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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Antonio Orani, le petit dernier de Sardaigne

Courses / 04.03.2017

Antonio Orani, le petit dernier de Sardaigne

Antonio Orani, le petit dernier de Sardaigne

Antonio Orani, qui va recevoir l’Étrier d’Or 2016 en mai prochain, fera ses débuts en Italie dimanche, à Pise, dans la Ribot Cup. Le garçon vient de Sardaigne, à quelques kilomètres de Sassari, dans le nord de l’île, le territoire de Lanfranco Dettori, Mirco et Cristian Demuro, Andrea Atzeni et toutes les fines cravaches italiennes. Mais Antonio est à tous points de vue un apprenti français. Il a été formé à l’Afasec, il a une licence française et quand il parle italien, c’est avec un accent très drôle, mi-français, mi-sarde.

 

De la Sardaigne à Cabriès. Antonio Orani est arrivé en France à l’automne 2014, alors qu’il avait 15 ans. Sa famille est dans les courses depuis longtemps, par l’intermédiaire de quelques oncles, et le garçon a commencé à monter dans les petits palios de pays, sur les "cavallini della Giara", une race locale de poneys. Il a ensuite découvert l’écurie de Tore Muroni, le fils de Gianuario, la légende des courses en Sardaigne, qui est le grand-père de Gabriele Congiu, installé dans le Sud-Est. Le passage logique était l’école des jockeys de Pise, mais elle était fermée pour manque des subventions. Antonio Orani explique : « C’est pour cette raison et aussi à cause du mauvais état des courses en Italie que j’ai décidé avec ma famille d’essayer en France et je suis entré à l’Afasec de Cabriès. Tout s’est bien enchaîné, je me suis adapté sans problème à la vie française et j’ai trouvé un super maître d’apprentissage avec Michel Planard. Enfin, j’ai pris ma licence d’apprenti. J’ai débuté le 12 janvier 2016 à Pont-de-Vivaux et j’ai remporté ma première victoire lors de ma septième monte, en mars à Toulouse, en selle sur Cesaro, un pensionnaire de Michel Planard. »

 

Les bons conseils de Michel Planard. Le garçon a remporté 17 victoires sur 220 montes en 2016, « ainsi que 80 places, et cette année je suis à deux gagnants pour seize montes », rajoute-t-il avec précision. Antonio Orani a les idées bien claires sur son futur : « Michel Planard m’a tout appris, il a construit les fondations de ma carrière. Maintenant, c’est à moi de bâtir le premier étage et ensuite d’arriver au toit. Michel a une petite écurie, une douzaine de chevaux. C’est l’endroit idéal pour commencer et il m’a conseillé de chercher une autre écurie, plus importante, pour monter plus souvent. J’ai tapé à la porte de Monsieur Jean-Claude Seroul et de son entraîneur Frédéric Rossi. Ils voulaient un apprenti, derrière leur premier jockey Nicolas Perret. Et voilà, affare fatto, je commencerai en avril à travailler pour eux. »

 

Paris peut attendre. Antonio Orani veut prendre son temps : il n’est pas question de monter les marches deux par deux : « J’ai encore beaucoup de choses à apprendre. J’ai eu quelques contacts pour m’installer à Paris, mais ce n’est pas encore le bon moment. Il faut que je fasse mes classes dans le Sud-Est, où j’aime bien la façon de vivre et les courses, et que je m’améliore. Longchamp, Chantilly et les grandes courses sont dans les rêves de tous les apprentis, mais avant tout, il faut que je devienne un vrai jockey. »