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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Courses - International / 21.01.2017

Le mot de la fin : choc

Le mot de la fin : choc

 

Mardi matin, à l’issue de la réunion du European Pattern Commitee, les professionnels des courses en Italie pourraient se réveiller en Ligue 2, éjectés de la grande table, sans courses de Groupes et donc sans black type. La question sera débattue lundi et l’Italie se présente en position de faiblesse. Les allocations gagnées par les chevaux étrangers (les entourages de 61 chevaux différents) ont été payées pour la grande majorité jusqu’à la fin septembre. Le représentant italien présentera une lettre du ministère de l’Agriculture avec une liste des paiements effectués et une autre comportant ceux qui n’ont rien reçu à la suite de problèmes bureaucratiques (une faute dans le RIB ou dans l’adresse peut tout bloquer). La promesse du Ministère est de régler les allocations gagnées par les étrangers en octobre et novembre au plus vite, raisonnablement à la mi-février.

Le délai semble toutefois long comparativement aux pays où l’argent arrive sur les comptes des professionnels régulièrement. Dans un monde parfait, la solution serait que l’Italie paie les allocations aux institutions des autres pays (France Galop, le Direktorium, Weatherbys) et que ces derniers les distribuent aux propriétaires, entraîneurs et jockeys. Facile, non ? Mais impossible car en Italie, c’est l’État qui paie et il ne peut pas déléguer à un troisième sujet son rôle.

Mais la question italienne est bien plus profonde qu’un simple retard dans les paiements. La crise des courses n’est pas un problème d’argent mais de structure. L’Europe ne peut pas perdre un grand pays d’élevage comme l’Italie, mais doit demander des garanties. L’organisation des courses, gérée maintenant par le Ministère, n’est plus efficace. Les fonctionnaires ne le sont pas plus... C’est un problème général en Italie, le pays où l’on parle de l’“Ufficio Complicazione Affari Semplici” (le bureau pour compliquer les choses simples) et c’est impossible à régler.

Face à la crise italienne, l’Europe des courses doit avoir une position dure et constructive à la fois. La seule solution est une mise sous tutelle – technique mais aussi économique – de l’Italie. Le pays produit encore chevaux, passion, professionnels de haut niveau… mais n’est pas capable de se donner une structure pour les gérer ni de trouver des dirigeants capables. C’est aux partenaires de s’imposer et de proposer un traitement de choc, sans cependant en arriver à l’expulsion. Les professionnels italiens ne se plaindront pas. Il faut le faire, avant de prononcer le mot fin.