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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Jean d’Indy : « Les parcours de Compiègne étaient déjà fort appréciés pour leur qualité et leur sélectivité.  Pourquoi donc en serait-il autrement aujourd’hui ? »

Institution / Ventes / 26.02.2017

Jean d’Indy : « Les parcours de Compiègne étaient déjà fort appréciés pour leur qualité et leur sélectivité.  Pourquoi donc en serait-il autrement aujourd’hui ? »

Jour de Galop. – Comment la nouvelle saison d’obstacle à Compiègne se présente-t-elle ?

Jean d’Indy. – C’est à l’usage que chacun pourra se forger son opinion mais les équipes de Compiègne, épaulées par celles de France Galop et les entreprises, ont réalisé un véritable tour de force dans les délais impartis. L’hippodrome de Compiègne est prêt à accueillir les courses du programme d’Enghien sur des parcours tout à fait au niveau pour des épreuves premium et sur des pistes en état et sécurisées. Les parcours de Compiègne étaient déjà fort appréciés pour leur qualité et leur sélectivité. Pourquoi donc en serait-il autrement aujourd’hui ?

Lors des consultations préalables, nombre de professionnels considéraient que les diagonales n’étaient pas nécessaires. Nous avons souhaité les intégrer au projet final pour assurer une variété des parcours et éviter de trop solliciter les pistes extérieures tout au long de l’année.

Pendant le premier semestre, les parcours de steeple n’emprunteront pas les diagonales afin que la nature reprenne ses droits et pour laisser les pistes se stabiliser. Dès le second semestre, ces tracés seront opérationnels.

Enfin, à la demande de nombreux professionnels, le projet initial a été amélioré avec l’implantation d’un parcours supplémentaire en steeple dans la ligne d’en face, permettant une plus grande variété des parcours. Cette amélioration du projet sera opérationnelle à la rentrée 2018.

L’arrêt de l’obstacle à Enghien et son transfert à Compiègne, ne sont-ils pas économiquement dérisoires ?

On ne tire pas un trait sur son histoire. Je sais que beaucoup regrettent Enghien, un hippodrome sur lequel les professionnels avaient pris leurs marques, avaient leurs points de repère. L’important est d’avoir pu préserver un programme cohérent qui présente une vraie alternative pour les chevaux qui ne font pas Auteuil. Un programme avec ses épreuves sur des parcours réputés sélectifs. Je sais qu’on ne fera pas taire les regrets mais dans la situation économique que nous traversons, chacun fera, j’en suis certain, preuve d’une faculté d’adaptation responsable.

Je sais que l’arrêt de l’obstacle à Enghien est considéré par certains comme un sacrifice dérisoire par rapport aux déficits actuels, mais face aux enjeux économiques actuels, il n’y a pas d’économies dérisoires mais un plan d’ensemble. En année pleine, le transfert des réunions d’Enghien permet dès l’année prochaine de réaliser 2 millions d’euros d’économies par an. Je ne peux pas considérer que c’est dérisoire !

Il faut ajouter que le sacrifice que consent l’obstacle au bénéfice de l’intérêt général a été mesuré. Les nouveaux tracés ont fait l’objet de multiples consultations menées tant par le Conseil de l’obstacle que par les équipes de Compiègne, et que des travaux importants et réfléchis ont été entrepris pour que les professionnels puissent bénéficier d’un outil de travail performant.

Pourquoi avoir choisi Compiègne et non l’Ouest ou le Sud-Ouest comme terre d’accueil du programme d’Enghien ?

Les arguments des partisans d’une décentralisation vers les régions étaient fondés, notamment compte tenu de l’évolution des effectifs de chevaux d’obstacle à l’entraînement. Mais c’est précisément pour ne pas aggraver une tendance défavorable aux centres d’entraînement de la région parisienne que nous avons choisi de préserver un programme dans la région Île-de-France-Normandie. Par ailleurs, pour préserver un programme cohérent avec des courses qui se succèdent dans chaque catégorie et pour chaque génération (préparatoires, finales,  consolatoires), il fallait éviter un trop grand saupoudrage sur des sites différents.

Compiègne n’est pas un saut dans l’inconnu et on peut être confiant sur le fait que tout sera mis en œuvre pour que Compiègne soit, à l’image d’Enghien, le second pôle majeur et indispensable de l’obstacle en région parisienne.

Y’aura-t-il toujours du cross à Compiègne ?

L’une des premières demandes de Compiègne a été de maintenir son parcours de cross qui est une part importante du spectacle offert au public. Il y a aura donc bien du cross à Compiègne et l’étape du Crystal Cup s’y déroulera en novembre.

À partir de quel moment tous les parcours seront-ils disponibles ?

Les travaux ont eu lieu en trois phases. La première permet de courir dès ce premier semestre 2016. Puis à partir de l’été, les diagonales seront ouvertes et tous les parcours seront à disposition au premier semestre 2018. En face, il y aura deux lignes de steeple pour que les jeunes chevaux aient une alternative.