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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

On n’a pas fini de regretter Voix du Nord

Courses / 30.01.2017

On n’a pas fini de regretter Voix du Nord

Par Adrien Cugnasse 

Le week-end fut très fructueux pour les "FR" sur les obstacles anglo-irlandais, et plus particulièrement pour la descendance de l’étalon Voix du Nord (Valanour). Ce dernier a connu une carrière sportive et de reproducteur agitée avant de mourir prématurément.

 

Voix du Nord, fonctionnaire disparu en 2013, s’est récemment distingué grâce à Défi du Seuil (Triumph Trial Juvenile Hurdle, Gr2), Vroum Vroum Mag (Doncaster Mares' Hurdle, Gr2), Kemboy (2e de Gr2 à Leopardstown) et Vieux Morvan (Grand Prix de Pau, Gr3). Voix du Nord a donné à ce jour trois gagnants de Gr1, Taquin du Seuil, Vroum Vroum Mag et Défi du Seuil. Bien qu’ayant principalement sailli des juments d’obstacle, quelques produits se sont bien comportés en plat, à l’image de Silver Northern, qui a disputé le Prix du Jockey Club, ou Robin du Nord, deuxième du Prix Luthier (L). Il a même donné quelques gagnants à 2ans. Deux fils de Voix du Nord font la monte en France : Chœur du Nord (haras de Lignères) et Robin du Nord (haras des Châtaigniers).

L’un des meilleurs 3ans de sa génération. Voix du Nord portait les couleurs du baron Zuylen de Nievelt et était entraîné par David Smaga. Il s’accidenta la veille du Prix du Jockey Club dont il était le grand favori. David Smaga se souvient : « C’était un très beau cheval. Il sortait de l’ordinaire depuis qu’il était yearling. Voix du Nord était facile à entraîner et a toujours fait mieux que tout le monde ce qu’on lui demandait. Sans cette fracture la veille du Jockey Club [sur 2.400m à l’époque, ndlr], il aurait gagné de 100 mètres. C’était l’indiscutable favori, il aurait tenu la distance et allait dans les tous les terrains. Même s’il a effectué une bonne rentrée l’année suivante, il avait mal en course et n’a jamais retrouvé le niveau qui fut le sien à 3ans. J’ai conservé à la reproduction l’une de ses sœurs, Lumière du Soir (Anabaa). »

Voix du Nord a eu le temps de remporter le Critérium de Saint-Cloud en fin d’année de 2ans. L’année suivante, il s’est imposé pour sa rentrée dans le Prix Noailles (Gr2), avec trois longueurs d’avance sur Cherry Mix (proche 2e de Bago dans l’Arc). Un mois plus tard, il a gagné le Prix Lupin (Gr1). Il dominait alors à la lutte Valixir (Queen Anne Stakes, Gr1).

Un prix de saillie presque divisé par deux en six ans. L’élève et représentant du baron

van Zuylen de Nyevelt fut vendu aux Haras nationaux. En seulement sept saisons complètes, il a donné un peu moins de 300 produits (les derniers prennent 4ans). Il fit ses premiers pas au Pin, à un tarif relativement élevé pour un fonctionnaire (2.500 €). Après être passé par Treban, il fut envoyé à Aurillac, pour un prix presque deux fois moindre (1.500 €). En 2013, à Cercy-la-Tour, une crise cardiaque mit fin à une saison de monte qui s’annonçait comme celle de son grand retour. En effet, entre temps, Ceasar’s Palace s’était imposé dans les Prix de Longchamp et de Pépinvast (Grs3) et Taquin du Seuil avait remporté son Gr1 outre-Manche.

On ne choisit pas ses parents. Étant fils de Valanour, un étalon qui fut rapidement boudé, Voix du Nord partait au haras avec quelques handicaps commerciaux. Son pedigree apportait néanmoins des garanties pour l’obstacle avec la présence de Mill Reef, Top Ville et de son aïeule Warsaw (d’où Westerner et les black types en obstacle World Citizen et Detroit City). Il n’est jamais facile de faire sa place quand on est issu d’un père qui n’a pas la cote. Denham Red est un autre bon exemple. Ce fils de Pampabird est lui aussi dans l’actualité grâce au champion Un de Sceaux, qui a gagné son septième Gr1 le 28 janvier à Cheltenham. Denham Red a aussi donné la mère de Petit Mouchoir (Al Namix), lauréat de l'Irish Champion Hurdle (Gr1) ce dimanche en Irlande. On trouve aussi des exemples en plat. Linamix était un fils du peu coté Mendez, alors que Noverre, le père de Le Havre, est parti faire la monte en Inde. Par le passé, Tony Bin fut tête de liste des pères de gagnants au Japon, avant d’être le dauphin à de multiples reprises du phénoménal Sunday Silence (Halo). Et pourtant, ce lauréat du Prix de l’Arc de Triomphe était par le peu recommandable Kampala (Kalamoun) !