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Jour de Galop

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DOSSIER SPÉCIAL RATINGS INTERNATIONAUX - Quelles nations ont dominé l’année hippique ?

Courses / 25.01.2017

DOSSIER SPÉCIAL RATINGS INTERNATIONAUX - Quelles nations ont dominé l’année hippique ?

 

Par Franco Raimondi

Le classement international des meilleurs chevaux nous permet d’avoir une photo assez fiable de la saison 2016 et de situer correctement le poids des différents pays sur l’échiquier mondial.

France : un léger recul atténué par la génération de 3ans

La France compte 19 chevaux avec un rating de 115 ou plus, soit une légère baisse par rapport aux deux saisons précédentes (24 et 23). Le rating moyen des chevaux classés n’a pas beaucoup changé (117,35 alors qu’en 2015 il était de 117,83), mais derrière la locomotive Almanzor (Wootton Bassett), à 129, il n’y a qu’un seul cheval à 120 ou plus, Vadamos (Monsun), alors qu’en 2015 ils étaient sept.

Parmi eux, trois sont restés à l’entraînement en France en 2016 et tous ont enregistré une légère baisse. New Bay (Dubawi) passe de 122 à 118, Erupt (Dubawi) de 120 à 117 et Vazirabad (Manduro) de 120 à 117.

Les chevaux qui ont décroché un rating de 110 à 114 sont classés dans une liste différente et les valeurs ne sont affichées que pour les européens. Trente-deux (sur 191) de ces chevaux sont entraînés en France, et la moitié d’entre eux sont nés en 2013. La génération classique de 2016 a donc donné 24 des 52 chevaux français qui ont pris un rating de 110 ou plus. Les femelles sont au nombre de 14.

 

L’Angleterre recule, l’Irlande progresse

L’Angleterre est passée de 51 à 40 chevaux à 115 ou plus, c’est-à-dire une baisse de 21,6 %.  Celle de la France n’est "que" de 20,8 %. La présence irlandaise, par contre, a progressé de 14 à 21, soit une hausse de 50 %. Nos amis irlandais ont eu la chance d’échapper au virus qui a frappé Chantilly et Newmarket.

 

L’Australie et ses sprinters

Les chevaux entraînés en Australie à 115 ou plus sont au nombre de 50, soit dix en plus qu’en 2015 et 2014. Winx (Street Cry) est bien sûr la patronne, mais le gros du résultat vient dans la catégorie sprint. Dans cette section, ils sont 18, et 15 autres sont enregistrés dans la catégorie mile. Les chevaux européens exportés là-bas font bonne figure dans le classement, puisqu’ils sont sept.

La montée en puissance du Far East

La saison au Japon n’a pas été étincelante si on excepte les démonstrations de A Shin Hikari (Deep Impact) à Chantilly et de Maurice (Screen Hero) à Hongkong. Le Japon a perdu deux de ses performers à plus de 115. Il est passé de 43 chevaux de ce niveau à 41. Un résultat décevant ? Bien au contraire : le Japon fait jeu égal avec la France plus l’Irlande réunies ! Les naissances 2013 au Japon s’élevaient à 6.665 poulains, alors qu’en additionnant celles de France et d’Irlande, on arrive à près du double, soit 12.600. La confrontation des deux pays avec le Japon ne doit pas non plus nous faire rougir parce qu’une bonne partie des européens sont des chevaux à vocation obstacle.

Hongkong est de plus en plus fort avec 26 chevaux dans le classement, soit 3 de plus qu’en 2015. Ce qui est surprenant, c’est que 13 chevaux, soit la moitié exactement, ont commencé leur carrière en Europe. Un bon score pour le Vieux Continent parce que les chevaux importés d’Australie et de Nouvelle-Zélande sont une large majorité.

 

L’Amérique du Sud, une interrogation

Cette année, l’Amérique du Sud affiche 21 chevaux dans le classement : 9 viennent d’Argentine, 6 du Brésil, 3 du Chili et 3 du Pérou. En 2015, ils étaient 15. Il est difficile de comprendre comment les handicapeurs ont pu les juger sur une échelle internationale, alors qu’ils ne voyagent pas en dehors de leur sous-continent, sauf quand ils sont exportés définitivement, et même les confrontations entre les différents pays sont très rares. Sans rien enlever à la qualité des différents élevages d’Amérique du Sud, ces ratings ont un parfum de politiquement correct.

L’Allemagne bien considérée

Va Bank (Archipenko) a fait l’histoire en devenant le premier cheval entraîné en Pologne à apparaître dans le classement. Il y a aussi une autre première, mais à l’envers : aucun cheval entraîné en Italie n'a passé le cap des 115, alors qu’ils sont 6 dans la fourchette 114-100. C’est un résultat terrible et il ne s’agit pas du mauvais esprit de handicapeurs méchants ! Les meilleurs 3ans italiens de la saison 2016 sont tous partis après le Derby et ils n’ont donc pas pu étoffer leur rating du mois de mai. Le seul à être resté, Full Drago (Pounced), a fait son travail mais sans briller.

Le classement est en revanche très flatteur pour l’Allemagne qui a 8 chevaux au-dessus de la barre. Or, le gagnant du Derby allemand, Isfahan (Lord of England), avait terminé cinquième, bien battu dans le Derby italien, et n’a plus couru après son succès classique. Bref, le handicapeur allemand est plus costaud que son confrère italien…

Et chez les entraîneurs ?

Aidan O’Brien est bien sûr l’entraîneur de la planète avec le plus de chevaux dans le classement (11). Pas de surprise, donc, mais c’est plus inattendu de découvrir à la deuxième place John Moore, l’Australien de Hongkong, qui a 9 de ses pensionnaires à plus de 115. Chris Waller, qui entraîne en Australie mais qui est un pur Néo-Zélandais, est représenté par la championne Winx et 7 autres chevaux.

Aux États-Unis, Chad Brown, avec 7 chevaux, a fait jeu égal avec Todd Pletcher.

En France c’est toujours André Fabre le patron, même dans une grande année de Jean-Claude Rouget. Le Cantilien mène par 5 à 4 dans le classement des 115 et plus, et l’écart est plus important dans les 110 et plus : 11 à 8.

 

Galileo reste le boss

Côté étalons, Galileo (Sadler’s Wells) est le boss. Il a 16 sujets dans les classements, plus 9 poulains de 2ans. Cela fait 25. Il devance Dubawi (Dubai Millennium) qui compte 10 chevaux de 4ans et plus, 3 dans la génération née en 2013 et un seul 2ans. Deep Impact (Sunday’s Silence) est présent seulement dans les 3ans et les chevaux d’âge, et il arrive à un total de 12.

Un cru qui ne restera pas dans les annales

La photo en gros plan de la saison 2016 est assez limpide et nous confirme, par la force des chiffres, ce que, course après course, nous avions apprécié tout au long de l’année. Deux mille seize ne restera pas comme un cru inoubliable, sauf pour Arrogate et California Chrome, la magnifique Winx et notre Almanzor. Dans un monde parfait, on aurait le droit de voir ce quartet se battre, pourquoi pas en deux courses, une sur le turf et une sur le dirt. Excusez-moi, mais c’est l’hiver et le manque des bonnes courses nous embarque dans des rêves un peu fous !