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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le mot de la fin : Encourageant

Autres informations / 22.03.2017

Le mot de la fin : Encourageant

En septembre 2007, le Premier ministre de la République française* lâchait cette petite bombe : « Je suis à la tête d’un État qui est en situation de faillite. » Il avait raison et c’est encore plus vrai aujourd’hui (si tant est que l’on puisse être plus en faillite qu’en faillite !). Mais comme c’est l’État, et qu’il jouit d’un certain nombre de passe-droits, son état de faillite ne l’a pas empêché de continuer à recruter et de continuer à s’endetter.

Parfois, en d’autres temps, les sociétés de courses en ont agi plus ou moins à l'identique. Mais c’est heureusement terminé. Tout de même, nous irons – autant par tradition que par superstition – pleurer quelques euros dans le giron de l’État. Et ce, même si nous savons bien que ledit-État ne les a pas… ce qui ne veut pas dire qu’il ne nous les donnera pas, puisqu’il a l’habitude de distribuer des deniers absents de ses caisses. Et ce, surtout, même si nous savons que ce n’est pas une incertaine obole ministérielle (allô, la T.V.A. ?) ou un encore plus incertain courage politique (allô, la régulation des jeux ?) qui sauvera notre filière.

Pour éviter de taper le mur à la fin de 2018, France Galop a donc sagement choisi de faire une cure d’amaigrissement, qui passera par un certain nombre d’économies – y compris en écornant la surface de ce magma que l’on appelle les encouragements. Depuis hier, JDG vous en a dit un peu plus sur la méthode : Olivier Delloye et ses équipes ont donné aux administrateurs des chiffres précis ; ces mêmes administrateurs qui (la nature est bien faite) représentent toutes les plus grandes associations socioprofessionnelles vont consulter leurs élus et revenir avec des arbitrages ; et le Conseil d’administration tranchera collégialement. C’est, de A à Z, la bonne méthode : partir d’éléments concrets et vérifiés ; associer des hommes légitimes à la décision ; demander à ces mêmes hommes de pondérer la seule logique chiffrée ; placer ces élus devant leurs responsabilités ; et les aider à faire preuve de courage dans la décision. Voilà qui est encourageant, ce qui tombe bien quand on parle d’encouragements.

Nous l’avons déjà dit plusieurs fois dans ces colonnes : la France hippique est une petite France ; elle a la possibilité, la chance et le devoir d’être mieux gouvernée que la grande.

* Il s’appelait François Fillon, mais cela importe peu. Dire que l’État est en faillite sera toujours plus productif que le trop fréquent « Dormez, braves gens ! »