Le mot de la fin : Modèles

Autres informations / 10.01.2017

Le mot de la fin : Modèles

Il était une fois, au début des années 1970, deux pays voisins, séparés par la mer mais unis par la passion du cheval de course. Les deux nations, à des stades de développement économique pourtant très différents (le premier était pauvre et le second prospère), décidèrent au même moment qu’il était l’heure de dynamiser leur filière hippique. Les acteurs des courses du pays A obtinrent de leur Premier ministre une fiscalité à zéro – ou quasi – sur toutes les activités liées à l’élevage ; les acteurs des courses du pays B préférèrent créer une subvention protectionniste, réservée aux chevaux de leur pays.

"A" fit intervenir l’État une fois – une seule fois, mais avec tellement de force qu’il put se retirer durablement. "B", jaloux de son indépendance, ne demanda l’aide de personne et institua la Prime propriétaires.

Quarante ans plus tard, lequel de ces deux pays se porte le mieux ? "A", leader européen de l’élevage de pur-sang ? Ou bien "B", qui pleure l’aide de l’État pour la énième fois et se demande comment il va sauver sa Prime propriétaires ? Dans ces deux pays, comme partout dans le monde, une baisse assumée et durable d’impôts et de charges sociales s’est révélée plus efficace qu’une pluie de recettes artificielles (subventions, allocations, etc.).

Le pays A, celui qui a choisi le bon modèle, c’est l’Irlande ; le pays B, celui qui s’est trompé, la France. Et ce n’est même pas la faute des courses : une fable similaire pourrait être narrée dans bien des secteurs de notre économie.