LE SPORT PAR LE TEMPS - Qu’a-t-on appris sur les prochaines Abu Dhabi Poules d’Essai ?

Courses / 24.04.2017

LE SPORT PAR LE TEMPS - Qu’a-t-on appris sur les prochaines Abu Dhabi Poules d’Essai ?

LE SPORT PAR LE TEMPS

Qu’a-t-on appris sur les prochaines Abu Dhabi Poules d’Essai ?

Au cours des deux dernières semaines, quatre préparatoires pour les Abu Dhabi Poules d’Essai des Poulains et des Pouliches (Grs1, les 13 et 14 mai, sur la ligne droite de Deauville) se sont disputées : les Prix Imprudence et Djebel (Grs3), à Maisons-Laffitte, et les Prix de la Grotte et de Fontainebleau (Grs3) à Chantilly. Les deux courses pour les pouliches ont été caractérisées par un train très lent, alors que les deux courses pour les poulains ont été âprement disputées.

Via Ravenna, dans une course sans train. Maisons-Laffitte a la particularité de ne pas délivrer de temps partiels. Les courses en ligne droite se disputent de surcroît côté tribunes, donc sans les repères habituels pour marquer les distances. La seule possibilité à notre disposition pour évaluer les chronos est de se baser sur la Girafe, située d’après Google Earth à 350m du poteau d’arrivée… Encore faut-il que le cadrage vidéo le permette !

Via Ravenna (Raven’s Pass) avait gagné pour ses débuts, dans un maiden, à Chantilly, disputé sur les 1.600m de la P.S.F., dans le temps relativement modeste de 1’41’’01. Mais elle avait dévoilé une accélération intéressante et n’avait pas semblé puiser dans ses réserves. À Maisons-Laffitte, le Prix Imprudence s’est disputé à un train de sénateur, sous l’impulsion de Thaïs (Rio de la Plata). Via Ravenna a patienté parmi les dernières, avant de placer une très bonne accélération à la Girafe, l’emportant d’une longueur dans le temps de 1’25’’80. Ce temps brut est lent en bon terrain, mais son accélération est tranchante : elle a parcouru les 350 derniers mètres en 18’’70, ce qui, en extrapolant, donne 21’’50 sur les 400 derniers mètres, soit un partiel excellent. Dans l’Abu Dhabi Poule d’Essai des Pouliches, elle devra répondre à la question : « Que peut-elle faire dans une course plus rythmée ? »

Al Wukair, un scenario inédit. Les mâles avaient rendez-vous dans le Prix Djebel, qui avait notamment attiré le lauréat du Qatar Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1) National Defense (Invincible Spirit). Al Wukair (Dream Ahead) s’est imposé à l’issue d’un scenario inédit. Le train a été soutenu sous l’impulsion du leader, Oriental, flanqué de National Defense. Sorti lentement de sa stalle, Al Wukair a subi le rythme de la course jusqu’à 400m de l’arrivée. À ce moment de la course, il était encore dans une position inquiétante. Il est passé à l’offensive à 300m de l’arrivée et s’est finalement imposé dans l’excellent temps brut de 1’23’’01, échouant à un centième de seconde du record détenu par Le Havre en 2009. Il a couvert les 350 derniers mètres en 20’’10, soit une accélération qui reste correcte étant donné la vitesse de la course. Et surtout, il a continué d’accélérer dans le dernier quart de la course.

Ce poulain est désormais invaincu en trois sorties et devrait apprécier le passage de 1.400 à 1.600m. Il est prévu dans les 2.000 Guinées et y occupe d’ailleurs la position de deuxième favori derrière Churchill. Il aura une très belle carte à y jouer.

Nom                       Tps brut           L350m        Acc. %        Écart/ tps brut               Écart/ accél.

AL WUKAIR              83,03               20,1            103,27        0                                    + 9,5 longueurs

VIA RAVENNA         85,8                 18,7            114,71        + 17 longueurs                 0

 

Senga ne tombe pas dans le piège. Pour la deuxième année consécutive, les Prix de la Grotte et de Fontainebleau se disputaient à Chantilly, sur le parcours des 1.600m de la piste ronde, un parcours relativement peu usité et dont le record a été établi en 1981 en 1’34’’30. Sur une période plus récente, Forthe Millionkiss (Dashing Blade) avait réalisé un temps de 1’36’’20 dans une course à conditions, et alors qu’il était tout de même en valeur 46.

Senga (Blame), très bonne quatrième du Total Prix Marcel Boussac (Gr1) à 2ans, effectuait une rentrée très attendue dans la Grotte. Une fois de plus, en l’absence de leader, la course s’est disputée à un train modéré sous l’impulsion de La Sardane (Kingsalsa). Les 1.200 premiers mètres ont été couverts en 1’17’’80. Senga s’est toujours tenue à deux longueurs des leaders. Dans une course où la sélection n’avait pas été faite pour aborder la ligne droite, elle a dû s’employer dans les 400 derniers mètres pour produire son accélération. Elle l’emporte d’une longueur, en 1’40’’30. Ce temps brut est modeste, et en guise de comparaison, Volta (Siyouni) avait gagné le Prix Volterra (L) en mai 2016 en 1’37’’45. Mais les deux phases d’accélération de la pouliche (34’’20 dans les 600 derniers mètres et 22’’20 dans les 400 derniers mètres) sont rassurantes. Là aussi, la Poule d’Essai sera le verdict.

Brametot, la classe à l’état brut. L’éclair de classe de cette journée est venu de Brametot (Rajsaman), gagnant du Prix de Fontainebleau. Le poulain était déjà titulaire de trois victoires en quatre sorties à 2ans, dont une dans le Grand Critérium de Bordeaux (L) où il avait pris la succession d’un certain Almanzor (Wootton Bassett). Lui aussi effectuait sa rentrée et il a causé l’une des meilleures impressions visuelles chez les poulains de 3ans de ce début d’année 2017.

Il est sorti en dernière position de sa stalle de départ dans une course très rythmée, et a galopé à six longueurs du groupe de tête. Les 1.000 premiers mètres ont été couverts dans l’excellent temps de 1’00’’17. C’est à partir de ce moment que le fils de Rajsaman a entamé sa progression. Au poteau des 1.200m (franchis en 1’12’’06), il s’était déjà nettement rapproché et a pris l’avantage dans les 200 derniers mètres. Il s’impose nettement de deux longueurs et demie, dans l’excellent temps de 1’35’’16. Il s’agit du meilleur temps brut réalisé sur cette piste depuis 1999.

Dans ces conditions de vitesse, sa phase d’accélération sur 600m, en 34’’05,  est excellente. Il franchit les 400 derniers mètres en 22’’80, passant la ligne d’arrivée relâché.

Ayant besoin d’une course rythmée et d’un parcours fluide, Brametot aura une très bonne carte à jouer dans l’Abu Dhabi Poule d’Essai des Poulains si ces conditions sont réunies.

Les ordres seront certainement : « Monte-le comme Zenyatta ! »

 

Nom                    Tps brut                  L600                    Acc. %          Écart/ tps nrut                      Écart/ accél.

SENGA                 100,3                      34,2                     113               + 32 longueurs                     0

BRAMETOT         95,18                      34,1                     104               0                                           0