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Emmanuel de Rohan-Chabot : « ZEturf peut apporter plus à la filière »

Institution / Ventes / 22.04.2017

Emmanuel de Rohan-Chabot : « ZEturf peut apporter plus à la filière »

Il dit lui-même qu’il est moins teigneux… mais son verbe reste piquant. Et c’est ce qui fait tout le charme du fondateur de ZEturf, qui livre sa première grande interview à Jour de Galop.

 

Jour de Galop. – Le live betting dans le réseau en dur de la FDJ a occupé le devant de l’actualité récemment. Ce type de paris pourrait-il tuer les courses selon vous ?

Emmanuel de Rohan-Chabot. – Non. Je ne crois même pas que ce pari soit, dans l’immédiat, le vrai problème. C’est la présence de l’image des courses dans le réseau qui risque de souffrir. Typiquement : vous avez un Quinté à Vincennes le vendredi soir et un match de Foot de Ligue 1 en même temps. Vous avez un point de vente commun entre la FDJ et le PMU, et il n’y a qu’une télévision. C’est là où il y a un problème : qu’est-ce que le buraliste a intérêt à mettre à la télévision, lui qui touche 5 % de la FDJ et 2 % et quelques du PMU ? Equidia ou BeIn Sport ? Là, il y a un vrai gros problème.

 

L’Etat est-il indifférent aux problèmes de la filière ?

Il y a des années que ce pays n’est plus gouverné par des élus proches de la filière. L’Etat a tort de ne pas s’en préoccuper, mais je ne suis pas certain que la filière fasse passer son message correctement. Je peux vous dire que, à Bercy, la visite de Dominique de Bellaigue ne les réjouit pas du toujours ! Il arrive et il ne mâche pas ses mots pour se faire entendre… Je pense que des gens comme Edouard de Rothschild ou Olivier Delloye font passer les messages de manière plus soft.

 

Le retrait du test voulu par la FDJ est-il une victoire ?

Les manifestants ont obtenu ce qu’ils voulaient. Mais c’est une victoire à la Pyrrhus : on n’arrêtera pas le progrès. Je sais que c’est un lieu commun de dire cela mais les choses avancent. On peut regretter Internet, le pari sportif, le live betting… On peut regretter tout ce qu’on veut, cela s’imposera un jour. Aujourd’hui, il y a des taxis dans Paris et il n’y a plus de fiacres. Et il n’y a même presque plus de taxis : il y a des Uber, parce que cela fonctionne mieux et plus vite.

 

Le monde tourne-t-il trop vite pour les courses ?

Le monde tourne trop vite pour tout le monde. Pour moi aussi. Il tourne sûrement trop vite pour une filière qui repose sur l’élevage : vous ne créez pas un cheval en dix minutes ! Et les acteurs de la filière ont raison aussi de résister à un certain nombre de progrès techniques comme l’insémination, le clonage… Mais l’erreur, ce serait d’appliquer des raisonnements agricoles au pari.

 

Que va devenir le pari à très court terme selon vous ?

Le pari est aujourd’hui quelque chose d’électronique et il va le devenir de plus en plus. Il doit aller de plus en plus vite. Si on n’accepte pas de livrer les produits adaptés à une génération qui a une consommation rapide et parcellaire, elle ira les trouver ailleurs. Regardez comment le poker survit : ce qui marche, ce sont les « espressos », des tournois de poker qui durent deux minutes. Chez nous, par exemple, il faut en finir avec ces enquêtes qui durent des heures et faire comme les Anglais : payer les parieurs au passage du poteau. Sur la moitié des hippodromes du monde, on paye dès l’arrivée provisoire.

 

Vous êtes un grand défenseur du live betting sur les courses. Pourquoi ?

L’idée est une vieille rengaine chez moi : les courses sont, même pour les gens qui ne connaissent pas vraiment les chevaux, un évènement d’une d’extraordinaire densité, rapide. Vous jouez au départ de la course, cela dure trois ou quatre minutes, parfois moins. En face de cela, la FDJ avait le jeu le plus barbant de la Terre : le Loto sportif. Il fallait cocher ses grilles le vendredi soir et si on avait de la chance, le match se terminait le dimanche après-midi et on savait le soir si on avait gagné ou pas. Au fond dans le jeu, il y a un facteur de rapidité très important car il y a un côté adrénaline. Et le shoot d’adrénaline à 2 € sur 72 heures, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est dilué !

 

D’où le développement et l’attrait du live betting sur le sport ?

Depuis sept ans, le pari sportif a connu un développement considérable, porté par le live betting. Depuis 2010, tout le monde fait de la pub pour le pari sportif, et tout cela a contribué à créer la situation actuelle : le plus grand bénéficiaire de cette pub pour le pari sportif online, c’est étrangement la FDJ… qui est en retard online ! Elle fait 2,3 milliards d’euros en paris sportifs en dur.

 

Les courses sont rapides, mais nombreuses et de moins en moins médiatisées. Cela est-il un frein pour le parieur ?

Jouer aux courses est horriblement compliqué. Je regarde le site ZEturf le week-end et je me dis : « Ce n’est pas possible, on vend 70 courses, comment vont-ils s’y retrouver ? » C’est très étrange mais ils s’y retrouvent. Cela part toutes les dix minutes et l’information est complètement cryptée. Il y a la musique des chevaux, mais si vous n’êtes pas tombé dedans étant petit : 1p, 2p, Ah, ou autre… Alors que n’importe quel jeune de vingt ans sait très bien s’il préfère le PSG ou l’OM, connait les probabilités du match parce qu’elles sont affichées, avec un historique clair et parce que les média ne parlent que de cela.

 

En quoi amener une offre de pari supplémentaire via le live betting est-il une solution ?

L’avantage du pari live, c’est qu’on va proposer quelque chose de très excitant et de très facile à appréhender : qui court le plus vite ? Mais il faudra respecter deux fondamentaux : d’abord, on ne prend des paris que sur l’arrivée définitive et ensuite on conserve le modèle du pari mutuel. Techniquement, cela demande un effort de réactualisation très rapide des cotes. Mais nous savons le faire, et si nous le savons, le PMU le sait aussi. Du moins online.

 

Le tracking et le smartphone sont-il l’avenir des courses pour les jeunes ?

Si l’on arrive à donner un outil extraordinairement visuel entre les images et le tracking, extraordinairement facile avec des jeux de petits montants, on peut permettre à des gens plus jeunes de rentrer dans cet univers. Je suis convaincu qu’à partir du moment où on a regardé les courses, touché à cet extraordinaire mélange de compétition, de spectacle et de jeux, il devient vraiment très attractif. Il y a une énorme barrière à l’entrée. Mon idée est de faire une petite porte dans cette barrière pour dire aux gens de venir voir.

 

En France, la situation est particulière. Vous êtes concurrent du PMU mais vous ne pouvez pas exister sans lui !

Nous avons besoin du PMU pour exister car le financement que nous apportons à l’institution est trop marginal pour la faire vivre. Mais le PMU a besoin de ZEturf car, sans nous, on proclamera ouvertement que la loi de 2010 était une farce construite pour maintenir les positions dominantes des monopoles et l’Europe tombera sur la France. C’est clair et net.

 

Comment jugez-vous les dernières innovations « paris » du PMU ?

Le PMU a exploré et explore d’autres types de jeux, que je n’aurais pas choisis, qui sont pour moi des jeux loteries. Mais c’est peut-être lui qui a raison. Je ne suis pas favorable aux sortes de loteries style Numéro +. Ce n’est pas ma vision.

 

Face à la crise actuelle, des voix s’élèvent pour changer le statut du PMU. Bonne ou mauvaise idée ?

Je ne crois pas que ce serait une bonne solution. Nous sommes dans un système qui est globalement performant. Les piliers du système assurent le financement de la filière d’une manière beaucoup plus efficace qu’on ne le fait nulle part ailleurs. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il faut juste accepter qu’un certain nombre de choses évoluent. Mais ceci n’est pas spécifique à l’institution hippique ; notre pays est ainsi.

 

C’est-à-dire ?

Nous refusons les évolutions et en les retardant, nous finissons par créer des révolutions. C’est ce que j’avais dit aux gens de l’institution hippique avant 2010 et cela avait été mal vu : « Vous avez tort de vous accrocher à vos privilèges. Ma famille a fait la même chose et nos têtes ont fini par rouler dans un seau. » Il ne faut pas se cramponner sinon il va arriver cette question de la privatisation du PMU ou d’un passage sous contrôle de la FDJ. L’Etat va dire « J’en ai marre que l’on me fasse les poches et que l’on m’embête lorsque je peux gagner plus d’argent avec la FDJ. Les gens des courses nous embêtent. On va prendre le PMU, le confier à la FDJ et ils vont arrêter de nous embêter. »

 

A vous écouter, le PMU et les sociétés de courses sont responsables de beaucoup de leurs malheurs. La séparation des masses est-elle une conséquence de l’immobilisme en place ?

Si le PMU avait été plus ouvert dès le départ, il n’y aura jamais eu cette histoire de séparation des masses. Le coupable, ce n’est pas Xavier Hürstel, ce n’est pas Philippe Germond. Il y a un certain nombre de vieux collaborateurs du PMU, plus bas dans l’organigramme, pour qui rien n’a changé, et qui bloquent le système. Ce sont eux qui se sont défendus n’importe comment auprès de l’Autorité de la concurrence : ils ont, par exemple, expliqué que la masse ne servait à rien !

 

Quelles sont vos relations avec Xavier Hürstel ?

Nous déjeunons ensemble plusieurs fois par an. C’est très agréable de parler avec lui, il est intelligent. Il n’a pas la possibilité d’être aventureux, mais il est très bien à la place qu’il occupe car cela correspond à ce qu’il doit faire. Je lui en veux pour ZEturf et pour l’ensemble de l’équilibre de tenter de bloquer les expérimentations des autres parce qu’il n’a pas l’envie ou pas la possibilité de les mener de manière immédiate lui-même. Il a tort et je le lui ai dit. De la même manière que je lui ai dit que je n’émettrai aucune objection à ce que le PMU revienne à l’unification des masses. Mieux le PMU se porte, plus je suis content.

 

Déstabiliser le PMU est-il désormais pour vous une opération kamikaze ?

Si j’étais teigneux - et je le suis moins - ce n’est pas la séparation des masses qu’il aurait fallu obtenir. C’est l’éclatement de l’intégration verticale : si l’on veut que le marché fonctionne dans des conditions de concurrence pure et parfaite, il faut séparer les sociétés de courses et le PMU. Mais cela n’est pas souhaitable. Je veux juste qu’on nous écoute et qu’on nous laisse faire les choses à la mesure de ce que nous sommes, c’est-à-dire petits.

 

L’un des leviers de croissance du PMU, c’est l’international. Est-ce une véritable solution ?

Bien sûr. Il ne faut pas oublier que la France est le marché le plus taxé, donc tout pays hors de France est un pays avec une rentabilité supérieure. Les réglementations sont variables mais à partir du moment où on est capable de s’adapter au système Arjel, on est capable de s’adapter à tous les systèmes. C’est une solution pour les courses françaises, qui font partie des trois ou quatre plus grands programmes du monde. Le PMU doit le faire, ZEturf aussi, dans le but de bénéficier à la filière. Mais encore faut-il que cela fonctionne… et ce ne sera pas le cas dans tous les pays où le PMU investit.

 

Et l’augmentation de l’offre pour les parieurs français avec les courses internationales dites exotiques ?

Quand on est en Europe, c’est très bien. Le Chili ou l’Uruguay occupent des tranches horaires où il n’y a rien et il faut toujours avoir quelque chose. Je pense qu’il faut ces courses parce que vous êtes en concurrence avec du sport qui ne s’arrête jamais. Si vous laissez les gens partir de chez vous pour faire autre chose, vous ne savez pas s’ils vont revenir. Je pense même qu’il faudrait tout laisser tourner pendant la nuit !

 

France Galop propose de remplacer des courses étrangères sur certaines tranches horaires par des PMH transformées en Premium…

Si vous voulez transformer des PMH en Premium, si vous voulez qu’elles se déroulent de façon convenable (sans risque d’affaire de jeu), et si vous voulez qu’elles réunissent assez de partants, il faut monter les allocations. Or l’Institution n’en a plus les moyens. Donc mieux vaut récolter de l’argent sur les courses à l’étranger.

 

Y-a-t-il encore de l’espoir pour le pari hippique ?

Le Suédois ATG a vécu une grande crise et, désormais, remarche. Comme Hongkong et comme l’Australie en leurs temps. Mais ces gens ont remis en question leur modèle et mode de fonctionnement. Ils sont beaucoup plus ouverts. Donc il n’y a pas de fatalité : cela a marché et peut remarcher.

 

Vous avez mené de nombreuses bagarres face à l’Institution, ZEturf étant au départ illégal. Quelles sont vos relations avec les sociétés de course désormais ?

Les relations sont beaucoup moins compliquées qu’autrefois. Nous nous parlons alors qu’avant, Dominique de Bellaigue me traitait de voyou par voie de presse et moi je le traitais de rétrograde. Je lui dis désormais en face que je ne suis pas d’accord avec lui. Il y a cependant au Trot des gens plus ouverts que lui. Attention, j’ai beaucoup de respect pour Dominique de Bellaigue, je crois qu’il est d’une grande honnêteté et qu’il a une grande passion pour ce qu’il fait. Et je suis très admiratif de cette bagarre pied à pied pour préserver ce qui existe. Mais je crois que son combat est contre-productif.

Il se trouve, qu’au galop, j’ai plus de vieux amis : je suis lié avec Edouard de Rothschild, je passais ma vie à aller aux courses avec Jean d’Indy. Jean n’est pas un toujours homme de progrès non plus. Mais c’est un vieux copain : même à l’époque conflictuelle, Jean m’appelait en me disant : « Je viens de déposer une plainte pénale contre toi, mais je te promets que si tu vas en prison, je t’apporterai des oranges. »

Mais nous n’arrivons pas à être considérés comme des partenaires. Nous sommes considérés comme une conséquence dommageable d’une évolution législative. Alors que cette évolution est là, qu’elle est un fait. Demain, la FDJ prendra du pari en live dans son réseau : c’est un fait.

 

L’ouverture ne date pas d’hier… Alors pourquoi ce blocage persiste-t-il ?

Edouard de Rothschild a parfaitement réalisé que les gens avaient changé mais il n’a pas envie de se disputer avec Dominique de Bellaigue. Si cela ne bouge pas, cela ira dans le mur. Et le mur n’est pas loin, il est dans un an ! Dominique de Bellaigue dit : « Non, on ne touchera jamais aux allocations. » Je ne sais pas si elles sont trop élevées, mais il y a un moment où, sauf quand on est l’Etat, on met ses dépenses en adéquation avec ses ressources. J’avais un vieil oncle qui disait : « Je ne sais pas ce qu’est un monsieur riche et un monsieur pauvre. Je sais ce qu’est un monsieur qui dépense moins que ses revenus et un monsieur qui dépense plus que ses revenus. Et je sais qu’il y en a un qui dure et un qui ne dure pas. » Point.

 

Comprenez-vous cependant qu’une image négative puisse rester accrochée à ZEturf, étant donné le passif avec les sociétés de courses ?

Nous avons sûrement une image très négative chez les professionnels et chez de nombreuses personnes de la filière. On peut regretter l’avant 2010. Même moi ! Je gagnais beaucoup mieux ma vie à Malte avant 2010, et c’était beaucoup plus rigolo. Nous avions une liberté d’action et une souplesse considérables. Aujourd’hui, quand on construit quelque chose pour le site, il faut construire sa copie exacte pour l’Arjel afin qu’elle puisse contrôler et faire son travail.

 

C’est l’histoire du combat éternel entre l’Institution des courses anglaises et les bookmakers…

En Angleterre, le Levy Board doit représenter 1%. Mais les courses perdurent car beaucoup de gens riches acceptent d’acheter des chevaux très cher sans que cela ne leur rapporte rien et quelques grands propriétaires privés d’hippodromes, comme la Reine, se débrouillent pour que leurs tribunes soient pleines. Allez à Ascot, Goodwood ou Cheltenham, c’est beaucoup plus vivant qu’à Auteuil ou à Vincennes. Et je ne parle pas de Longchamp ! Je n’aimais pas cet hippodrome.

 

Pourquoi ?

A Longchamp, vous aviez ce truc typiquement français : une séparation absolue, avec des barreaux gros comme le bras, entre le commun des mortels et ces messieurs du pesage. Vous et moi, nous sommes du côté de ces messieurs du pesage, nous sommes très bien installés et nous voyons très bien les courses. Mais on a tout de même poussé le public le plus loin possible. On va voir ce que va donner le Nouveau Longchamp de ce côté-là.

 

Parmi les reproches envers ZEturf, il y a le fait que les masses en jeu ne sont pas connues. Le PMU est totalement transparent là-dessus. Pourquoi pas vous ?

Les parieurs n’ont pas accès aux masses jouées parce que les petits opérateurs sont tous chez nous, à l’exception de Paris Turf qui a sorti une partie de ses paris. Mais toutes les masses de paris hors PMU sont gérées chez nous : elles sont donc communiquées tardivement, donc nous aurions des masses en permanence sous calculées. Nous sommes en train de travailler pour pouvoir les afficher.

 

Donc vous ne les cachez pas par "manque de masse" ?

Autrefois, je n’avais pas très envie de les afficher en face de celles du PMU parce que cela ne faisait pas riche. Aujourd’hui, sur tous les paris milieu de gamme, nous sommes à quasi égalité avec le PMU. Sur les simples, il est trois fois plus gros que nous. Sur le Quinté ou le Pick 5, l’équivalent du ZE5, il est aussi plus fort que nous. Mais nous avons plus d’enjeux en trio que le PMU et sur la plupart des jumelés. Au fond, on pourrait donc l’afficher, ce n’est plus un problème commercial aujourd’hui. C’est un problème technique, d’autant plus que certains nous envoient leurs enjeux de combinaisons à la fermeture des paris.

 

Et les rapports probables, par exemple ?

Vous avez une telle concentration des enjeux dans les trois ou quatre dernières minutes que les cotes et les rapports probables n’ont pas tant d’importance, ce sont plus des tendances. Ces calculs demandent beaucoup aux serveurs et nous préférons que les clients jouent plutôt que de les bloquer. Mais il faudra certainement que l’on y vienne pour des raisons de transparence.

 

Vous réfutez donc l’accusation disant que vos rapports sont calqués sur ceux du PMU, étant par ailleurs publiés après eux ?

Avant 2010, on faisait du mutuel assisté, c’est incontestable. On montait les rapports pour être sûrs qu’il y avait la même chose qu’au PMU. Depuis, l’Arjel surveille cela très précisément. Nous n’avons pas le droit d’aligner nos cotes sur le PMU. Nous allons de plus en plus vite pour publier les rapports : c’est une grosse machine de calculs et nous faisons cela avec des moyens sans commune mesure avec le PMU, d’autant plus que certains de nos amis de la masse commune ont l’idée loufoque de faire des mises en centimes. Le nombre de tickets qui arrive est démentiel par rapport aux enjeux.

 

Vous avez fait le choix du pari vertical. Est-ce une autre solution possible ?

Cela fait partie des vieux mythes peut-être, mais on vous dira que l’on ne peut pas faire vivre ensemble sur un marché des paris de rang types Quinté, Multi, etc, et des paris verticaux. Que c’est un choix, que les marchés sont formatés pour faire l’un ou l’autre. Moi, je pense que la culture du PMU a formaté le marché français de façon différente, en allongeant les combinaisons plutôt qu’en prenant des paris verticaux.

 

Considérez-vous que vous avez quelque chose à apporter aux sociétés de courses et donc au PMU ?

J’aimerais juste être considéré comme un partenaire de la filière. Financièrement et mécaniquement, c’est le cas. Nous avons des choses à apporter. Savez-vous que notre clientèle a dix ans de moins que celle du PMU ? Cela veut dire que l’on ne doit pas travailler si mal que cela. Qu’on nous laisse inventer des paris, des choses. Et si on se trompe, il n’y a qu’à nous que cela coûtera de l’argent.