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Jour de Galop

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HISTOIRE, HISTOIRES…  -  Depuis six décennies, le Grand Prix fait vibrer l’hippodrome de la Côte d’Azur

Courses / 24.02.2017

HISTOIRE, HISTOIRES… - Depuis six décennies, le Grand Prix fait vibrer l’hippodrome de la Côte d’Azur

HISTOIRE, HISTOIRES…

 

Depuis six décennies, le Grand Prix fait vibrer l’hippodrome de la Côte d’Azur

L’hippodrome de la Côte d’Azur organise ce samedi son 61e Grand Prix. En septembre 1952, de nombreuses personnalités avaient assisté aux premières courses données sur un nouvel hippodrome : Cagnes-sur-Mer. Un premier meeting est organisé durant l’hiver 1956. Le 3 mars 1957, le premier Grand Prix se court le lendemain de la réouverture des courses plates en région parisienne, à Saint-Cloud en l’occurrence.

 

Xavier Bougon a consacré toute sa vie aux courses, cultivant sa passion pour l’histoire de notre sport, en complément de ses activités professionnelles dans le cadre de l’Institution. Depuis le mois de janvier 2016, il vous propose une rubrique régulière consacrée à l’histoire des courses.

Fin Encadré

 

Photo : La victoire de Storm River en 2016

 

Couru sur la distance de 2.800m et précédé d’un défilé, ce premier Grand Prix est remporté par Maurice Larraun, en selle sur Le Bourgeois (Vatellor), élève de Léon Volterra, mais propriété de Mme Renée Clouzet qui l’avait réclamé en novembre de l’année précédente. Ancien pensionnaire de François Mathet, il avait rejoint les effectifs d’Henri Gleizes. L’année suivante, le Marseillais Henri Toche enlève le premier Grand Prix couru sur la distance de 2.400m. Son pensionnaire, Pauvre Diable (Orcada), remportera, en juin, le Grand Prix de Marseille-Vivaux. Trente-cinq ans plus tard, la distance est portée à 2.600m, puis ramenée à 2.500m en 2000. En 2005, l’épreuve est courue en 2’40’’80, le temps record jusqu’à ce jour.

 

Les vainqueurs provenant des réclamers. Soixante ans après le Grand Prix inaugural, le pensionnaire de Mathieu Le Forestier, Saane, va tenter d’imiter le premier vainqueur. Willy Sebag a acheté ce fils de Le Havre 14.550 €, le 26 janvier dernier, après sa victoire à Cagnes dans une course à réclamer. Il a été élevé par Gérard Augustin-Normand qui l’avait confié à Jean-Claude Rouget. Après une seconde place dans une Listed en 2014, il vient donc de changer d’entraîneur pour la quatrième fois.

Le vainqueur du Grand Prix 1976, Nord (Sword Dancer), avait été acheté par Mme Georges Saget à Daniel Wildenstein à l’issue d’une victoire au mois d'octobre précédent, à Longchamp. Quant à Narrow Hill (Tiger Hill), vainqueur du Grand Prix en 2014, il avait été réclamé en septembre 2012.

 

Les vainqueurs, des plus âgés aux plus jeunes. Satanicjim (Pivotal) et Duca di Mantova (Manduro) sont âgés de 8ans. C’était l’âge du premier vainqueur, Le Bourgeois. Depuis, Young Tiger (Tiger Hill) a enlevé l’épreuve en 2011, à 10ans. Les conditions de course autorisent les 4ans à venir se confronter à leurs aînés. Les vainqueurs les plus jeunes sont donc âgés de 4ans. Quatretemps (Rigolo), le premier, était entraîné par René Pantall – le père d’Henri-Alex – et il défendait les couleurs de son éleveur, le duc de Blacas. Le suivant, Ketch (Samaritain), fera surtout parler de lui en obstacle. Ils seront suivis par quinze autres de leurs congénères. Cette année, trois "jeunes" sont au départ : Again Charlie (Medecis), Pump Pump Palace (King’s Best) et Sisène (femelle par Pivotal).

 

Les femelles gagnantes. C’est en 1971 que la première femelle s’impose face aux mâles. Elle est montée par Freddy Barrix, un pilote belge, comme sa pouliche, Siska (Le Fandango), âgée de 4ans. Elle défend les couleurs de Mme Pierre Descamps qui l’avait mise en pension chez André Adèle. Depuis, six autres femelles l’ont emporté dont trois étaient âgées de 4ans, comme Solojorie (Solon), gagnante en 2015. Sisène, la seule pouliche au départ de cette édition, a été achetée lors des ventes automnales d’Arqana, en provenance d’un entraînement espagnol, celui d’Enrique Leon Peñate. En janvier, elle s’est imposée à Deauville pour ses nouvelles couleurs.

 

Les vainqueurs des préparatoires. Deux à trois courses cagnoises sont sensées préparer à ce Grand Prix, les Prix Robert de Villeneuve-Bargemon, William-Alexandre Ruinat et même le Prix Albert Taton depuis une grosse décennie.

La première d’entre elles a donné quatre vainqueurs : Hard to Sing (Hard to Beat), Gorgeous Strike (Hello Gorgeous), Peckinpah’s Soul (Zino) et Griraz (Nombre Premier). Le gagnant de l’édition 2017, Chiverny (Whipper), n’avait pourtant encore jamais abordé la distance de 2.400m.

La deuxième, baptisée à une époque Prix d’Annot puis Prix de Pise, a donné les vainqueurs des années 1971 (Siska), 1974 (My Brief pour John Dunlop), 1978 (Santalino pour Alain Bruneteau, fils du journaliste Pierre), 1980 (Hard to Sing), 1993 (Danae de Brule pour Didier Prod’homme), 1995 (Bedava pour Jean-Paul Gallorini), 1997 (Peckinpah’s Soul pour Alain Lequeux, propriétaire, et David Smaga, entraîneur) et 2014 (Narrow Hill pour Philippe Sogorb). Le vainqueur de cette année, Royal Dolois (Silver Frost), a également participé à la première préparatoire dans laquelle il s’est classé au pied du podium, occupé par Chiverny et Khareef, deux protagonistes du jour.

La troisième n’a donné que trois vainqueurs, en 2004, Ascetic Silver (Kendor), en 2013, Tara River (Stormy River) et, en 2015, Solojorie. Pump Pump Palace, le lauréat 2017, n’est autre que le demi-frère d’un certain Pump Pump Boy (Kingsalsa).

 

Les vainqueurs en provenance de l’étranger. Au départ de cette 61e édition, Duca di Mantova (Manduro) est le seul partant entraîné à l’étranger. Pour l’anecdote, son propriétaire, la Scuderia Incolinx, entité de Diego Romeo, a gagné l’an passé le Derby italien. Depuis 1957, huit vainqueurs provenaient de l’étranger, mais aucun n’arrivait d’Italie. Le premier, Léon, vainqueur en 1962, monté par le crack jockey allemand Peter Alafi, appartenait à une grande dame des courses, Mme Maria Mehl-Mulhens.

En 1969, Treason Trial (High Treason) est entraîné officiellement par Ernest Fellows (père de John), mais officieusement par Mme Louie-Eileen Dingwall, alors âgée de soixante-seize ans, la seule femme inscrite au palmarès.

Le dernier vainqueur remonte à trente ans avec la victoire en 1987 de Gorgeous Strike (Hello Gorgeous), pensionnaire de l’anglais Charlie Nelson.

 

Un seul entraîneur au palmarès et au départ ce samedi. Ce samedi, Henri-Alex Pantall a supplémenté Khareef (Monsun). L’Angevin est le seul entraîneur de l’édition 2017 à avoir déjà inscrit son nom au palmarès. C’était avec un pensionnaire du baron Édouard de Rothschild, Russian Hope (Rock Hopper), l’année où la distance avait été ramenée à 2.500m.

Le Mansonnien Didier Prod’homme, fils de Maurice (vainqueur en 1993), est le seul professionnel à avoir remporté trois fois l’épreuve, deux fois avec le fils de Kendor, Ascetic Silver (demi-frère de Silver Cross, deux fois deuxième du Grand Prix et neveu de First Prayer, vainqueur en 1979), pour Bernard Giraudon, et une première en 1986 avec Ajarann (par Nonoalco et Asharaz, une sœur de Zeddaan).

 

Le Prix Max Sicard et les vainqueurs du Grand Prix. Satanicjim (Pivotal) s’est imposé dans le Prix Max Sicard, lors de sa dernière sortie de 2016. Quatre gagnants de l’épreuve toulousaine du mois de décembre ont ensuite fait le doublé avec ce Grand Prix cagnois plus de deux mois plus tard : le plus ancien remonte à 1980 pour un fils de Hard to Beat, Hard to Sing, lequel avait remporté deux courses préparatoires sur l’hippodrome de la Côte d’Azur.

À l’inverse, Germinis (Vaguely Pleasant), Lord du Sud (Linamix) et Young Tiger (Tiger Hill), qui ont également fait le doublé, n’ont pas eu besoin d’une course de rentrée. Cette année, le pensionnaire d’Alain Couétil, Satanicjim, tentera de les imiter.

 

Les entourages de Nahual – plus grosse valeur de cette édition après sa victoire dans une Listed l’an passé et une deuxième place dans le Prix Gladiateur –, Satanicjim, Duca di Mantova (vainqueur lors de sa dernière sortie du Premio Roma Vecchia) et Again Charlie (lauréat du Gran Premio de San Sebastián et du Gran Memorial Duque de Toledo et deuxième du Derby espagnol) n’ont pas daigné donner une course de rentrée à leurs élèves. Sauront-ils faire aussi bien que Russian Hope (Rock Hopper), Balitou (Margouillat), First Prayer (Sanctus) et Aquavit (Venture), vainqueurs en 2000, 1985, 1979 et 1970, sans préparatoire cagnoise ? Quant à Ketch (Samaritain), lui aussi est arrivé sans préparatoire en plat, mais il avait passé l’hiver sur la Côte d’Azur pour le meeting d’obstacle. Il gagnera à 5 ans la Grande Course de Haies d’Auteuil, entre autres.