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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le suivi du foyer de rhinopneumonie à forme nerveuse de Pau

Autres informations / 14.04.2017

Le suivi du foyer de rhinopneumonie à forme nerveuse de Pau

Le suivi du foyer de rhinopneumonie à forme nerveuse de Pau

Le 14 avril 2017 à 12 h. L’herpès virus équin de type 1 est actuellement circonscrit à un barn. Ce barn, qui renferme 56 mâles, est totalement isolé et une équipe dédiée s’occupe exclusivement de ces chevaux. Un cheval a dû être euthanasié hier à la suite de l’évolution de l’encéphalite qui le touchait. Les trois chevaux atteints de symptômes nerveux à des degrés différents reçoivent des soins constants. Les chevaux qui avaient extériorisé hier de discrets signes nerveux vont beaucoup mieux. La quarantaine de chevaux en bonne santé présents dans ce barn sont seulement autorisés à sortir en forêt, à l’écart de tous les chevaux des autres effectifs.

Les mesures sanitaires prises ont permis d’éviter l’extension de la maladie aux autres barns du même entraîneur. Ces mesures ont été mises en place il y a quinze jours, lors de la découverte du premier cheval fiévreux. Ces barns, dont ceux situés sur le domaine de Sers, à plus de 600m du barn infecté, font aussi l’objet d’une surveillance constante et étroite depuis quinze jours qui permet de s’assurer que les chevaux sont indemnes. L’organisation mise en place, qui est facilitée par le fait que chaque barn a un personnel dédié, a permis de leur conserver un niveau d’entraînement normal.

Les chevaux de ces autres barns sont autorisés à s’entraîner normalement. Leur accès sur un hippodrome pour courir est très encadré : les chevaux doivent appartenir à un barn où aucun cas de fièvre n’a été détecté depuis au moins quinze jours. Ils doivent faire l’objet d’un examen médical avant le départ et être accompagné d’un certificat vétérinaire. L’hippodrome de destination doit leur réserver des boxes à l’écart et les faire examiner à l’arrivée par le vétérinaire de service.

Le suivi de la situation est effectué en étroite collaboration avec les services de France Galop.

Les recommandations de France Galop émises le 12 avril restent valables. Le service Contrôles de France Galop est à la disposition des socioprofessionnels qui rencontrent une difficulté sanitaire au +33 149 10 22 22.

 

MIEUX COMPRENDRE L’HERPÈS VIRUS

« Même ceux qui vaccinent sont pénalisés par le fait qu’il n’y a pas assez de chevaux qui le sont dans la population. »

Bénédicte Ferry Abitbol est vétérinaire. Au sein de l’I.F.C.E., elle est la référence pour les questions sanitaires. C’est également une personne qui connaît bien le monde des courses, comme en témoignent les résultats de ses élèves au niveau black type. Elle nous a expliqué le fonctionnement de l’herpès virus équin de type 1 et comment protéger ses chevaux.

 

Jour de Galop. – Comment ce virus peut-il venir à bout de chevaux en bonne santé ?

Bénédicte Ferry Abitbol. – Dans ce cas précis, le problème a été traité en amont et avec beaucoup de sérieux. Mais même en faisant comme cela, on ne peut pas éviter les catastrophes. C’est une structure bien tenue et sérieuse. Les précautions prises ont certainement limité les conséquences.

La particularité de l’herpès virus c’est sa latence. Il reste dans l’organisme de manière non visible et, à l’occasion d’un stress ou d’une fatigue, il réapparaît. Les chevaux qui sont à l’entraînement sont jeunes. Dans toute maladie, on assiste à une lutte entre le virus et les anticorps. Chaque individu est différent dans sa capacité à faire face. Certains ont des symptômes très légers et d’autres plus importants. La vaccination existe et elle est efficace. C’est la seule action qui peut aider à minimiser les conséquences du virus. Mais pour qu’elle fonctionne, il faut que 80 % de la population soit vaccinée. C’est-à-dire que même les gens qui vaccinent leurs chevaux sont pénalisés par le fait qu’il n’y a pas assez de sujets qui le sont dans la population. Le virus circule car la population est mal protégée. Malheureusement, il y a eu des périodes de rupture de stock ces dernières années et l’ensemble du monde du cheval n’a pas fait preuve d’un sérieux irréprochable. Néanmoins, les galopeurs, dans leur ensemble, sont le plus souvent bien suivis. Cette année, si on fait le bilan des événements liés aux herpès virus de type HVE 1 et HVE 4, des avortements jusqu’aux problèmes qui touchent les animaux de compétition, on va certainement constater une augmentation. Et c’est lié au défaut de vaccination au sein de la population, qui est souvent une conséquence des ruptures de stocks. Les entraîneurs de galopeurs ont conscience de l’importance de la vaccination. Ils travaillent correctement. Mais nous sommes dans un contexte défavorable. Par le passé, il y a déjà eu des cas à Chantilly. Un cheval très bien vacciné sera moins gravement affecté que celui qui ne l’est pas, mais surtout on aura moins de diffusion du virus.

 

Que peut-on faire pour se prémunir contre ce virus ?

Les mesures de quarantaine et de surveillance très rapprochée des chevaux sont importantes et efficaces. Il faut suivre les températures pour repérer le plus rapidement possible ceux qui ont une baisse d’immunité. Les pratiques dans les écuries sont également très importantes. Le matériel et le personnel sont des vecteurs du virus. Dans cette situation, même pour les chevaux qui ne sont pas affectés ou qui ne sont pas sur place, il faut aussi vacciner. Cela permet de protéger son effectif et ceux des autres en limitant la propagation dans la population. Il faut aussi respecter les rappels et le protocole de vaccination.

 

Le taux de mortalité est-il élevé chez les sujets infectés ?

Le problème vient du fait que c’est une maladie neurologique. Si vous avez un petit chien qui a un problème comparable, vous allez lui fabriquer un petit berceau et le suspendre. C’est beaucoup plus difficile pour un jeune cheval de 500 kg. Il est difficile d’agir lorsqu’il reste couché, qu’il commence à se débattre ou à tomber. Et ce d’autant plus qu’il y a des conséquences au niveau du transit intestinal et de l’organisme en général. C’est aussi cela qui conduit à l’euthanasie. La gestion des pathologies nerveuses chez le cheval est très lourde. Le taux de mortalité est variable et lié au degré de pathogénicité du virus. Certaines souches sont plus pathogènes et tous les animaux ne sont pas à armes égales. Dans le cas d’un phénomène viral, les antibiotiques ne servent à rien. Chez le cheval, pour les antiviraux, nous ne disposons pas encore du produit miracle. On essaye donc de gagner du temps pour que le système immunitaire du cheval puisse venir à bout du virus, mais il ne faut pas que l’animal se blesse par ailleurs ou que les symptômes neurologiques soient trop graves.

 

Pour aller plus loin. L’I.F.C.E. a créé une encyclopédie du cheval en ligne : equipaedia. Pour consulter la fiche qui concerne la rhinopneumonie et les herpès virus, cliquer ici :

Lien à insérer : http://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/maladies/maladies-infectieuses/rhinopneumonie-hve-1-hve-4.html

Le R.E.S.P.E. (réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine européen) publie régulièrement sur son site des alertes lorsque des cas sont détectés en France. Pour y accéder, cliquer ici.

Lien à insérer : http://www.respe.net/alertestoutes?page=2