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French Purebred Arabian

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ÉLISABETH BERNARD : « J’ADORE LES PAYS DU GOLFE »

20.02.2017

ÉLISABETH BERNARD : « J’ADORE LES PAYS DU GOLFE »

Élisabeth Bernard est venue à Abu Dhabi avec Sylvine Al Maury (Munjiz), qui a pris une remarquable troisième place dans la Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown (Gr. I PA), la course de pur-sang arabes la mieux dotée au monde. Nous l’avons rencontrée quelques jours avant la course et elle s’est racontée, dans un pays qui lui est cher.

The French Purebred Arabian. – Il s’agit de votre premier grand déplacement à l’international depuis que vous avez repris l’écurie de votre mari. Comment appréhendez-vous les choses ?

Élisabeth Bernard. – J’ai effectué beaucoup de déplacements avec Jean-François, mais c’était lui mon patron, et moi son bras droit… Là, je dois tout gérer seule. Ce n’est pas facile, car je suis quelqu’un qui doute facilement. Il faut faire attention à tous les détails… Ma première motivation, c’est de faire plaisir à mes propriétaires. De les rendre heureux…

 

Abu Dhabi est un hippodrome qui ne vous est pas étranger…

En effet, nous avons passé une année ici avant de rester deux ans à Oman. J’adore les pays du Golfe. Je ne suis pas religieuse, mais si je l’avais été, je pense que j’aurais été musulmane ! Je me sens beaucoup plus en phase ici que dans les pays occidentaux. J’apprécie les valeurs de partage, de respect de l’ancien qui sont si importantes ici. Le fait aussi qu’il n’y ait pas de jaloux, d’envieux, car les musulmans considèrent qu’il n’existe qu’un responsable de ce qui nous arrive, et c’est Dieu. On pourrait considérer cela comme du fatalisme, mais cela arrange grandement les relations entre les personnes ! Je suis un peu nostalgique de revenir ici. J’y ai évidemment plein de bons souvenirs, associés à Jean-François. Si j’aime Abu Dhabi, je crois que j’aime encore plus Oman. Mon cœur est à Oman ! J’y ai été la première femme à gagner une course, sous les yeux du sultan Kaboos, quant à lui premier dirigeant d’un pays du Golfe à nommer une femme dans son gouvernement. Cela marque une vie de cavalière.

 

Continuez-vous à monter le matin ?

Absolument ! Sylvine Al Maury, par exemple, c’est moi qui l’ai montée quand elle avait 3 ans. Elle était un peu délicate et j’adore le travail avec les jeunes chevaux. Quand ils sont sur les rails, je passe mon tour… Je monte toujours quatre lots tous les matins. Je ne peux pas m’en passer. Après la disparition de Jean-François, ce sont mes chevaux qui m’ont servi de psychanalystes. Et puis monter à cheval, cela permet de travailler ses réflexes, son attention, sa souplesse. Cela fait du bien au corps et à l’esprit.

Comment jugez-vous votre année 2016 ?

Nous avons passé une merveilleuse année, avec la victoire de Naziq (Mahabb) dans le Qatar Arabian Trophy des Juments (Gr. I PA) lors du week-end de l’Arc, mais aussi le succès d’Alsaker (AF Albahar) dans le Derby (Gr. I PA) à Chantilly. Je suis aussi fière d’avoir gagné les deux courses pour 3 ans à Toulouse, fin mai, avec Al Mounteze Monlau (Nashwan Al Khalidiah) et Aïcha de Monlau (No Risk Al Maury). C’est le signe que le travail a été bien fait avec les jeunes chevaux. Je suis également très contente des résultats des premiers chevaux que j’ai présentés aux ventes. Caïd de l’Ardus (Mahabb) a réalisé le top price de chevaux à l’entraînement. On m’a dit que le cheval était magnifique et qu’il donnait envie qu’on l’achète, simplement sur son physique. Je suis une grande adepte de l’esthétique. Présenter des chevaux impeccables aux courses, c’est aussi cela faire plaisir aux propriétaires.