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Jour de Galop

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Galileo vs Dubawi : qui est le meilleur ?

Élevage / 03.01.2017

Galileo vs Dubawi : qui est le meilleur ?

« Qui est le meilleur étalon d’Europe, Galileo (Sadler’s Wells) ou Dubawi (Dubai Millennium) ? Et regarde bien les statistiques avant de répondre… » Quand un ami t’appelle de la Floride pour te poser une question essentielle sur l’avenir du pur-sang, il faut bien se pencher sur les chiffres pour trouver une réponse… Et là, grosse surprise : Galileo et Dubawi ont produit presque le même pourcentage de gagnants de Groupe.

La barre des 13 % de gagnants de Groupe. Le Champion Sire de Coolmore a donné 136 lauréats de Groupe sur 1.779 foals, c’est-à-dire un taux de réussite de 7,64 %. Dubawi, qui est plus jeune de quatre ans, peut compter sur l’équivalent d’un peu moins de la moitié des foals (841) de son aîné. Il a engendré 63 gagnants de Groupe, soit 7,49 %. Si vous préférez, Galileo sort un gagnant de Groupe pour 13,08 produits alors que Dubawi le fait pour 13,34 chevaux. C’est presque le même résultat ! Au niveau Gr1, on note encore une supériorité de Galileo. Il a donné 62 lauréats – dont 14 en 2016 –, c’est-à-dire un sur 28,69 foals, alors que Dubawi est à 26, donc un sur 32,34 produits.

Si ces chiffres vous paraissent faibles, sachez que Deep Impact (Sunday Silence) est à 7,43 % de gagnants de Groupe dans sa production, War Front (Danzig) à 6,63 %, Tapit (Pulpit) à  5,47 % et Sea the Stars (Cape Cross) à 5,23 % .

Comment évaluer la qualité des mères ? La différence est beaucoup subtile qu’il n’y paraît. Heureusement, même le Galileo bipède, malgré tout son talent, n’aurait pas trouvé une formule magique pour estimer à la perfection la qualité de la production des étalons. C’est bien pour cela que l’élevage est une science amusante dans son imperfection ! La réussite dépend beaucoup de la qualité des poulinières, de l’habileté des éleveurs… mais aussi de facteurs extérieurs. Mais si on raisonne de manière grossière, on peut tout de même fixer une règle à minima : un étalon, plus il coûte cher, plus il a de bonnes juments dans son harem !

À ce jour, Galileo a bénéficié d’une meilleure jumenterie. Revenons à Galileo, le quadrupède, et à Dubawi. Coolmore a lancé son étalon sur le marché à 50.000 Irish Punt (un peu plus de 63.000 €) et a baissé le prix jusqu’à 37.500 € en 2006, avant de le propulser à plus de 100.000 € en 2007. D’après un pointage – pas sûr à 100 % mais quand même assez fiable, en tout cas plus que les sondages en période électorales ! –, Galileo a produit 954 foals pendant ses cinq premières saisons, quand il avait la concurrence de son père, Sadler’s Wells (Northern Dancer). Il n’était donc pas le premier choix. Au final, 53,62 % de sa production vient de saillies à moins de 100.000 €.

Dubawi a démarré sa carrière d’étalon en 2006 à 25.000 £ (40.000 € à l’époque). Il est passé à l’équivalent de 100.000 € en 2012, quand ses premiers 4ans sont arrivés. Sur 841 foals en âge de courir, 628 sont les produits de saillies à moins de 100.000 €, c’est-à-dire 74,67 %.

Cela signifie que la moitié des Galileo sont issus de poulinières qui méritaient une saillie à plus 100.000 €. Alors qu’un quart des Dubawi ont des mères du même niveau. L’écart entre la qualité des deux jumenteries sera beaucoup plus réduit dans l’avenir. Dubawi, qui officie à 250.000 £ pour 2017, sera encore moins cher que son aîné. Mais les deux sires se partagent les poulinières haut de gamme.

Galileo ou Dubawi ? À chacun son choix, même si l’étalon de Darley n’a pas encore donné un gagnant de Derby. Il a sept générations en âge de le courir. Son rival compte trois derby winners (New Approach, Australia et Ruler of the World) sur onze générations et ses fils ont remporté quatre fois l’Irish Derby. Dubawi a quand même gagné le Jockey Club sur 2.100m. C’est assez logique si on regarde la distance moyenne des gagnants. Celle des Galileo est proche des 2.400m (11,82 furlongs), alors que les Dubawi sont plus performants sur 2.000m (9,45 furlongs).

C’est peut-être pour ça que mon ami américain dit que les fils de Galileo sont des plodders (des chevaux sans pointe de vitesse), pas assez modernes… Et moi, en vieil européen, je tiens toujours à Galileo.