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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

EN RÉGIONS - Pau, une ruche au service des professionnels

Courses / 18.01.2017

EN RÉGIONS - Pau, une ruche au service des professionnels

 

Chaque semaine, Jour de Galop vous propose une immersion en régions, au plus près des acteurs qui œuvrent dans les sociétés de courses.

Depuis le 3 décembre 2016 et jusqu’au 19 février 2017, l’hippodrome de Pau tient son meeting d’hiver, majoritairement tourné vers l’obstacle et avec quelques courses de plat sur la P.S.F. En plein hiver, les équipes de l’hippodrome et du centre d’entraînement de Sers sont sur le pied de guerre pour assurer le confort et l’accueil des chevaux et des professionnels et maintenir la piste en état dans des conditions climatiques parfois difficiles.

Un meeting, une organisation particulière. Il est 18 h 30 environ lorsque, mardi 17 janvier, nous contactons Jean Brouqueyre, directeur de Pau et du centre d’entraînement de Sers. La réunion de courses s’est conclue vers 16 h 45 et l’équipe de l’hippodrome est à pied d’œuvre sur la piste : « Toutes nos équipes finissent juste de reboucher les trous de la piste en gazon. Nous sommes une petite quarantaine à travailler, tout le monde met la main à la pâte. Pau est certainement le seul hippodrome à courir dans des conditions hivernales en obstacle. Je tiens à féliciter les équipes, qui ont su anticiper en profondeur l’arrivée de la vague de froid et qui se sont beaucoup mobilisées pour faire face à ce paramètre, pour que les courses puissent avoir lieu et ce, dans des conditions de sécurité pour les chevaux, et donc pour les hommes. Tous les éléments sont réunis pour que cela se passe bien, sur une piste qui doit subir le froid, le gel et le dégel en plein cœur d’un meeting hivernal. »

Le défi, particulièrement dans les conditions climatiques difficiles de ces derniers jours, est en effet de maintenir la piste en état. Pour y parvenir, les équipes de Pau comptent sur leur expérience mais cherchent aussi à innover et à penser sur le long terme. « Depuis des décennies, les équipes en place à Pau ont engrangé une énorme expérience. Nous avons renforcé la qualité de nos pistes, notamment avec les cordages. Il y a en effet un système de cordage à 6m qui a été mis en place, pour avoir une bande de terrain neuf en vue du Grand Prix. Aujourd’hui [lire mardi soir, ndlr], nous avons posé environ 15 hectares de bâches après la dernière course d’obstacle en vue des prochaines journées de courses, car les conditions climatiques sont difficiles. Cette équipe est dirigée par Alain Landard, chef de piste à l’hippodrome. Il y a aussi un système de balises qui changent de place pour que les chevaux ne passent pas au même endroit durant tout le meeting. Lors de n’importe quel meeting, la piste s’use et nous l’avons modernisée pour qu’elle dure. »

C’est surtout un travail d’équipe qui est réalisé à Pau, ce qui est constamment mis en avant : « Il s'agit d'un maillage qui inclut le président de l’hippodrome, Jean-Louis Foursans-Bourdette, en passant par les commissaires, qui sont régulièrement sur les pistes, et les professionnels. Les équipes sont donc renforcées. Nous avons trois médecins urgentistes les jours de courses, deux ambulances… Beaucoup d’équipes sont sur le terrain pour assurer le spectacle et donner des courses à l’Institution. Le Conseil de l’obstacle de France Galop nous fait part de ses requêtes et nous travaillons dans ce sens-là. Si des reproches nous sont faits, nous les prenons de façon constructive. »

L’avant et l’après-course. Un meeting se gère sur la piste, mais aussi dans les coulisses de l’hippodrome : accueil des chevaux, approvisionnement en nourriture, paille, foin… Et notamment à Sers. « Durant l’hiver, Pau accueille mille chevaux. Nous aidons les professionnels à tous les niveaux et je crois que beaucoup d’entre eux nous le rendent. Tout au long de l’année, nous sommes une trentaine à plein temps et, l’hiver, nous sommes une cinquantaine. Beaucoup de choses sont assurées par nos soins : entretien des obstacles, départ des chevaux… »

Les équipes de Sers, dirigées par Christophe Niqueu, se mettent au service des entraîneurs pour le meeting. Le centre est sous la garde de Thibault Morand. Les professionnels se déplacent pour plusieurs semaines avec leurs chevaux et tout doit être parfaitement rodé pour avoir des conditions d’accueil optimales. « Les équipes s’occupent du paillage, amènent les ballots jusque dans les cours, réceptionnent le foin, s’enquièrent de tous les petits problèmes, comme les réparations de chauffage, le remplacement des portes de boxes, la réfection des peintures, et sont en relation permanente avec les professionnels. Ces derniers ne sont pas livrés à eux-mêmes, tout est géré dans le backoffice. » Les équipes gèrent aussi l’agrandissement des enclosures pour permettre de meilleurs accès aux selleries, l’isolation, la tonte, l’arrosage, l’entretien du matériel ou encore la réfection des menuiseries.

Pau est également un hippodrome et un centre d’entraînement pionnier autour de la gestion du fumier. Tout ce qui concerne la paille est géré par Jean-Michel Lafontan. Une fois évacué, le fumier est emmené vers un centre de retraitement. Cela correspond à 120.000 tonnes de fumier arrosé, broyé et destiné aux agriculteurs de la région.