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Jour de Galop

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Ce que la sénatrice Loisier a dit sur Equidia

Institution / Ventes / 21.02.2017

Ce que la sénatrice Loisier a dit sur Equidia

Anne-Catherine Loisier, présidente du groupe Cheval au Sénat, était l’invitée d’"Equidia Turf Club", lundi soir. Au programme : un (éventuel) retour à la T.V.A à 5,5 %, le redressement des paris hippiques et le sauvetage du modèle hippique français. Verbatim.

T.V.A. à 5,5 % : oui c’est possible

« Peut-être qu’à l’époque, la filière des courses n’a pas suffisamment appréhendé les conséquences de cette hausse de la T.V.A. Visiblement cela n’a pas justifié une mobilisation. Mais aujourd’hui, chacun a compris et se mobilise pour un retour à une T.V.A. à taux réduit.

Il y a une fenêtre de tir du fait de la révision de la directive T.V.A. : les instances européennes se sont penchées sur la T.V.A. et se sont rendu compte que nous étions dans un système tellement complexe avec X taux différents, et en plus différents d’un pays à l’autre, parfois même sur les mêmes opérations. Cela a créé des distorsions de concurrence et du coup, une espèce de jungle où la fraude à la T.V.A. est estimée à plus de 160 milliards. C’est devenu un vrai sujet pour Bruxelles qui a mis cette question à la réflexion avec au départ deux options : soit je redonne aux États la possibilité de décider de travailler sur les taux ; soit je revois, moi Europe, la liste des produits à taux réduits. Nous, nous préférerions bien sûr que la France reprenne l’initiative. Après, que fera le gouvernement ?

L’activité cheval doit être assimilée à une activité agricole et doit donc pouvoir bénéficier d’un taux réduit. Alors bien sûr, le sujet sera certainement un peu long parce que s’agissant d’une réforme fiscale, il faudra qu’elle soit votée à l’unanimité au niveau européen. Mais tous les pays ont intérêt à ce que l’on revoie la directive T.V.A. C’est un système qui peut tout à fait recevoir l’adhésion de l’unanimité des pays membres, parce que c’est un retour de compétence. Mais, dans ce cadre-là, pour que nous fassions avancer la cause de la filière cheval, il faut que nous nous mobilisions et fassions comprendre aux décideurs politiques que la France a intérêt à revenir à un taux réduit pour sa filière cheval. »

Travailler au redressement des paris hippiques

« Les paris hippiques n’ont pas forcément anticipé le changement sociologique, le profil des parieurs. Et c’est vrai que le pari sportif est plus intuitif, plus facile. Donc de nouveaux joueurs ont certainement fait le choix de s’initier au jeu avec les paris sportifs. L’enjeu aujourd’hui, c’est de savoir comment le PMU s’organise, modernise son outil, son système de pari, comment il répond à cette concurrence nouvelle à laquelle il n’était pas habitué et comment il renouvelle son public de parieur. C’est vraiment une remise en cause globale que le programme PMU 2020 essaye de traiter.

Après, il y a un autre volet, qui est plus fiscal, avec la Française des Jeux. Je pense que les pouvoirs publics ont joué un petit peu un double jeu parce que le ministère du Budget, qui pilote cela, voit la rentabilité fiscale et a donc tendance à favoriser le développement de la Française des Jeux. Là, c’est aussi à nous parlementaires d’intervenir, de faire remarquer cette espèce d’incohérence du gouvernement à dire que dans la loi de 2010, il a confié au PMU une mission d’intérêt général autour de la filière et qu’il doit lui donner les moyens de l’assurer. L’idée de la loi de 2010 était de garantir l’équilibre des deux monopoles. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Il faut mettre en place une structure qui permette de retrouver un système économique viable : l’État n’a pas non plus intérêt à ce que la filière équine se casse la figure. »

Demander une pièce d’identité à tous les joueurs

« Cette disposition n’est pas réaliste à court terme car elle exige des outils et une organisation dont nous ne disposons pas encore aujourd’hui. Ce n’est pas très populaire, mais cela répond à l’actuelle demande sociétale de transparence, de traçabilité des fonds. Donc je pense que les courses ne pourront pas échapper à cette demande indéfiniment. Il faut s’y préparer mais les pouvoirs publics doivent donner le temps à l’institution de le faire et dans des conditions qui ne dégradent pas encore sa situation financière. »

Les EpiqE Series : une très bonne idée

« Je pense que les EpiqE Series sont une très bonne idée et vont dans le bon sens, mais ne produiront pas forcément des effets aussi rapides que souhaité. Il y a un travail à faire entre les sociétés-mères et la FFE. Si les courses veulent renouveler leur clientèle, elles doivent s’ouvrir, montrer que c’est bien, montrer que l’on a des émotions, sortir de cette image cloisonnée et des clichés qui font beaucoup de mal. On ne connaît pas assez les belles histoires. Il faudrait redonner un peu d’humain. Je suis sûre qu’il y a un fort potentiel. »