : J. Allen

« Cette pouliche, je l’aime bien. Elle a battu facilement, pour ses débuts, une autre de mes pensionnaires, Rythmique, qui a confirmé depuis. »

Relief Quest

Iffraaj & Suprême Quest, par Exceed and Excel

Pr. : I. Farès

« Elle a bien gagné lors de ses deux victoires et a eu un petit problème ensuite. Sinon elle aurait couru un Critérium. »

Garance

Teofilo & Germance, par Silver Hawk

Pr. : Riviera Equine & Haras d’Étreham

« C’est une pouliche que j’aime bien, qui a gagné en débutant à Bordeaux. Et c’est une fille de Germance... »

Chapka

Exchange Rate & Cheriearch, par Arch

Pr. : A. Jathière

« Elle a gagné à Deauville sur la P.S.F., fin novembre, devant un pensionnaire de Freddy Head qui n’est autre que le fils de Galileo et Galikova. »

Waltz Key

Henrythenavigator & Lia Waltz, par Linamix

Pr : La Vallée Martigny, Écurie du Loup, F. & F. Horses

« Elle s’est montrée convaincante pour gagner un bon maiden sur la P.S.F. de Deauville, après avoir laissé une bonne impression en débutant. »

Rythmique

Casamento & Reclamation, par Red Ransom

Pr : Écurie des Monceaux & Skymarc Farm

« Elle aussi avait bien couru en débutant, terminant deuxième de Dream Awhile, et a logiquement confirmé en s’imposant ensuite sur la P.S.F. de Deauville. »

Jean-Claude Rouget : « Avec tous ces chevaux, on devrait bien arriver à gagner quelques courses ! Et au printemps, des 3ans peuvent se révéler, comme ce fut le cas en 2016 avec Zelzal et Mekhtaal. Mais, aujourd’hui, il est trop tôt pour affirmer que ce sera le cas. Nous aurons aussi des 3ans à Cagnes-sur-Mer qui s’annoncent plutôt bien. »

Quelques chiffres sur les 3ans de Jean-Claude Rouget

58 2ans différents ont couru pour Jean-Claude Rouget 2016

57 des 58 chevaux de 2ans de Jean-Claude Rouget ayant couru en 2016 ont pris au moins une allocation

37 2ans ont gagné pour Jean-Claude Rouget en 2016 pour un total de 54 victoires

Jean-Bernard Roth : un trophée mérité pour un homme passionné

Collaborateur de Jean-Claude Rouget depuis de nombreuses années, Jean-Bernard Roth a reçu en 2016 le titre d’Employé de l’année lors de la première édition française des Trophées du personnel.

« Il a tellement d’expérience sur ma façon de travailler... Cela fait 35 ans qu’il est là. J’étais vraiment content qu’il reçoive cette récompense d’Employé de l’année. C’est mérité pour lui qui s’investit au quotidien dans l’écurie. Jean-Bernard est un vrai passionné par ce qu’il fait. Il y a une bonne alchimie au sein de l’écurie avec des gens comme Jean-Bernard et Jean-René Dubosc qui possède, lui aussi, un rôle important dans notre organisation et l’aide beaucoup. Je trouve que c’est une très bonne idée d’avoir lancé en France ces Trophées du personnel qui existent depuis longtemps déjà en Angleterre. »

Hugo Journiac aura sa chance en 2017

En 2016, Hugo Journiac a perdu – assez rapidement - sa décharge. Jean-Claude Rouget va donner sa chance à ce jeune jockey professionnel qui aura l’opportunité d’être associé à de bons chevaux de l’écurie en 2017.

« L’écurie donnera en 2017 toutes ses chances à Hugo Journiac pour percer. Il va empiéter sur les plates-bandes de Jean-Bernard Eyquem et de Ioritz Mendizabal. Mais c’est logique, car Hugo représente l’avenir. Jean-Bernard et Ioritz ont été bien aidés par l’écurie durant leur carrière. Ils me l’ont bien rendu et ce sont de très bons jockeys. Mais je veux vraiment donner sa chance au "gosse" qui aura l’occasion de monter des bons chevaux.

Il apprend de ses erreurs. Je n’étais pas très content après sa monte sur Neguev, lorsque le cheval débutait à Deauville. Mais cela arrive à tout le monde. Christophe Soumillon m’a lui aussi "saboté" Partner in Crime, en décembre, à Deauville. Et puis, de temps en temps, cela ne fait pas de mal de les "engueuler" un peu, sinon ils pensent que tout est facile ! »