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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Fréderic Spanu, le premier courtier-jockey

Courses / 10.02.2017

Fréderic Spanu, le premier courtier-jockey

Fréderic Spanu, le premier courtier-jockey

Un jockey qui accroche ses bottes a plusieurs options pour son avenir. La suite la plus logique est de devenir entraîneur ou – depuis quelques années – agent de jockeys et pourquoi pas commentateur à la télévision. D’autres restent dans le milieu comme cavalier d’entraînement ou racing manager. D’autres encore ouvrent des restaurants ou des cafés-PMU. Mais un jockey qui devient courtier, c’est quelque chose de nouveau. Et c’est justement ce que Fréderic Spanu est en train de réaliser.

Le chasseur de talents. Frédéric Spanu a annoncé en novembre dernier la fin de sa carrière de jockey. Après vingt-trois années de compétition et plus de 500 victoires, il a choisi de commencer une nouvelle vie à quarante-trois ans. Il sera courtier. Ce dernier nous a expliqué : « Courtier n’est pas le terme exact pour expliquer mon nouveau travail. Le courtier s’occupe aussi d’élevage. Sa sphère d’activité est beaucoup plus vaste, avec bien sûr la marche des yearlings. Moi, j’ai décidé de développer une activité différente. Disons que je ferai le talent-scout, le chasseur de talents avec un œil attentif sur le marché asiatique. »

Le regard tourné vers Hongkong. Frédéric Spanu a déjà commencé son nouveau travail. Il a passé quelques semaines à Hongkong. Les courses se portent très bien dans ce pays et la demande de chevaux de haut niveau est forte. Ses impressions sont bonnes : « Je suis en train de développer mon réseau pour créer un vrai travail d’équipe. Il s’agit d’un métier de confiance et j’ai décidé de m’occuper d’une tâche très précise. Je souhaite travailler au contact avec les courtiers bien établis, les entraîneurs et même directement avec les propriétaires. Les courses à Hongkong sont très différentes de celles qui existent en Europe. Il faut repérer le bon sujet. Travailler uniquement sur le papier ne suffit pas. C’est là que je peux offrir quelque chose en plus à mes clients. »

Le pilote conseiller. Le jockey-courtier, en fin de compte, n’est pas une profession totalement nouvelle. Lester Piggott, quand on lui demandait d’essayer un cheval le matin, demandait toujours : « Pour l’acheter ou pour le vendre ? » C’était une autre époque, sans les vidéos de courses, sans les outils d’analyse dont nous disposons à présent. Aujourd’hui on connaît beaucoup de choses sur un cheval qui court à l’autre bout du monde… mais rien ne remplace le ressenti en selle. C’est là que Frédéric Spanu a une carte à jouer : « Par rapport à un courtier traditionnel j’ai un gros avantage : je peux monter le cheval. C’est un peu comme quand on achète une voiture. Vous savez tout du modèle et de ses options. Le propriétaire rajoute ses explications. Mais à la fin, l’acheteur demande toujours la même chose : donnez-moi les clés, je veux l’essayer sur la route. J’ai la chance d’avoir monté beaucoup de bons chevaux et je chercherai à exploiter cela. À cheval, on a des sensations différentes, on peut comprendre des choses qui échappent en regardant simplement un cheval en course ou dans les galops du matin. »

Des sensations fortes avec Cirrus des Aigles. Frédéric Spanu a développé sa sensibilité à cheval, en course, mais aussi le matin. Il a gagné une demi-douzaine de Groupes et il a monté des champions. Un parmi les autres : Cirrus des Aigles (Even Top). Notre talent-scout explique : « Je ne l’ai jamais monté en course parce qu’il était associé à Christophe Soumillon et Olivier Peslier, les meilleurs jockeys de France. J’ai eu le privilège d’être associé à Cirrus le matin. Un cheval comme lui te donne un feeling très spécial. On passe à une vitesse supérieure. C’est avec lui que j’ai découvert la différence entre un très bon cheval – et j’en ai monté plusieurs – et un crack. Il m’a apporté de nouvelles sensations, celles d’un cheval crédité d’un rating de 130. Depuis que j’ai commencé à monter à cheval, avec mon père Antonio, j’ai toujours cherché à apprendre le plus possible, à développer une technique et une maîtrise. Maintenant, je suis prêt à offrir ce que j’ai appris. »

Les bons chevaux sont partout. Fredo Spanu a emprunté très souvent la route Chantilly – Hongkong : « Je partirai la semaine prochaine, mais je ne pense pas seulement à la France comme terrain de chasse. Il faut chercher le bon cheval partout, en Angleterre et en Irlande, mais aussi dans les autres pays. Hongkong, c’est le marché principal pour le moment. Mais je pense aussi développer mon réseau à Singapour, en Australie et pourquoi pas en Chine. »