Le mot de la fin : Oxymore

Autres informations / 17.02.2017

Le mot de la fin : Oxymore

Le mot de la fin : Oxymore

 

Il fut une époque, pas si lointaine, où l’école formait encore les écoliers. Et où ces mêmes écoliers, quels que fussent leur milieu social et leur origine géographique, quittaient les salles de classe avec un bagage constitué de deux volets : un socle de compétences vital (lire, écrire, compter) et des éléments en apparence moins essentiels – mais qui font une civilisation. Certaines de ces futilités persistent à demeurer blotties au fond de notre mémoire et nous reviennent sans qu’on les appelle.

Le mot "oxymore", que l’on n’emploie pas tous les jours, fait partie de ces mots plus utiles qu’il y paraît. Derrière ce mot barbare, pouvant évoquer un "ornithorynque", se cache une figure de style consistant à accoler deux mots (par exemple un nom et un adjectif) de sens contraires. Un oxymore célèbre est le vers de Louis Aragon : « Je suis plein du silence assourdissant d’aimer. » Comment le silence pourrait-il être bruyant ? Il y a aussi « cette obscure clarté qui tombe des étoiles » dans Le Cid de Corneille… Plus près de nous, et tous les jours dans les médias, on pense aussi à la « réalité virtuelle ».

Réalité virtuelle, c’est également le surnom que l’on pourrait donner au projet du "Nouveau Longchamp". Alors que le site sera livré dans moins de neuf mois, on ne sait toujours rien de ce qu’on y trouvera. Pas rassurant, franchement. Si la communication de l’hippodrome est aussi nulle à l’avenir qu’actuellement, "le plus grand projet du galop français depuis un siècle" est bien mal engagé. Et c’est extrêmement grave, car, si Longchamp est un échec, l’obscurité et l’anonymat dans lesquels les courses plongeront risquent d’être assourdissants… et définitifs !