Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

La grande interview : THIERRY JARNET

Autres informations / 24.02.2017

La grande interview : THIERRY JARNET

Lundi soir, juste après l’enregistrement de l’émission Equidia Turf Club, Thierry Jarnet nous a fait l’amitié de revenir avec nous sur l’"Arc" 2013, en décomposant en détail son parcours si particulier avec Trêve. Le jockey nous a aussi parlé de son enfance et des différentes phases de sa carrière.

 UN INCROYABLE PARCOURS DANS LE QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Thierry Jarnet : « Si j’étais venu à la corde, je n’aurais jamais eu le passage. Et tout le monde aurait dit : “Il a massacré Trêve !” » (rires)

La tactique de course

Nous n’avions pas de plan préétabli. Mais il est vrai que j’ai délibérément choisi de ne pas venir à la corde, alors que cela avait été le cas pour moi dans le "Diane" ou pour Frankie Dettori dans le "Vermeille". Pourquoi ce choix, alors que l’"Arc" a la réputation de se gagner à la corde ? Parce que cette année, j’avais remarqué qu’il n’y avait pas de leader. Donc, venir à la corde dans ce contexte, c’était un piège. D’ailleurs, on le voit quand on revisionne les images de la ligne droite : les chevaux de tête sont restés à la corde et ceux qui ont disputé l’arrivée sont passés par les extérieurs.

En fait, on peut gagner l’"Arc" à la corde, mais seulement s’il y a du rythme, ce qui avait très peu de chances d’être le cas cette année. Finalement, si j’avais choisi de tout reprendre après la sortie des boîtes et de me glisser à la corde, nous étions morts. Si j’étais venu à la corde, je n’aurais jamais eu le passage. Et tout le monde aurait dit : « Jarnet ? Il a massacré Trêve !" » (rires)

 

Derrière les stalles

Trêve était mouillée derrière les stalles, d’autant qu’il faisait assez chaud et qu’elle avait déjà sorti un peu de poil. Mais c’est un peu comme pour nous, les jockeys : cela montre qu’elle se conditionne pour sa course. L’arrivée sur la piste avec le défilé l’a un peu inquiétée. D’autant plus qu’elle était derrière Haya Landa, qui faisait quelques petites facéties. Cela l’a un peu chauffée et stressée. Et comme dans le Prix de Diane, Trêve avait des bouchons dans les oreilles.

 

Le départ

Au départ, je n’ai pas autant de "gaz" qu’Olivier avec intello par exemple. Je laisse donc avancer le peloton et moi je glisse gentiment à l’arrière. Je ne veux pas mettre Trêve dans le rouge. Finalement, comme dans le Prix de Diane, Trêve est partie un peu mollement, de manière très relax. Elle était sereine, "cool", très professionnelle.

 

La montée

Je ne me suis pas emballé. Je ne pouvais pas rentrer derrière Orfèvre, car Al Kazeem voulait cette place et a changé de ligne pour nous bloquer le passage. Si je force pour rentrer, ma partenaire peut prendre des coups et se tendre. Je suis donc resté à cette place qu’on peut qualifier de « place du mort », comme on le dit pour les voitures. J’avais Orfèvre en ligne de mire. Juste avant le tournant, il y a eu un petit coup de frein, et cela nous a fait avancer. À partir de là, je me décale de ma ligne avec Orfèvre. Je ne m’occupe plus de lui ; je cherche simplement à ne pas subir d’à-coup.

 

La fausse ligne droite

On sait qu’il faut éviter de faire un effort trop important dans la fausse ligne droite, car c’est là qu’on peut perdre une course à Longchamp. Mais ce ne fut pas le cas pour Trêve. En fait, elle a avancé naturellement, car les chevaux de tête avaient repris à ce moment-là. Elle est donc venue se porter en tête très naturellement, sans faire d’effort.

 

La ligne droite

À l’entrée de la ligne droite, j’étais bourré de "gaz". Elle est venue sans que je lui demande quoi que ce soit. Moi, je l’ai juste laissée glisser. Elle avait pu souffler dans le coude de la descente et j’avais vu que les chevaux de tête étaient déjà cuits. Quand j’ai passé le poteau, trêve n’était pas au bout de son effort. Elle avait encore de la réserve !

 

L’APPRENTISSAGE

Thierry Jarnet : « L’apprentissage était dur à l’époque. Beaucoup plus qu’aujourd’hui. On forgeait des caractères, des gens qui aimaient leur travail. Ceux qui restaient, c’étaient les plus durs. »

 

Poney puis équitation classique

J’ai toujours monté depuis que je suis tout gamin. J’ai commencé le poney vers six ou sept ans, puis j’ai fait de l’équitation classique jusqu’à douze ou treize ans. Un jour, j’ai voulu tenter autre chose. J’avais les mensurations qui correspondaient et j’ai dit à mes parents que je voulais être jockey.

 

Une enfance très familiale à côté de Versailles

Je suis originaire de la région parisienne, je suis né à Versailles et mon père était un turfiste qui jouait au Tiercé le dimanche. Quand j’ai eu douze ans, mes parents ont déménagé dans le Sud de la France. Il a fallu les suivre et cela a été un vrai déchirement pour moi. En région parisienne, j’allais à l’école avec mes cousins. Toute ma famille, mes oncles et tantes, mes grands-parents, vivait à côté de chez nous. Avec mes cousins, nous passions beaucoup de temps chez mes grands-parents.

 

Entrée à l’école des jockeys et retour aux sources

J’habitais près de Poissy. Alors, j’ai choisi de rentrer à l’Afasec de Maisons-Laffitte. Je voulais revenir près de ma famille, c’est pour cela que j’ai choisi Maisons-Laffitte. Pour mes parents, cela a été un déchirement quand je suis parti. Mais, pour moi, c’était aussi une manière de revenir dans l’ancien cocon familial.

 

« L’Afasec forgeait les caractères… »

Je ne nierai pas que j’ai eu quelques moments difficiles à l’Afasec, comme tout le monde. L’apprentissage était dur à l’époque. Plus difficile qu’aujourd’hui. Mais c’était peut-être mieux. On forgeait des caractères, des gens qui aimaient leur travail. Je n’ai aucun regret en ce qui concerne cette formation. Ceux qui restaient, c’étaient les plus durs.

 

Les larmes d’un gamin, christophe Pieux !

J’étais dans la même promo que Christophe Pieux. Gamin,

à cheval, il tombait tout le temps. Son patron lui hurlait dessus, lui disait qu’il n’était qu’un bon à rien. Christophe tombait et il pleurait. Il a arrêté quelque temps, puis il est revenu… avant de devenir le dieu vivant de l’obstacle. Finalement, dans cette formation, on était en permanence attaqué dans son amour-propre. Cela glissait sur moi et m’a renforcé.

 

D’abord l’obstacle, une bonne école

Je n’ai pas choisi mon premier entraîneur. C’est l’Afasec qui m’a placé chez Jacques Beaumé, après un an d’école technique. Il est décédé quelques mois plus tard et je suis arrivé chez Patrick Rago. J’ai été formé sur les obstacles et j’ai même monté plusieurs fois en course en obstacle. C’est une bonne école et je pense qu’elle devrait être obligatoire pour tous les jockeys, y compris ceux destinés au plat. On apprend beaucoup sur la notion de train, sur l’équilibre et on apprend à écouter le cheval respirer sur l’obstacle. Je dirais que l’on a plus de capteurs avec un cheval d’obstacle.

 

Pas de modèle, mais du perfectionnisme

J’ai toujours été pointu dans mon travail, toujours essayé de peaufiner, d’approfondir, d’obtenir des résultats. Je n’avais pas de modèle. Je ne voulais pas ressembler à tel ou tel jockey. J’ai essayé de me faire tout seul. Et après quelques bons résultats, j’ai eu le droit de monter en course. Au début, Patrick Rago me faisait monter plutôt en obstacle qu’en plat. À cette époque, il y avait Dominique Boeuf. Apprenti, tout avait été vite pour lui, il avait eu beaucoup de réussite. À ce moment-là, moi, j’emmenais son cheval en main dans le rond ! Je me disais : « Il faut bosser, bosser, bosser. » Patrick Rago faisait monter les bons chevaux à Dominique et moi je montais les mauvais. Et quand il m’arrivait de monter les bons, je me faisais engueuler ! (rires)

 

Premier quinté et premier Groupe

À cette époque, Carlos Lerner cherchait un petit poids. Je montais à 48 kilos avec la décharge. Il m’a fait gagner mon premier quinté, avec Le canibale [le 3 novembre 1987,

ndlr]. De fil en aiguille, j’ai commencé à monter un peu plus pour lui.

Ensuite, Yann Porzier, qui cherchait aussi un jockey à décharge, m’a appelé. J’ai perdu ma décharge chez lui. J’ai gagné ma première Listed et mon premier Groupe [le Prix Pénélope, ndlr] avec Madame est Sortie. Je suis resté deux ans chez lui.

La grande transition, à cette époque-là, ce fut de passer de Maisons-Laffitte à Chantilly. Antonio Spanu, qui avait une grande écurie, a fait appel à moi. Nous avons connu beaucoup de réussite ensemble, pendant un an ou un an et demi. J’ai notamment gagné le Prix Gontaut-Biron en 1990 avec Mister Riv.

 

Royer Dupré avant Fabre…

À la fin des années quatre-vingt-dix, Alain de Royer Dupré m’a appelé pour me proposer de monter les chevaux de la Marquise de Moratalla. Je suis resté six mois chez lui et c’est là qu’André Fabre a fait appel à moi.

 

AU SERVICE D’ANDRÉ FABRE

Thierry Jarnet : « Dès le jour où je suis entré au service d’André Fabre, j’avais en tête que j’en sortirais un jour, parce que c’est comme ça (…) Le jour où il m’a dit qu’il n’avait plus besoin de mes services, je lui ai répondu : “D’accord.” Et nous nous sommes quittés comme cela, en trente secondes, après neuf ans de collaboration. »

 

Sous le signe de Subotica

J’ai été déclaré sur Subotica, à Évry. C’était le 21 novembre 1990. J’ai gagné trois courses ce jour-là, dont une Listed avec Orage noir. Subotica, c’est à la fois ma première monte pour Monsieur Fabre, ma première victoire pour lui, mon premier Gr1 et mon – premier "Arc". Subotica a incontestablement marqué ma carrière.

 

Eddery, Cauthen et… Jarnet

André Fabre était satisfait de moi. Il m’a demandé de rester jockey chez lui. Je crois que nous nous comprenions bien. À l’époque, il avait Pat Eddery qui montait les "Abdullah" et Steve Cauthen qui montait les "Maktoum". Je crois qu’André Fabre voulait former un jockey pour son écurie à ce moment- là. Il avait eu des apprentis, comme Yannick Fouin, mais il ne les a jamais emmenés au-delà de l’apprentissage. J’avais des résultats, forcément, pour arriver dans une grande écurie comme cela. Mais je n’ai pas changé ma manière de vivre. Je ne me suis pas mis à flamber, car ce n’est pas dans mon caractère. J’avais de bons résultats en passant derrière Eddery et Cauthen. Je me suis façonné progressivement. Dès le jour où je suis entré au service d’André Fabre, j’avais en tête que j’en sortirais un jour, parce que c’est comme ça. C’est ma philosophie et je m’y étais préparé. Le jour où il m’a dit qu’il n’avait plus besoin de mes services, je lui ai répondu : « D’accord. » Et nous nous sommes quittés comme cela, en trente secondes, après neuf ans de collaboration. C’était fini. Je suis parti. Mais je m’y étais préparé de très longue date. Je suis resté neuf ans chez André Fabre. C’est un record de longévité chez lui.

 

Le meilleur : Pennekamp

Mon plus grand souvenir durant ma période chez André Fabre, c’est Subotica. Mais le meilleur cheval que j’aie monté, c’est Pennekamp. Il a gagné les "Guinées" et est arrivé invaincu sur le Derby d’Epsom. Il s’est accidenté durant la course. Je pense que nous n’aurions pas été loin du compte sans cela...

 

L’APRÈS-FABRE

Thierry Jarnet : « Je suis toujours resté aussi exigeant. »

 

Avec ma compagne pour agent…

Je suis ensuite devenu jockey free-lance. À ce moment-là, ma compagne Sandrine [Tarrou, Ndlr] est un peu devenue mon agent. Elle a été une sorte de précurseur au système que l’on connaît aujourd’hui. Elle décortiquait les courses pour moi. Elle était mes yeux pour voir ce qu’il se passait derrière moi quand j’étais en piste et me conseillait ensuite dans le choix des montes. J’ai aussi un contrat de première monte avec l’écurie Niarchos quelque temps après mon départ de chez Fabre.

 

Une sélection des montes

Aujourd’hui, j’évite beaucoup de réunions en province. Par exemple, la veille du Prix de Diane, je n’ai pas voulu aller monter à Lyon, alors que Criquette me l’avait proposé. C’était en semi-nocturne et cela oblige à rester sur place le soir, car il n’y a plus de train ensuite. Je ne voulais pas revenir le lendemain et être dépendant de possibles problèmes de transport... Je voulais dormir à la maison et me concentrer sur ma course. On ne peut pas courir tous les lièvres à la fois. Alors, depuis deux ans, je sélectionne beaucoup mes montes.

 

Une hygiène de vie naturelle

J’ai toujours été exigeant. Mais c’est ma façon de vivre d’avoir une telle hygiène de vie. Pour moi, ce n’est pas une contrainte. Je ne suis pas gourmand. Je suis comme cela depuis mes débuts. J’ai pu parfois rester deux jours sans manger. J’oubliais de me nourrir. Je rentrais des courses, j’allais me coucher et le lendemain je me levais pour travailler. Vous pouvez faire un grand repas à côté de moi, cela ne me gêne absolument pas de ne toucher à rien.

 

 

FREDDY ET MOONLIGHT CLOUD

Thierry Jarnet : « Quand j’étais jeune, Freddy m’a souvent tiré l’oreille ! »

 

Le coup de pouce de Freddy

Mes bons résultats de cette année ? C’est un tout. Il y a de la chance aussi. La chance, cela compte. Et puis Freddy m’a donné un bon coup de pouce. Dans le vestiaire, j’étais à côté de Freddy et d’Alain Lequeux. On avait le même valet. Ils m’ont façonné. J’ai passé une quinzaine d’années à leurs côtés.

Quand Freddy s’est installé entraîneur, j’ai été l’un de ses premiers jockeys. Ensuite, Davy Bonilla a beaucoup monté pour lui, et quand cela n’a plus été le cas, Freddy a fait de nouveau appel à moi. Quand j’étais jeune, Freddy m’a souvent tiré l’oreille. Il m’a connu quand j’étais petit comme ça [il mime la taille d’un enfant, Ndlr].

 

Il faut savoir ne pas suivre les ordres

Quand il était jockey, Freddy montait ses chevaux près de la tête. C’est l’école Head et c’est l’école Boutin ; on monte les chevaux de l’avant. Je pense qu’il était inquiet pendant le Prix de la Forêt, car j’étais loin avec Moonlight Cloud. Mais l’école Fabre, c’est celle de la patience avec les chevaux. C’est une formation différente. Souvent, je discute tactique de course avec Freddy. On apporte chacun notre truc. Et souvent, pour finir, il me dit de monter à l’intuition. Finalement, je pense que l’on perd beaucoup de courses à vouloir à tout prix monter aux ordres, même si l’on en gagne aussi en ayant respecté les ordres.

 

Jamais inquiet dans le "la Forêt"

Dimanche, nous savions que Gordon Lord Byron allait être monté devant. Nous ne voulions pas le suivre absolument, car, comme Moonlight Cloud s’élançait à son extérieur, nous risquions de nous retrouver nez au vent. J’ai fait confiance aux capacités de Moonlight Cloud. Je l’ai laissée faire. Si jamais elle ne gagnait pas face à ces chevaux-là, cela voulait dire qu’elle n’était pas dans un grand jour, c’est tout. Je ne lui ai pas demandé d’avancer avant les quatre cents derniers mètres. Les chevaux ont quatre cents mètres d’accélération, pas au-delà. Et si on peut attendre les trois cents derniers mètres, c’est très bien aussi. Dans le parcours, j’avais repéré quel cheval était à quel endroit. Je savais qu’à la vitesse où ils étaient allés devant, je pourrais les voir. Je n’étais pas inquiet.

 

 

PRÉSENT ET AVENIR

Thierry Jarnet : « Je ne veux pas devenir entraîneur. Éleveur, oui. Mais entraîneur, non. »

 

Pas de plans sur la comète

Je ne sais pas grand-chose sur mon avenir. Je sais juste que je ne veux pas devenir entraîneur. Je n’ai pas de plan. Pour l’instant, je veux continuer comme maintenant, rester jockey. Je n’ai pas de date d’arrêt de ma carrière, je n’y pense pas. Des accidents, j’en ai eu. J’ai su revenir. Quand j’étais arrêté, je n’avais qu’une hâte : me remettre en selle. La logique voudrait qu’une fois ma carrière terminée, je monte les chevaux de ma compagne le matin. Mais je ne veux pas y penser. Ce n’est pas dans l’air du temps. J’ai besoin de travailler, de sentir le cheval [il mime le geste avec ses mains, Ndlr]. Il faut que je sente le cheval le matin.

Les yearlings, ce sont de la matière brute. L’entraîneur, c’est comme un sculpteur. Il façonne, voit grandir, évoluer le cheval. Ce qui arrive à la famille Head, qui a élevé Trêve, c’est magique.

 

La passion de l’élevage

Avec ma compagne, nous élevons aussi. Quand un de vos élèves met le pied sur l’hippodrome, c’est déjà une victoire. Et quand il gagne, c’est magique. Pendant quinze ans nous avons élevé des pur-sang arabes. Mais nous avons vendu nos derniers sujets la semaine dernière, aux ventes de Saint-Cloud. Nous sommes passés aux pur-sang et nos premiers élèves, qui ont 2ans, sont à l’entraînement. C’est fantastique. L’élevage est passionnant et je trouve vraiment très regrettable que France Galop refuse de me reconnaître comme éleveur – simplement parce que je suis jockey. On nous interdit tout. Alors que, sincèrement, la passion d’éleveur n’a rien d’incompatible avec celle de jockey.

Qui peut croire que dans une course où j’ai une monte, je ne défende pas mes chances pour avantager un de mes élèves... Ce n’est pas sérieux.

De la même manière, certaines personnes se demandent pourquoi je ne suis pas marié avec Sandrine. La réponse est que le Code des courses nous l’interdit. Vous rendez-vous compte ? Aujourd’hui encore, en 2013, un article du Code interdit à un jockey d’être marié avec un entraîneur… C’est fou. Si vous voulez passer outre, il faut aller au Tribunal, comme l’a fait Myriam Bollack-Badel.

 

De Maisons à chantilly

Finalement, nous avons dû quitter Maisons-Laffitte il y a sept ans pour nous installer à Chantilly, car nous manquions de place.

Mais en fin de compte, moi qui n’avais jamais voulu déménager à Chantilly, je ne regrette pas du tout. Je me dis même que nous aurions dû le faire avant.

 

Dur dur, d’être dans les tribunes !

J’aurai du mal à passer de l’autre côté de la barrière. Quand ma compagne était enceinte, j’ai eu l’occasion de jouer le rôle d’assistant. Je ne montais pas ses pensionnaires et je donnais les ordres, regardant les courses dans les tribunes. C’était horrible. On ne peut pas agir ni réagir. Comme un acteur inactif. C’était très difficile pour moi.

 

RETOUR SUR LE PRIX DE DIANE LONGINES

Dans le Prix de Diane, Trêve avait le numéro 2 à la corde. La course était partie vite. C’est finalement un peu par hasard que je l’ai montée comme cela, attentiste, à la corde. Ce n’était que sa troisième course et elle avait manqué un peu de jeu de jambes pour partir vite dans cette course qui a "bardé" tout de suite. Quand Trêve est arrivée sur le Prix de Diane, nous savions qu’elle avait des moyens, mais personne ne savait où se situait la limite. Criquette était attirée par le "Diane", mais pas Alec Head. C’était un vrai sujet de conversation. Criquette m’a demandé mon avis et j’ai dit que nous pouvions y aller. Avec un tel test, nous pourrions mieux la juger. Et si jamais la course ne se passait pas bien, je ne l’aurais pas brusquée et nous aurions toujours pu revenir à d’autres ambitions.