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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE -  Le très mauvais choix de France Galop

Courses / 02.02.2017

TRIBUNE LIBRE - Le très mauvais choix de France Galop

 Le très mauvais choix de France Galop

Par Fabrice Chappet

« L’année 2017 ne se présente pas sous les meilleurs auspices pour le galop français. Le feu est dans la maison, comme le disent très justement nos dirigeants. Cette "maison", tout du moins en France, repose selon moi sur trois piliers :

- premièrement les chevaux et donc leurs éleveurs ;

- deuxièmement les propriétaires pour acheter et entretenir ces mêmes chevaux ;

- troisièmement les joueurs pour parier sur leurs chances.

Les joueurs. Il est heureux que France Galop tienne compte des joueurs pour leur redonner le goût du pari. Passion qu’ils sont manifestement tous en train de perdre les uns après les autres.

Néanmoins France Galop commet, à mon sens, une erreur stratégique majeure, qui nous mènera tout droit à une baisse des allocations, en augmentant le nombre de handicaps au détriment des courses à conditions.

L’effet de levier ainsi créé ne sera que de courte durée. Ce n’est ni plus ni moins que concurrencer la Française des Jeux sur son propre terrain. Les handicaps sont plutôt bien faits et donnent donc une chance équivalente à tous les participants, ce qui induit des résultats hasardeux en fonction de la physionomie de la course, l’inspiration du jockey, etc. Ce qui équivaut donc à une loterie quant au résultat. La Française des Jeux fait ça beaucoup mieux : tirage immédiat, pas de suspicion de tricherie…

Il serait à mon sens beaucoup plus judicieux d’inciter le PMU et d’autres opérateurs en inventant des paris plus modernes et en adaptant le jeu aux courses telles qu'elles sont et non pas l’inverse. Notamment une côte fixe (qui n’est pas incompatible avec le pari mutuel), des jeux verticaux…

Il serait tout de même plus intéressant de trouver les gagnants de cinq courses avec peu de partants, mais de qualité, plutôt que les cinq premiers d’un handicap fourni a fortiori avec des chevaux en 20 et moins de valeur, courses remises au goût du jour par France Galop.

Le propriétariat. En supprimant les courses à conditions à outrance, on ôte autant d’occasions de gagner aux propriétaires qui ont les meilleurs chevaux le jour J (contrairement au handicap qui favorisera le cheval le mieux placé, voire le plus chanceux). Leur intérêt sera logiquement décroissant et la motivation pour des propriétaires potentiels, quasi nulle.

Il y a très peu de propriétaires qui résistent, à terme, dans la catégorie des handicaps : peu d’excitation avec le côté loterie et une perte d’exploitation assurée.

D’ailleurs la plupart des chevaux de petites valeurs n’appartiennent pas à des propriétaires mais à des entraîneurs...

Les chevaux. Augmenter le nombre de handicaps et supprimer des courses à conditions est un désastre annoncé sur la production française. Les éleveurs en sont-ils bien conscients ? Qui va acheter des yearlings pour courir des handicaps… ?

Encore une fois, si les casaques les plus fortunées perdent 50 % d’occasion de briller, cela ne peut influencer qu’à la baisse leurs investissements en France.

En conclusion, oui il y a le feu dans la maison, mais on ne va pas l’éteindre en faisant des appels d’air !

Si effectivement, les joueurs sont un rouage du système, les propriétaires et les éleveurs en sont également deux autres.

Sauvegardons un minimum le rapport espérance de gain/valeur du cheval.

Si les handicaps sont plutôt populaires auprès de certains propriétaires en Grande-Bretagne, c’est qu’ils les "préparent" et jouent leurs chevaux allègrement. Est-ce vraiment à cette situation que l’on veut aboutir en France ? »