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La Grande Course de Haies de Pau passée au crible des chiffres

Courses / 04.02.2017

La Grande Course de Haies de Pau passée au crible des chiffres

La Grande Course de Haies de Pau passée au crible des chiffres

Par Xavier Bougon

 

Ce dimanche, la Grande Course de Haies de Pau fête son 130e anniversaire, tout comme l’avait fait le Grand Prix de Pau il y a quinze jours. La première édition s’est courue le 5 février 1879, deux jours avant le Grand Steeple et quarante ans après la création de la Société d’Encouragement des Basses-Pyrénées, fondée par le comte Pierre de Saint-Cricq et son futur gendre, Bertrand d’Artigaux. Une décennie plus tard sera créé le centre d’entraînement de Sers (1888). La Grande Course de Haies est accolée au nom de Max de Ginestet, marquis de Ginestet-Puivert, honoré depuis 2013 à la suite de son décès en avril 2012. Président de la Société pendant une vingtaine d’années, il avait été, sous son mandat, à l’origine de la piste tout temps. Jusqu’en 1961, la Grande Course de Haies était ouverte aux chevaux de 4ans.

Avec comme point de départ les cinquante dernières éditions, voici des statistiques en tout genre sur la course.

 

Le quinté du Prix Albert de Taillac. Quatre des cinq premiers de la dernière épreuve préparatoire, le Prix Albert de Taillac, courue le 15 janvier, sont à nouveau en piste pour le "graal". Depuis son changement de statut en 1981, onze gagnants de cette préparatoire ont confirmé ensuite dans la Grande Course de Haies, promue Listed Race l’année de la création des Patterns d’obstacles. Christmas Rose (Montmartre), le gagnant 2017, est âgé de 5ans et, en cas de victoire dans la Grande Course, il rejoindrait Jemykos (Nikos), dernier 5ans à avoir fait le doublé, en 2005.

 

Tentative de doublé. Pythagore (Kahyasi), le pensionnaire d’Emmanuel Clayeux, est le gagnant de l’an passé. Seuls Wacio (Niniski) et Bopro (Amarko) avaient réussi à garder leur titre. Outre Pythagore, Monsamou (Bienamado) est un ancien vainqueur de cette Grande Course de Haies. Le pensionnaire de Patrick Chevillard avait tenu en respect ses poursuivants de l’édition 2014.

 

Grand Prix de Pau – Grande Course de Haies : un doublé rarissime. Mme Magalen Bryant ne figurait pas au palmarès du Grand Prix de Pau ni même à celui de la Grande Course de Haies. Il y a quinze jours, Forthing (Barastraight) lui a permis de remporter le Grand Steeple-Chase. Le fils de Barastraight est à nouveau en piste ce dimanche. En cas de victoire, il rejoindrait El Triunfo (Île de Bourbon) le seul à avoir fait le doublé la même année (1991). À l’époque, la Grande Course de Haies précédait le Grand Steeple. Depuis, Étoile d’Ainay (Dom Alco) a gagné le Grand Prix de Pau en 2008 avant de terminer dauphine d’Alarm Call (Solar One) dans la Grande Course de Haies.

Quant à la propriétaire américaine, elle rejoindrait Jean Couétil, vainqueur la même année (1977) des deux épreuves phares avec Petit Louis et Mirassou. La tête de liste 2016 des propriétaires, la famille Papot, n’a aucun représentant cette année, contrairement à l’année dernière. Pour l’anecdote, elle ne figure pas non plus au palmarès de l’épreuve.

Ils sont trois entraîneurs à avoir remporté la même année les deux épreuves phares du meeting palois : Jean-Pierre Couétil (1977), François Rohaut (1991) et Jacques Ortet (huit fois).

 

Une participation record. Monsamou courra pour la quatrième fois cette course en ce premier dimanche de février. Un certain Toulois (Bel Baraka), propriété de Marcel Jouhandeaux, avait été aligné cinq fois consécutivement, avec pour meilleur classement deux places de troisième.

 

Les AQPS dans la course. Carte sur Table (femelle de 5ans) et Christmas Rose (5ans) défendront les intérêts des AQPS. Au palmarès, trois de leurs congénères ont réussi à passer le poteau en tête : Richebourg (en 1989 à six ans), Rushwell (en 2012 à sept ans) et Sirène d’Ainay (sept ans en 2013). Quant à l’autre AQPS, Vieux Morvan (Voix du Nord), son entourage a préféré prendre sa revanche dans la consolante, le Prix Gaston Phœbus, après sa deuxième place dans le Grand Prix de Pau.

 

Question d’âge et de sexe. Comme l’an dernier, une seule femelle sera au départ. Carte sur Table, représentante du sexe dit "faible", est âgée de 5ans. Six femelles se sont imposées depuis un demi-siècle et seulement deux au même âge : Quota (Armos) en 1987, à l’occasion de la 100édition, et Valdance (Vaguely Pleasant) en 1999.

Deux 5ans seulement seront au départ. Les cinquante dernières éditions ont donné 21 vainqueurs âgés de 5ans. Ces deux 5ans, Carte sur Table et Christmas Rose, de surcroît AQPS, sont toujours invaincus à Pau, l’une après quatre sorties (autant sur les haies que sur le steeple) et l’autre après trois sorties cet hiver. 10ans, c’est la moyenne d’âge des trois chevaux formant le trio de l’an dernier, une moyenne battue par celle de 2010.

 

Le top 5 des étalons absents du palmarès. Aucun des vainqueurs des dix dernières années n’avait pour père un étalon classé dans le top 5. Cette année, Poliglote est représenté par sa fille Carte sur Table et Voix du Nord par son fils Vieux Morvan.

 

Quatre mansonniens, quatre Pacault. Isabelle Pacault et sa fille Anne-Sophie comptent, à elles deux, quatre des huit concurrents, soit 50 % du peloton. Le seul podium d’Isabelle remonte à 1994, avec la deuxième place de Cardepal (5ans) qui avait devancé un certain Or Jack, alors âgé de 5ans également.

À ce jour, aucun podium n’a réuni les pensionnaires d’un même entraîneur. Seuls Loïc Manceau et Jacques Ortet (2000) ont formé le jumelé gagnant de 2007 et de 2000.

 

Un poids prohibitif. Jamais un gagnant de la Grande de Haies de Pau n’avait porté plus de 72 kilos, en l’occurrence les poids de Wacio, vainqueur en 1997, et d’Alarm Call en 2008. Cette année, le poids de base a été augmenté de deux livres. C’est ainsi que Perly de Clermont (Ultimately Lucky), qui devait faire fi de ses 73 kilos, a décliné la lutte.

 

Le record de Jacques Ortet et de Christophe Pieux. Les pensionnaires de Jacques Ortet se sont imposés à dix reprises, ce qui fait de l’entraîneur palois le recordman de l’épreuve (depuis l’Après-guerre), loin devant les quatre victoires de Renaud de Tauzia, suivi d’un quarté avec trois succès, Georges Pelat, Philippe Lallié, Charles-William Bartholomew et Jacques de Chevigny. Parmi les entraîneurs encore en activité, Guy Cherel et Emmanuel Clayeux comptent deux victoires, tout comme le récent retraité Jean-Pierre Totain et François Rohaut, dorénavant exclusivement entraîneur de plat.

Chez les jockeys, Christophe Pieux compte six victoires. À chacun de ses succès, il était associé à un pensionnaire de Jacques Ortet qui a sellé quatre vainqueurs appartenant à Naji Pharaon, tête de liste des propriétaires.