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Jour de Galop

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RATING INTERNATIONAUX - Quand une seule course fait toute la différence

Courses / 26.01.2017

RATING INTERNATIONAUX - Quand une seule course fait toute la différence

 

Par Pierre Laperdrix

La victoire d’Arrogate (Unbridled’s Song) devant California Chrome (Lucky Pulpit) a suffi à faire du premier nommé le meilleur cheval du monde pour l’année 2016, selon les ratings internationaux de la Fiah (Fédération internationale des autorités hippiques) établis en association avec Longines. Comme il y a deux ans, quand Just a Way (Heart’s Cry) était élu meilleur cheval du monde grâce à sa victoire de plus de six longueurs, en mars, dans le Dubai Turf (Gr1), une course a fait toute la différence. En 2016, ce fut le tour de la Breeders’ Cup Classic (Gr1).

Dans chaque pays, il existe des courses mythiques qui peuvent faire toute la différence en fin d’année dans les ratings internationaux. Nous en avons listé dix que vous pouvez découvrir un peu plus loin dans cette édition. En France, la course qui conditionne, aux yeux des handicapeurs, le rating général des chevaux qui évoluent dans l’Hexagone, reste le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). Meilleure course du monde en 2015 – avec les quatre premières places pour Golden Horn, Flintshire, New Bay et Trêve –, le grand rendez-vous français a, en 2016, perdu de sa superbe et se retrouve en septième place du top 100 des Grs1 mondiaux. L’arrivée composée de chevaux d’âge, et avec trois irlandais aux trois premières places, a certainement plombé le niveau d’ensemble des chevaux français dans les ratings internationaux. Ils étaient 24 français à avoir obtenu 115 ou plus en 2015, contre 19 en 2016. Seul Almanzor (Wootton Bassett) surnage parmi les 3ans français, grâce à ses démonstrations en Irlande et en Angleterre.

L’Angleterre est, elle, conditionnée par son Derby d’Epsom (Gr1). Il a obtenu en 2016 un meilleur rating qu’en 2015, mais cela n’a pas profité aux chevaux anglais. Pourquoi ? Parce qu’en 2015, le podium était composé de chevaux entraînés à Newmarket, tandis qu’en 2016, il y avait trois irlandais aux mêmes places. Résultats des courses, l’Angleterre a vu son nombre de représentants qui ont obtenu un rating de 115 et plus passer de 52 à 41, tandis que l’Irlande a vu ce nombre augmenter. Il était de quatorze en 2015 et de 21 en 2016.

Comme nous l’avons expliqué un peu plus haut, il existe une prime aux grandes démonstrations. Celle de A Shin Hikari (Deep Impact) dans le Prix d’Ispahan (Gr1) a séduit les handicapeurs qui avaient fait de lui le meilleur cheval du monde au premier semestre. Tant mieux pour la France et Chantilly, cadre de cette envolée, mais on peut toujours se poser des questions sur la pertinence de ratings livrés suite à de telles performances, de héros d’un jour… Certes, A Shin Hikari avait nettement dominé les futurs gagnants de Gr1 Dariyan (Shamardal) et Silverwave (Silver Frost), mais cette victoire a eu lieu dans un cadre particulier : un terrain proche de l’état "liquide" et des opposants qui, s’ils étaient bien gagnants de Gr1, n’étaient pas dans un contexte qui leur permettait de fournir leur valeur à cause d’un terrain qu’ils détestent ou bien parce qu’ils étaient hors distance.

Les livraisons des ratings internationaux de ces dernières années montrent que les rendez-vous mythiques perdent du terrain par rapport à des "courses d’un jour", qui ne sont pas la synthèse du niveau d’une génération ou d’une saison entière. Les rendez-vous classiques européens perdent de leur éclat dans le classement général et entraînent parfois dans leur chute tous les chevaux d’une même génération et d’un même pays qui sont désormais dominés dans le top du classement par ces héros d’un jour.