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Jour de Galop

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LE MOT DE LA FIN - Suicide

Autres informations / 15.04.2017

LE MOT DE LA FIN - Suicide

LE MOT DE LA FIN

Suicide

L’hippodrome de San Siro a battu un record samedi. La réunion n’a compté que… trois courses. Les Commissaires ont en effet annulé vendredi soir les autres épreuves à la suite d’une grève des salariés de l’hippodrome. La réunion de ce dimanche se déroulera aussi sur trois courses. Les employés protestent contre le licenciement de 20 salariés sur 70 et l’externalisation de quelques services. Sans entrer dans le conflit, il faut noter que l’Italie, une fois de plus, a perdu ses repères. La règle numéro 1 de chaque spectacle sportif est de satisfaire le public. Les hippodromes italiens ont accepté de réduire le nombre de courses (six courses au galop, sept courses au trot) pour ne renoncer à aucune réunion. Un vrai coup de génie – ô Ironie ! – car dans les pays où les courses fonctionnent (Japon, Hong Kong, Australie mais aussi États-Unis), c’est exactement l’inverse. Si un néophyte se rend à l’hippodrome et trouve le spectacle barbant, il ne reviendra plus jamais. Mais si notre ami s’amuse, comme nous, il ne reviendra plus jamais parce que, quand il commence à comprendre et apprécier ce qu’on lui propose, le spectacle est déjà terminé.

Une réunion de trois courses n’est pas une réunion : c’est un crime contre la logique. La "faim" est mauvaise conseillère et, en Italie, la crise a fait perdre la raison à tous. Les professionnels acceptent de courir à San Siro pour une allocation au gagnant de 2.125 €. Sur d’autres hippodromes on court pour la moitié. On se partage les miettes plutôt que réduire le nombre total de courses de la saison et d’offrir des programmes plus séduisants. C’est un lent suicide.