EN RÉGION - Les ambitions de La Teste au cœur d’un Sud-Ouest qui se réinvente

Institution / Ventes / 15.03.2017

EN RÉGION - Les ambitions de La Teste au cœur d’un Sud-Ouest qui se réinvente

 

Le 24 mars, l’hippodrome du Béquet va pour la première fois accueillir une étape du Défi du Galop. Jean-Marie Plassan est le président de la Société des courses de La Teste-de-Buch depuis dix ans. Il nous a expliqué l’importance de cet événement pour cet hippodrome qui est au cœur de nombreux projets.

 

Jour de Galop. – Que représente l’arrivée du Défi du Galop ?

Jean-Marie Plassan. – C’est une belle récompense pour l’ensemble des personnes impliquées dans la vie des courses locales et en particulier l’équipe des pistes qui fait un excellent travail. Nous le recevons comme une forme d’encouragement.

C’est un événement majeur, avec le Quinté Plus et les deux Listeds. Avoir une belle épreuve dès la première réunion de courses, c’est une excellente entrée en matière pour la saison 2017. Nous remercions d’ailleurs l’Hyper U de Gujan Mestras qui, en plus d’être partenaire à l’année sur notre hippodrome, va sponsoriser la course du Défi du Galop avec le Prix Hyperu-gujanmestras.com.

Nous avons beaucoup travaillé à sa médiatisation et nous espérons que le public et les partants seront de la partie. Nous proposerons des visites gratuites des coulisses des courses. Lors de cette journée, une dégustation d’huîtres sera offerte à tous, grâce au syndicat de conchyliculture du bassin d’Arcachon. Elle sera accompagnée par le vin blanc des producteurs du syndicat viticole de l'Entre deux Mers. Les jeunes entrepreneurs du bassin vont organiser une dégustation de mets produits localement. Les élus locaux ont répondu présent. Yves Foulon, maire d’Arcachon et député de la Gironde, Marie-Hélène des Esgaulx, sénatrice maire de Gujan-Mestras et Jean-Jacques Éroles, maire de La Teste-de-Buch et conseiller départemental seront-là pour le déjeuner.

L’étape que vous allez accueillir était initialement prévue à Pise. Cette épreuve va-t-elle rester à La Teste ?

Les courses italiennes ont beaucoup de problèmes et la Société des courses de Pise n’a pas pu assurer l’organisation. Le président du Défi du Galop, François Forcioli-Conti, et son Conseil d’administration nous ont donc proposé de récupérer cette course, avec l’aval de France Galop. Nous en sommes très fiers et nous allons tout mettre en œuvre pour que cela se passe bien. Nous espérons que cette épreuve restera à La Teste-de-Buch à l’avenir. Les entraîneurs et les propriétaires savent qu’ils seront bien reçus.

L’importance des régions a considérablement évolué depuis deux décennies. Quel regard portez-vous sur ces changements ?

Je pense qu’il faut soutenir au maximum les courses de province, que ce soit dans l’Ouest, dans le Sud-Ouest ou ailleurs. Les passionnés du sport hippique, les éleveurs, la masse des propriétaires, ne sont pas à Paris. Ils sont en région. C’est cette population qu’il faut aider car c’est là qu’est le potentiel. Le public à conquérir est dans les régions. J’ai du mal à croire qu’on puisse faire revenir les Parisiens sur les hippodromes. Je pense que c’est la décentralisation, en aidant le sport hippique partout en France, qui a sauvé les courses. Il faut saluer cette action du président Lagardère. Mais il faut continuer et aller au bout des choses en déplaçant en province des épreuves qui sont organisées dans l’indifférence générale à Paris. En renforçant les champs de course des régions, on les aide à attirer du public, à amplifier leur impact local. C’est une grosse erreur que de supprimer des hippodromes de province, aussi petits soient-ils, car cela revient à tailler le cœur des courses françaises. Si on veut réduire le nombre de champs de course, c’est à Paris qu’il faut commencer.

Quels sont les projets en cours pour la Société des courses du bassin d’Arcachon ?

Nous continuons à investir. Nous allons créer une piste d’entraînement au cœur de l’hippodrome. Dès le mois de juin, une série de chantiers vont débuter : des logements pour les apprentis, un foyer Afasec et une mini-crèche pour les employés du centre d’entraînement. Ces infrastructures seront inaugurées en 2018. Le centre d’entraînement de La Teste-de-Buch est passé de 180 à 500 chevaux en quelques années. Nous avons beaucoup travaillé et France Galop nous a bien aidés. Cela nous a permis d’attirer de nouveaux professionnels, qui sont au top aujourd’hui en France. Ces derniers apportent de la crédibilité à l’ensemble de la filière locale. C’est un tout.

Le bassin d’Arcachon est à la mode. Comment attirer vers les courses les nouveaux résidents et touristes qui gravitent autour de cette zone ?

Le bassin d’Arcachon a beaucoup évolué, tout particulièrement au niveau touristique et économique. À proximité de l’hippodrome, la zone d’activité rassemble plus de 2.000 emplois. Il y a donc toute une population qui afflue. Ces gens, il faut aller les chercher pour les faire venir aux courses. Tous les mercredis, en partenariat avec le syndicat d’initiative, nous organisons des visites du centre d’entraînement et de l’hippodrome. C’est une grande découverte pour la majorité. Beaucoup ignorent que les courses sont ouvertes au public. Nous leur donnons ensuite rendez-vous pour la prochaine réunion. Ce travail de communication est efficace car nous avons enregistré de très bons chiffres, en termes de jeu, sur l’hippodrome. Nous essayons, avec le PMU, d’apprendre à jouer à ceux qui viennent. C’est très important car le jeu est devenu très complexe. Certaines combinaisons sont difficiles à comprendre. C’est encore plus dur à appréhender pour les personnes qui ont la soixantaine et qui n’ont pas grandi avec les technologies. Or cette génération doit être choyée car ils ont un pouvoir d’achat important. Pour le 24 mars, nous avons invité les associations de retraités sportifs  après avoir organisé des visites tout au long de l’hiver.

Avec les ventes Osarus et le Grand Show de l’Anglo-Arabe, La Teste a renforcé sa présence dans les médias hippiques. Quelle est l’importance de cette diversification ?

Il est important de diversifier les activités qui sont organisées sur les hippodromes en général. En 2017, La Teste accueille trois ventes de l’agence Osarus. C’est important car cela développe notre image. Le Grand show de l’anglo-arabe nous a rejoints depuis plusieurs années. À La Teste, on aime les anglos. C’est une filière de passionnés avec des éleveurs et des propriétaires qui font vivre le tissu des courses régionales. Nous avons de très bons rapports avec eux car nous défendons la même cause, celle des passionnés du sport hippique.

La grande salle de l’hippodrome est régulièrement louée pour des activités extra-hippiques, comme des mariages ou des séminaires. Cela fonctionne assez bien. Elle va par exemple bientôt accueillir l’Assemblée générale des vétérinaires de France. Le restaurant est ouvert tous les midis, ce qui est un autre atout. Cette fréquentation nous permet de recruter des partenaires qui veulent avoir un panneau publicitaire sur le champ de course. C’est à la fois une manière de faire connaître l’hippodrome et de diversifier nos sources de revenus.