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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE - « Vivre ensemble » plutôt que « mourir ensemble »

Institution / Ventes / 02.03.2017

TRIBUNE LIBRE - « Vivre ensemble » plutôt que « mourir ensemble »

 

Par Bernard Le Gentil

Ancien président des Steeples et fondateur de France Galop, mais aussi grand éleveur-propriétaire en obstacle, Bernard Le Gentil a choisi JDG pour réagir aux événements de mardi à Auteuil.

« J’ai mal vécu les événements désastreux survenus mardi dernier à Auteuil. Je ne suis pas le seul, comme le prouvent les interventions de professionnels qui m’ont demandé de briser, pour une fois, le silence de ma retraite.

Je le fais exceptionnellement et en toute indépendance, sans avoir contacté quelque partie que ce soit et sachant, comme ancien dirigeant, combien il est délicat pour tous de gérer de telles situations.

Il ne m’appartient pas de juger le fond du dossier ; je n’en ai d’ailleurs pas les éléments. Mais la forme est un exemple des dérives de notre démocratie, qui parle toujours du "vivre ensemble" et ne respecte pas les règles qui permettent de le faire. Ainsi le droit de grève doit être respecté, mais où est le texte qui autorise de faire obstruction, par la force, au travail du voisin ?

Empêcher une journée de courses est un acte aux conséquences économiques et psychologiques graves.

J’ai bon souvenir des rapports que j’ai eus autrefois avec les responsables syndicaux. Nous arrivions toujours à un accord qui évitait la politique du pire. Évitons-là aujourd’hui aussi, car la violence appelle toujours la violence. Actuellement, dans notre pays, les tensions sont très fortes et les courses sont une petite France.

À part quelques établissements de prestige, notre élevage est resté une activité paysanne et les gens de la terre souffrent beaucoup : la viande, le lait, les volailles et le blé sont déficitaires.

Chez les entraîneurs, beaucoup n’arrivent pas à honorer la MSA. Les propriétaires structurellement déficitaires ne peuvent se permettre de perdre des allocations. Tous ces acteurs de base pourraient eux aussi, et à bon droit, venir occuper le rond d’Auteuil pour faire valoir leur droit au travail.

Mieux vaudrait, pour ceux qui viendront dimanche à Auteuil, qu’ils assistent à une belle journée de sport, dans le respect mutuel de tous les acteurs ; preuve que le bon sens aura repris ses droits... au moins dans le monde des courses. Si ce n’était pas le cas, le "vivre ensemble" deviendrait un "mourir ensemble". »