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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Un qualificatif de l’état de la P.S.F. sera publié à Chantilly et à Deauville

Courses / 23.01.2017

Un qualificatif de l’état de la P.S.F. sera publié à Chantilly et à Deauville

France Galop met en place une mesure de l’état de la piste en sable fibrée (P.S.F.) de Chantilly, à partir de la réunion de ce vendredi 27 janvier, et de Deauville à compter du 1er mars. Cette mesure ne donnera pas un état du terrain comme pour les pistes en gazon, mais un qualificatif pour juger de la rapidité de la P.S.F. Il y a quatre indices :

- lent

- standard

- rapide

- très rapide

L’objectif pour les directeurs d’hippodrome sera de proposer tout au long de l’année une P.S.F. dans un état standard, ou du moins qui s’en rapproche. L’indice peut être défini comme standard à rapide, ou standard à lent, par exemple.

Comment cela fonctionne-t-il ? Il ne suffit pas de tâter la P.S.F. du bout de sa botte pour jauger de sa rapidité. C’est un peu plus scientifique et professionnel que cela. Les mesures sont relevées à l’aide d’un compactomètre de Clegg Sols Sportifs. Cet outil permet aux directeurs d’hippodromes et aux équipes de réaliser le meilleur entretien possible de la piste afin de s’approcher de la norme standard.

Le compactomètre de Clegg permet de mesurer l’élasticité et la plasticité de la P.S.F. qui peuvent être influencées par les températures extrêmes, chaudes ou froides, et la neige. Trente mesures de Clegg seront prises sur cinq emplacements du parcours P.S.F. Lors de chaque mesure, trois chocs seront réalisés. Une moyenne sera calculée à partir des chiffres du 1er, 2e et 3e choc pour chaque emplacement.

Directeur de l’hippodrome de Chantilly, qui sera donc le premier à proposer un état de sa P.S.F., Mathieu Vincent nous a expliqué comment a été mise en place cette nouveauté :

Jour de Galop. – Concrètement, comment fonctionne la mesure de l’état de la P.S.F. ?

Matthieu Vincent. – Grâce au Clegg, il est possible de calculer la décélération d’une masse projetée dans le tube et cela mesure l’élasticité de la piste. Cet outil est notamment utilisé au football et au rugby et il donne aussi un indice officiel au golf. C’est un outil qui va devenir indispensable pour les directeurs d’hippodromes possédant une P.S.F. Il va donner une idée de la manière dont il faut travailler la piste afin d’obtenir une piste standard ou qui s’en approche. L’avantage avec les P.S.F., c’est qu’il est possible, en les travaillant, de les amener vers l’état désiré.

Publier un état de la P.S.F. correspond-t-il aussi à une demande des professionnels ?

Tout à fait. C’est une donnée technique qui a son importance. Et c’est aussi une vraie aide pour les directeurs d’hippodromes – qui connaissent leur piste – pour la travailler au mieux afin qu’elle ne soit ni trop rapide, ni trop lente et la plus homogène possible. Il nous faut 12 heures à Chantilly pour travailler la piste. C’est-à-dire une nuit entière. Avec cet outil, nous pourrons adapter ce travail en fonction de l’état de la piste donné par le Clegg, ne pas subir et anticiper.

Avez-vous déjà testé cet outil ?

À Chantilly et à Deauville, en 2016, nous avons travaillé pendant un an avec un ingénieur et effectué des relevés sur la P.S.F. avec le Clegg. Nous avons croisé ces données à notre ressenti personnel de l’état de la piste. Nous avons ainsi compilé 3.000 mesures en relevant l’élasticité de la piste. Toutes ces données nous ont permis de placer le curseur au bon endroit afin d’utiliser au mieux cet outil dès sa mise en place.

La mesure de la rapidité de la P.S.F. est-elle utilisée à l’étranger ?

Je suis allé voir ce qu’il se faisait en Angleterre, notamment à Wolverhampton, qui dispose d’une Tapeta, et à Kempton et Lingfield, qui ont, eux, une Polytrack. Ils utilisent le Clegg qu’ils ajustent avec une mesure à la canne. Leurs données sont proches de la réalité observée en course. Mais il ne faut pas oublier que les courses anglaises sont disputées à un train plus élevé qu’en France. Sur le site de la B.H.A., il est indiqué un état des P.S.F.

Comment réagit la P.S.F. aux conditions météorologiques ?

L’entretien n’est pas le même tout au long de l’année ; la piste réagit aux conditions météorologiques. En cas de grandes chaleurs, l’huile se détend, ce qui a tendance à alourdir, donc à rendre la P.S.F. plus lente. Au contraire, en cas de grand froid, l’huile se fige et rend la piste plus rapide.

Enfin, est-il prévu que le Clegg soit utilisé sur tous les hippodromes français qui disposent d’une P.S.F. ?

À l’avenir oui. Son utilisation commence à Chantilly et Deauville et France Galop souhaite le généraliser à tous les hippodromes qui proposent des courses sur P.S.F. Dès jeudi, grâce aux réseaux sociaux, nous allons faire connaître l’état de la piste de Chantilly pour la réunion de vendredi.