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Jour de Galop

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Le Brexit va-t-il compliquer le mouvement des chevaux entre l’Angleterre, la France et l’Irlande ?

International / 13.02.2017

Le Brexit va-t-il compliquer le mouvement des chevaux entre l’Angleterre, la France et l’Irlande ?

Alors que la Grande-Bretagne poursuit ses démarches pour sortir de l’Union Européenne, l’inquiétude monte chez les professionnels britanniques. Ils redoutent un retour à la situation qui prévalait avant les accords garantissant la libre circulation à travers la Manche.

La décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Europe pourrait menacer la libre circulation des chevaux. Un accord tripartite entre la France, l’Irlande et le Royaume-Uni permet en effet aux chevaux de circuler librement pour aller courir dans les trois pays. Pas besoin de certificat vétérinaire ou de documents de douanes. Mais les professionnels britanniques craignent que cet accord soit remis en cause… Au point que cette problématique sera au centre des discussions du National Equine Forum, à Londres, en mars prochain.

Olivier Berghgracht, responsable commercial du département affrètement chez STH Hipavia, nous a expliqué : « C’est le flou complet et nous n’avons aucune information officielle. » Lucy Greayer travaille pour LG Bloodstock, une société de Newmarket qui gère de nombreux transports internationaux. Elle a déclaré dans les colonnes de The Guardian : « Nous ne savons pas ce qu'il va se passer. Pour aller en Allemagne ou en Italie, par exemple, il faut un certificat de bonne santé délivré par un vétérinaire 48 heures avant le voyage. J’ai récemment envoyé des chevaux en Suisse. Il faut faire une demande auprès du service des douanes. C’est assez onéreux, de l’ordre d’une centaine de livres. De surcroît, cela prend du temps, car en plus du délai de traitement du dossier, il faut se déplacer à la Chambre de commerce. Il est tout à fait possible que ce type de contraintes s’applique un jour pour aller en France. »

Le retour de la douane ? Olivier Berghgracht se souvient de la situation précédant la mise en place des accords entre les trois pays  : « Importer et exporter des chevaux vers l’Angleterre était difficile et contraignant. Il fallait plus de temps pour planifier un voyage. Il était, par exemple, nécessaire de prendre en compte le statut du propriétaire. De plus, lors du passage en douane, il arrivait parfois d’être bloqué ou d’avoir des problèmes de documents. » L’évolution des conditions réglementaires pour franchir la Manche pourrait aussi rendre plus contraignante la circulation des professionnels et de leur personnel.

De multiples conséquences. La mise en place du Brexit pourrait être aussi contraignante du côté des autorités britanniques qui vont devoir remettre sur pied des services douaniers plus importants. La filière équine irlandaise, qui est très dépendante des échanges avec l’Angleterre, pourrait être très affectée.

La B.H.A. (British Racing Authority) se veut toutefois rassurante. L’un de ses représentants a assuré : « L’accord tripartite date d’avant la formation de l’Union européenne, et il n’y a pas de raison qu’il ne survive pas au Brexit. La libre circulation des chevaux entre l’Angleterre et l’Irlande est vitale pour les deux pays. »