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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

EN RÉGIONS - Pau - Jean Brouqueyre : « Garder le sport au cœur du réacteur »

Institution / Ventes / 22.02.2017

EN RÉGIONS - Pau - Jean Brouqueyre : « Garder le sport au cœur du réacteur »

 

Jean Brouqueyre, directeur de l’hippodrome et du centre d’entraînement de Pau, est l’une des personnalités en vue dans le Sud-Ouest. Il revient avec nous sur son parcours et dresse un bilan du meeting de Pau qui vient de se terminer.

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant de travailler dans le milieu des courses hippiques ?

Jean Brouqueyre. – J’ai fait un Bac+5 dans une école de commerce à Montpellier. Ces études m’ont amené à voyager à l’étranger et à la suite desquelles, après plusieurs expériences dans le domaine de l’organisation d’événements sportifs, j’ai décidé de collaborer avec ASO, qui est une référence mondiale en termes d’organisation d’événements autour du sport. J’ai cherché à évoluer dans mon métier et lors du Tour de France, le PMU était partenaire. C’est à partir de là que j’ai mis un pied dans le monde hippique.

Comment passe-t-on de l’organisation du Tour de France à la direction d’un hippodrome comme Pau ?

Grâce au PMU, partenaire, donc, du Tour de France, j’ai pu rencontrer le président de l’hippodrome de La Teste à qui j’avais fait part de mon souhait de changer d’environnement. Et six mois plus tard, il m’a proposé le poste de directeur de l’hippodrome de La Teste. J’ai été formé pendant quelques mois par Olivier Louit, qui partait à Deauville. Je suis resté à La Teste de 2009 à 2012. Des opportunités se sont ensuite présentées à Pau. J’ai d’abord été directeur adjoint avant d’être à mon poste actuel, directeur de l’hippodrome et du centre d’entraînement de Pau, depuis février 2014.

Comment gérez-vous à la fois l’hippodrome et le centre d’entraînement ?

Je pense que ce qui est le plus important c’est de garder le sport au cœur du réacteur. Aujourd’hui, il est impossible d’attirer du monde sans la performance sportive. Je fais donc du centre d’entraînement une pépinière de champions. En entreprise, les pépinières n’ont pas vocation à être rentables mais plutôt à avoir des retours sur investissement. C’est pareil pour l’entraînement des chevaux de course. En 2016, à Pau, on a produit des champions en plat. Le centre d’entraînement est reconnu pour ses performances aussi bien en plat qu’en obstacle. Nous avons la chance d’avoir de jeunes entraîneurs. Le cheval passe avant tout et il est au cœur de nos préoccupations.

Vous avez subi un épisode de gel assez conséquent cet hiver, comment avez-vous géré cela ?

Nous l’avions anticipé bien en amont en achetant des bâches de maraîcher et en ciblant les zones à protéger. Nous avons établi un plan d’actions. Rien ne peut fonctionner sans anticipation.

Quel est votre premier bilan du meeting de Pau ?

Nous avons déjà fait un debriefing en interne en termes d’actions, d’idées et de projets d’investissements à venir. Nous aimerions, sur les trois prochaines années, investir sur l’hippodrome. Nous avons commencé par constater que la prise de paris était en chute. À titre d’exemple, le jour du Grand Prix, il y avait 8.000 personnes sur l’hippodrome et seulement 43.000 € d’enjeux. Nous allons donc nous remettre en question et proposer des nouveautés. Il est facile de se plaindre. Je trouve que l’Institution fait beaucoup de choses et c’est à nous d’agir. En six ans, nous avons perdu 350.000 € de l’Institution, il faut donc nous régénérer. Nous sommes tous coresponsables.

Justement, sur l’hippodrome de Pau, vous travaillez sur l’affluence. Comment pensez-vous réussir à convertir les spectateurs en parieurs ?

Notre constat est le suivant : il y a dix ans, nous avions 50.000 spectateurs pour 1,4 million d’euros de paris. Dix ans plus tard, nous avons réussi à conserver notre clientèle mais avec 900.000 € de paris. Aujourd’hui, comme partout, nous devons travailler sur le merchandising. Nous nous sommes donné trois ans pour essayer d’inverser la tendance et faire parier ceux qui ne le font pas. Nous allons aussi essayer de développer le numérique sur l’hippodrome de Pau. Nous ne devons pas attendre que le marketing commun des courses fasse quelque chose, nous pouvons d’ores et déjà amorcer des démarches. Mais il est impossible d’entreprendre quoi que ce soit sans être unis et former une seule et même équipe, en gardant à l’esprit que notre action est régie par le sport.