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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR

Courses - Élevage / 17.02.2017

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR

 

Henri-Alex Pantall, la quantité et la qualité

Depuis 2007, Henri-Alex Pantall a eu plus de 1.000 partants par an (10.772 pour être précis). Pendant sept saisons, il a sellé plus de 200 chevaux différents. L’année dernière, il a battu son record avec 227 partants individuels qui ont gagné 131 courses sur 1.013 sorties. L’entraîneur de Beaupreau a monté une vraie entreprise à produire des gagnants, à tous les niveaux. Il n’a pas été le premier entraîneur à seller plus de 1.000 partants dans une saison (ce titre appartient à Robert Collet, qui en a eu 1.013 en 2003). Il n’est pas non plus le champion du stakhanovisme (Cédric Boutin, en 2013, avait eu 180 de ses pensionnaires en piste pour 1.682 départs). Son originalité, c’est de combiner quantité et qualité.

 

 

Une machine à victoires. Il n’est pas facile pour un entraîneur de garder son taux de réussite à plus de 10 % quand il dépasse le cap des 1.000 courses par an. Pantall, sur la période 2007 à 2016, est à 12,59 %. En 2016, il a quand même battu son record avec 227 chevaux différents présentés en piste. 120 chevaux ont au moins gagné une course et, depuis 2012, les gains de l’écurie, prime comprise, ont toujours dépassé les quatre millions.

 

Restiadargent, la flèche de l’écurie. L’apport des 2ans à la fortune de l’écurie est assez significatif. L’année dernière, l’équipe junior a produit presque un tiers des partants individuels (72 sur 227) pour 25 victoires – acquises avec 21 sujets différents – sur 131. Le record remonte à 2013 quand 27 des 66 jeunes pousses présentées par Henri-Alex Pantall ont gagné 41 courses. Au niveau Groupe, depuis 1989, les 2ans made in Pantall ont remporté neuf victoires. Huit sujets ont décroché leur Groupe et la seule double gagnante est Restiadargent (Kendargent) qui, en 2011, s’était imposée dans le Prix d’Arenberg (Gr3) et dans le Critérium de Maisons-Laffitte (Gr2). Six des neuf groupes ont été gagnés après 2011.

 

68 juniors, 21 propriétaires. Henri-Alex Pantall démarre la saison avec 68 nouveaux 2ans, un chiffre qui doit augmenter au fil des mois, étant donné qu’en 2016 il a sellé 122 sujets différents. Les propriétaires représentés dans l’équipe junior (21) sont en majorité aussi éleveurs. Environ un tiers des 2ans (22) sont passés en vente – tous en France – et sept ont été rachetés. Le top price (65.000 €) est un poulain par Cacique enregistré sous la casaque du cheikh Abdullah Al Thani, alors que la pouliche la plus chère (60.000 €) est une Dark Angel achetée par Skymarc Farm. Le prix moyen des 15 achetés est de 25.666 €, moins que la médiane en octobre chez Arqana (30.000 €). Guy Heald a douze 2ans parmi ses 32 chevaux chez Henri-Alex Pantall, alors que le Suisse Sandro Gianella en a neuf, le baron Édouard de Rothschild sept, c’est-à-dire un de plus que le cheikh Abdullah Al Thani et Mme Jacques Cygles.

 

Les quatre espoirs de French Fifteen. Quarante-huit étalons sont représentés dans l’effectif. Une grande majorité d'entre eux sont basés en France. Siyouni (Pivotal), Motivator (Montjeu), Zafeen (Zafonic) et le jeune French Fifteen (Turtle Bowl) sont quadruplement représentés. En plus de French Fifteen, on trouve cinq autres first season sire, tous avec un seul produit : Declaration of War (War Front), Maxios (Monsun), Penny’s Picnic (Kheleyf), Pastorius (Soldier Hollow) et Planteur (Danehill Dancer). Vingt et un poulains sont issus de poulinières black type (en piste ou au haras), un pourcentage bien inférieur à celui des grandes maisons cantiliennes.

 

Cinq coups de cœur chez Henri-Alex Pantall

 

  • QATAR MILLENNIUM (F2)

Propriétaire et éleveur : cheikh Abdullah Al Thani

French Fifteen & Beau Fête, par Beau Sultan

Sa mère, Beau Fête, une fille du français Beau Sultan (Bering), fut une bombe sur le dirt, gagnante de Gr1 en Argentine. Elle a produit quatre gagnants, mais pas à haut niveau, et le meilleur est peut-être le 3ans Tammam (Paco Boy), troisième d’Akhiro (Deep Impact), lors de leur début commun dans le Prix de Crevecœur. Le nom est déjà prometteur. Il faut avoir du courage pour nommer une pouliche Qatar Millenium.

 

  • N (F2)

Propriétaire : Baron Édouard de Rothschild – éleveur : Écurie de Meautry

Le Havre & La Mezquita, par Holy Roman Emperor

Cette pouliche est issue de La Mezquita, lauréate à trois reprises et qui a failli être black type. C’est notre choix parmi les sept sujets confiés à Henri-Alex Pantall par le baron Édouard de Rothschild. Les noms de Dynaformer et Affirmed dans un pedigree ont toujours un certain "appeal".

 

  • N (F2)

Propriétaire : Guy Heald - éleveur : G.B. Partnership

Pivotal & Precocious Star, par Bold Fact

Son demi-frère, North Thunder (Invincible Spirit), est passé très près d’une victoire de Groupe à 2ans, en 2016. La mère, Precocious Star, a gagné une Listed en Angleterre et est une demi-sœur de Lahaleeb (Redback), qui a remporté les E.P. Taylor Stakes (Gr1) et a pris la deuxième place dans le Irish 1000 Guineas. Il n’y a pas que de la vitesse dans ce pedigree.

 

  • KIHAFAVUSHI (M2)

Propriétaire : Henri-Alex Pantall - éleveur : Yvette Chabot & Henri-Alex Pantall

Wootton Bassett & Tejaara, par Kingmambo

Choisir le demi-frère de Rangali (Namid) peut paraître un peu banal, mais passer à côté de ce poulain serait stupide ! Son père, Wootton Basset (Iffraaj), produit mieux que Namid (Indian Ridge) et il ne donne pas que de la vitesse. Un poulain à suivre.

 

  • ADIOS AMIGOS (M2)

Propriétaire et éleveur : Erich Schmid

Siyouni & Anna Spectra par Spectrum

Son propriétaire et éleveur, Erich Schmid, ne l’a pas laissé partir à 50.000 €. Ce fils de Siyouni est un demi-frère d’Anatol Artist (Doyen), deuxième dans le Preis der Winterfavoriten (Gr3) en Allemagne. Il provient de l’importante souche allemande d’Anna Paola (Prince Ippi), qui a donné des chevaux de Grs1 dans les deux hémisphères (Helmet et Épaulette dans le Sud, Anna Monda dans le Nord) et remonte à Archippe (Munibe), la mère de la légendaire Archidamia (Manna), la dernière pouliche gagnante du Derby Italiano en 1936.

 

Photo : Rangali