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Jour de Galop

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LES FIRST SEASON SIRES 2016 À TRAVERS LE MONDE - Frankel peut dire merci au Japon

Élevage / 04.01.2017

LES FIRST SEASON SIRES 2016 À TRAVERS LE MONDE - Frankel peut dire merci au Japon

 

Frankel (Galileo) domine le classement par les gains des First Season Sires stationnés en Europe. Il s’est imposé grâce à l’apport décisif de ses deux pouliches Soul Stirring – la fille de Stacelita qui a dominé le Hanshin Juvenile Fillies (Gr1) – et Mi Suerte, lauréate des Fantasy Stakes (Gr 3) et quatrième face aux mâles dans les Futurity Stakes (Gr1). Le Japon a rapporté à Frankel plus des deux tiers des gains de sa première production. En fait, en suivant le classement proposé par Weatherbys, qui ne prend en compte que les gains en Europe, Frankel ne serait que troisième, derrière le surprenant Sir Prancelot (Tamayuz) – qui a dominé la catégorie par le nombre de gagnants (32) – et Helmet (Exceed and Excel).

Un véritable trésor pour les inédits. Les allocations japonaises pèsent lourd dans ces statistiques. Le classement mondial élaboré par le TDN est impressionnant : trois des quatre premiers (Frankel est bien sûr l’intrus) et la moitié du top ten sont stationnés au Japon. Là-bas, une course pour inédits offre au gagnant 56.968 € et un maiden JRA 40.691 €. Alors qu’en France, une première victoire rapporte 13.500 €. En Angleterre une épreuve comparable n’offre que 7.500 €, et sur les petits hippodromes c’est encore moins, avec 3.500 €. Il est difficile de comparer les programmes de courses et la manière de répartir les allocations entre les pays. Néanmoins c’est un jeu amusant : 32 gagnants transférés au Japon auraient rapporté à notre ami Sir Prancealot une pactole proche de cinq millions d’euros…

Rulership, la moitié de Deep Impact. Tout cela ne signifie pas que Rulership (King Kamehameha), tête de liste des First Season Sires en 2016 au Japon, est un étalon bidon. Il devance nettement le lauréat du Kentucky Derby 2012 I’ll Have Another (Flower Alley) et Deep Brillante, un fils de Deep Impact, l’étalon de référence du galop japonais. Deep Impact avait battu en 2010 le record établi en 1994 par son père, Sunday Silence (Halo). La première production de Deep Impact, avec 35 gagnants, avait amassé 540 millions de yen (4,4 millions d’euros). Rulership a décroché son titre avec moins de la moitié des gains de Deep Impact et 19 gagnants, mais un seul au niveau Stakes. Au Japon, il y a une grande différence entre les allocations des courses JRA et celles des épreuves NRA, c’est-à-dire la petite province. C’est pour ca que Furioso (Brian’s Time), un champion sur le dirt qui a couru jusqu’à la fin de ses 8ans, avant de trouver une place à Darley Japan, est tête de liste pour les gagnants mais ne figure que sixième, loin dans le classement par les gains.

Rajsaman ou la jeunesse française. Le français Rajsaman (Linamix) est l’un des deux étalons de première saison tête de liste à la fois par les gains et par les gagnants. Brametot est le meilleur des ses douze gagnants qui ont décrochés 354.140 €. Un chiffre qui monte à 489.969 € avec la prime propriétaire. L’étalon stationné au haras de la Cauviniere est huitième dans le classement européen par les gains, mais avec la prime il serait sixième. Un excellent début dans sa nouvelle carrière. Seul Siyouni (Pivotal) a fait mieux ces dernières années avec 14 gagnants et plus d’un million de gains en 2014.

Le Khan de Turquie. Parmi les étalons que Rajsaman aurait dépassés avec l’aide de la prime, il y a Native Khan (Azamour). Cet élève d’Aliette et Gilles Forien avait pris la troisième place dans les 2.000 Guinées de Frankel avant de terminer cinquième, pas loin, dans le Derby de Pour Moi (Montjeu). Son propriétaire, le Turc Vefa Ibrahim Araci, a décidé de l’envoyer dans son pays. Native Khan a bien répondu. Le niveau des allocations en Turquie lui assure la sixième place mais le gris a quand même donné 15 gagnants sur 20 partants, un score qui sort de l’ordinaire.

En Allemagne, le regretté Campanologist domine. L’Allemagne avait trouvé deux jeunes étalons intéressants mais malheureusement, l'un d’entre eux, Campanologist (Kingmambo), est mort avant d’entamer sa quatrième saison. Il a laissé sa marque avec Langtang, le gagnant du Preis der Winterfavoriten (Gr3), l’épreuve la plus importante pour les 2ans outre-Rhin. Ce dernier a donné à son père le titre par gains. Jukebox Jury (Montjeu), élève de Paul Nataf, avait remporté son Gr1 dans l’Irish St Leger. Mais il avait aussi brillé à 2ans dans les Royal Lodge Stakes (Gr2). C’était un cheval de tenue, pas facile à imaginer comme père de 2ans. Et pourtant, il a sorti 8 gagnants sur 22 partants.

 

Povera Italia ! L’Italie n’avait que quatre étalons dont les premiers 2ans débutaient en 2016. Ce pauvre quartet a trouvé son leader en Black Mambazo (Statue of Liberty), un cheval de vitesse gagnant de trois Listeds dans la Péninsule et cinquième dans le Prix l’Abbaye de Longchamp (Gr1). Il a sorti 3 gagnants avec 8 chevaux de 2ans. Il ne faut pas sourire, c’est une démonstration du massacre de l’élevage italien perpétré par le ministère de l’Agriculture.

Dialed In et le nouveau… Danzig. Le titre de Champion First Season Sire s’est décidé au dernier moment aux États-Unis et en Australie. La victoire de Gunnevera dans le Delta Downs Jackpot, un Gr2 très richement doté, a permis à son père, Dialed In (Mineshaft), de dépasser Union Rags (Dixie Union). Dialed In, un spécialiste de la course d’attente qui avait gagné, avec un Julien Leparoux très inspiré, le Florida Derby (Gr1), n’était pas un cheval précoce et son pedigree non plus. Shackleford (Forestry), lauréat des Preakness Stakes, a termine dead-heat au classement par le nombre de gagnants (20) avec Maclean’s Music (Distorted Humor). Mac qui ? Il s’agit d’un cheval qui avait gagné sa seule sortie avec un Beyer rating extra de 114, le record pour un inédit. Peut-être que dans quelques années on parlera de lui comme du nouveau Danzig…

Et pour quelques dollars de plus. Le classement par les gagnants s’est aussi soldé par un dead-heat en Australie. L’obscur Sidereus (General Nedyim) et Love Conquers All (Mossman) ont terminé la saison 2015/2016 dans la même foulée avec 8 gagnants. Le titre pour les gains s’est joué sur quelques pièces jaunes : Smart Missile (Fastnet Rock) a devancé Love Conquers All de 30 dollars, le prix de quatre bières !