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Jour de Galop

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Forthing, le premier chef d’œuvre d’Ingrid Desagnat

Élevage / 23.01.2017

Forthing, le premier chef d’œuvre d’Ingrid Desagnat

Le vainqueur du 130e Grand Prix de Pau - Biraben Foie Gras (Gr3), Forthing (Barastraight), est la bonne étoile de son éleveur, Ingrid Desagnat. Il est le premier élève de cette jeune femme passionnée par le cheval depuis toujours. Elle a accepté de revenir pour JDG sur Forthing, son élevage et son histoire dans le monde du cheval.

Forthing, le coup de maître. Quand on a le palmarès de Forthing sous les yeux, on peut écrire qu’Ingrid Desagnat a réalisé un coup de maître avec le fils de Barastraight. Forthing est en effet le roi de Pau : il y a gagné le Grand Prix, mais aussi les Prix Antoine de Palaminy (L), Renaud du Vivier (L), Gaston Phoebus, et il avait déjà terminé troisième du Grand Prix… Ingrid Desagnat a regardé le Grand Prix de Pau 2017 à la télévision et elle a vécu la course avec émotion. Forcément puisque Forthing est le premier produit qu’elle a élevé. Et c’est un cheval de Groupe ! « C’est la chance du débutant (rires)… La sortie précédente de Forthing était bonne dans la préparatoire alors qu’il y avait l’écart de poids qui n’était pas favorable. Cepdendant, c’est une course d’obstacle et on sait très bien qu’il ne faut pas tomber ou se faire bousculer. Sa victoire dans le Grand Prix prouve quel bon cheval il est. Être un bon cheval, ce n’est pas donné à tous. Son succès m’a apporté une grande joie. »

Une femme de cheval. Ingrid Desagnat est une vraie femme de cheval, comme en témoigne son parcours : « J’ai commencé à seize ans dans les chevaux. J’ai eu un CAP de palefrenier, un BEPA entraînement du cheval de compétition et un monitorat. Je suis ensuite devenue cavalière d’entraînement chez Marc de Montfort et je suis restée chez lui pendant cinq ans, avant de passer ma licence de jockey, puis d’entraîneur. Je suis tombée amoureuse du pur-sang. Je me suis installée en tant qu’entraîneur en 2007 et j’ai exercé pendant trois ans avant de connaître un grave accident. » Victime d’un problème à une jambe, Ingrid Desagnat est contrainte d’abandonner l’entraînement et se tourne vers l’élevage. C’est là que l’histoire devient plus belle avec Forthing. « Merci Forthing ! Il m’a redonné le goût de suivre les engagements. Je n’aurais certainement pas été capable d’entraîner un cheval comme lui, mais son équipe me permet de suivre son entraînement. »

En hommage à Pierre-Bernard Marlin. Forthing a vu le jour le 29 mars 2011, issu des œuvres de Barastraight et de Something Fine (Baby Turk), une jument qui appartenait au premier propriétaire d’Ingrid Desagnat lorsqu’elle était entraîneur. « C’était donc mon premier poulain, fils d’une jument, Something Fine, qui appartenait à mon premier propriétaire, Pierre-Bernard Marlin, qui nous a quittés en 2010. La victoire de Forthing est pour lui. C’était mon premier propriétaire et il m’avait toujours dit : "Je souhaite qu’il ne vous arrive jamais rien avec l’un de mes chevaux." Et je me suis accidentée avec l’un d’entre eux. J’ai ensuite récupéré sa jument. J’ai nommé Forthing en sa mémoire, en commençant son nom par "fort". J’ai rencontré Pierre-Bernard Marlin grâce à monsieur et madame Orrière et leur fille Anne-Sophie. » L’histoire de Forthing est donc faite de rencontres, jusqu’à son croisement : « Nous avons utilisé Barastraight, du haras des Sablonnets, car l’étalon me plaisait. C’est un beau cheval. De plus, il était à côté de chez nous, ce qui était bien pour moi à cause de ma jambe. Et Antoine de Talhouët-Roy a un lien de parenté avec Marc de Montfort, mon ancien patron. Forthing était un beau poulain lorsqu’il est né. Il était assez osseux, il avait de beaux aplombs. Il a plu à monsieur Cherel qui l’a acheté à six mois. En fait, je connaissais Gaëtan Taupin qui était jockey chez Guy Cherel. Ce dernier était venu chez Gaëtan et il en a profité pour venir voir Forthing avant de l’acheter. » Something Fine n’est plus de ce monde. Ingrid Desagnat a trois poulinières et une sœur de Forthing par König Turf, Baby Turf, qui a 2ans. Parmi ses trois poulinières, deux sont pleines de Barastraight…

L’élevage, un autre moyen de poursuivre la compétition. L’élevage a permis à Ingrid Desagnat de rester dans la compétition. « Merci à Forthing de me faire rêver grâce à la compétition. J’ai besoin d’être entouré de chevaux. Je suis contente de vivre toutes ses émotions au travers de l’élevage. Merci aussi à Guy Cherel, Isabelle Pacault et toutes leurs équipes, à Marc de Montfort sans lequel je n’aurais pas été lancée dans le monde des courses, à Pierre-Bernard Marlin, à monsieur et madame Orrière et bien sûr à mon compagnon Wilfrid Depuy. Sans sa présence, avec ma jambe limitée, je ne pourrais pas faire de l’élevage… »