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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

France Galop veut aller dans le sens de l'histoire en accordant une décharge aux femmes

Courses / 04.02.2017

France Galop veut aller dans le sens de l'histoire en accordant une décharge aux femmes

À compter du 1er mars 2017, France Galop mettra en application une remise de poids de 2 kilos pour les femmes jockeys. Cette décision pionnière sur la scène internationale des courses s’appliquera sans restriction d’âge ni de nombre de victoires. C’est une démarche volontariste qui a pour ambition de permettre aux femmes d’être plus présentes dans les courses de Galop — l’un des rares sports mixtes — en incitant les acteurs des courses à faire plus régulièrement appel à elles. Cette réforme est aussi en parfaite adéquation avec la situation actuelle : une centaine de femmes jockeys sont en activité sur près de 600 professionnels, soit une augmentation de 36 % en dix ans. Et depuis près quinze ans, l’Afasec, l’école préparant aux métiers des courses, compte systématiquement à chaque rentrée, une majorité de filles (de l’ordre de 60 % des élèves). Ainsi, les femmes représentent désormais un tiers des effectifs des écuries de courses, soit le double d’il y a vingt ans. Et chez les moins de vingt ans, on compte même plus de 50 % de femmes dans les effectifs.

Édouard de Rothschild : « L’image de notre sport en sort grandie »

Président de France Galop, Édouard de Rothschild a instauré lors d’une précédente mandature les courses réservées aux femmes jockeys et il n’a jamais hésité à leur faire confiance sur ses propres représentants. En 2015, Amélie Foulon avait eu l’occasion de monter Elliptique (New Approach) dans le Grand Prix de Vichy (Gr3) et ce tandem s’était imposé. Amélie Foulon était alors devenue la première femme jockey à gagner un Groupe en plat, en France. Elle est toujours la seule à ce jour. Concernant la mise en place de cette décharge de 2 kilos, il nous a déclaré : « Il ne faut pas voir cette mesure comme une offense envers les femmes, c’est-à-dire que nous estimons qu’elles ont besoin d’une décharge pour être compétitives. Ni penser que nous souhaitons désavantager les hommes. Le but de cette réforme est de donner toutes leurs chances aux femmes, de leur générer des opportunités, de donner envie aux propriétaires de faire plus régulièrement appel à leur talent, et ainsi, qu’elles aient toutes leurs chances pour percer dans ce métier. Nous espérons les voir plus nombreuses dans les pelotons grâce à cette mesure. Cette réforme va dans le sens de l’Histoire et c’est l’image de notre sport qui en sort grandie. »

Les modalités de cette décharge. Cette décharge de 2 kilos s’applique dans environ 90 % des courses du programme de galop. Elle n’est pas applicable :

En plat :

— dans les courses réservées aux femmes jockeys ;

— dans les courses à conditions de Classe 1 ;

— dans les handicaps support événement ;

— dans les Listed Races (y compris réservées aux pur-sang arabes) ;

— dans les courses de Groupes (y compris réservées aux pur-sang arabes et aux AQPS).

En obstacle

— dans les handicaps support événement ;

— dans les Listed Race ;

— dans les courses de Groupes.

La remise de poids accordée aux femmes se cumulera aux remises de poids déjà accordées aux apprentis et aux jeunes jockeys en Plat et aux remises de poids accordées aux apprentis, jeunes jockeys et jockeys dans certaines courses à obstacles. Toutefois, ce cumul ne pourra pas excéder un total de 4,5 kilos. Un dispositif équivalent de remise de poids de 2 kilos est prévu pour les cavalières dans les courses mixtes d’amateurs et dans les courses de professionnels qui leur sont ouvertes.

Une mesure incitative. Jean-Pierre Colombu, Vice-Président de France Galop et Président du Conseil du Plat, nous a expliqué concernant cette réforme : « Cette réforme est une juste prolongation de ce qu’a instauré Édouard de Rothschild lors d’une précédente mandature. Il avait mis en place des courses pour femmes jockeys et cette nouvelle mesure va plus loin et doit permettre aux femmes de monter plus régulièrement face aux hommes. Ainsi, France Galop veut promouvoir les femmes jockeys et les aider à percer. Il ne faut pas voir cette mesure comme quelque chose de méprisant. C’est-à-dire que l’on pense que les femmes ne sont pas assez bonnes et qu’il faut leur donner un coup de pouce. Le but est vraiment de leur permettre d’être plus régulièrement appelées dans le peloton. Une mauvaise mesure aurait été, par exemple, d’instaurer une parité entre hommes et femmes dans le peloton. Aujourd’hui, c’est certainement le bon moment pour booster la carrière des femmes. Cette décharge se monte à 2 kilos. C’est assez significatif et incitatif ; un kilo n’aurait sans doute pas été suffisant. Bien évidemment, nous suivrons les résultats de cette réforme. Le cumul des décharges ne pourra pas excéder 4,5 kilos, car, au-delà, cela pouvait fausser les choses et il aurait été difficile de trouver des femmes pouvant monter à un poids extrêmement bas. »

Concernant la décharge pour apprentis dans les Classe 1

Beaucoup de professionnels se sont émus que les décharges pour apprentis n’aient plus court dans les courses de Classe 1, alors qu’auparavant elles étaient applicables dans les courses B. À ce sujet, Jean-Pierre Colombu nous a indiqué : « Ce point avait été débattu dans les commissions techniques et l’option actuelle est celle qui avait été alors retenue. Mais elle n’est pas immuable et peut être revue. »