Guarnieri et Aragoni, les Italiens de Gascogne

Courses - International / 25.04.2017

Guarnieri et Aragoni, les Italiens de Gascogne

Maurizio Guarnieri, titulaire de plus de 1.300 victoires en presque 30 ans de carrière d’entraîneur, dont le Premio Roma et le Premio Lydia Tesio (Grs1), et Paolo Aragoni, ex-jockey avec plus de 700 victoires à son palmarès, sont les Italiens de la Gascogne. Les deux hommes sont installés à La Teste-de-Buch.

Un doublé au rythme de Rock. Maurizio Guarnieri a signé son premier doublé français dimanche, à Mont-de-Marsan, avec la 3ans Hurricane Vicky (Sir Prancealot), et à Angoulême, où le 2ans Anima Rock a offert un premier succès à son père, Shamalgan (Footstepsinthesand). Maurizio Guarnieri en est à sa deuxième saison dans l’Hexagone et la première avec une licence française. Il a 24 chevaux à l’entraînement, dont 7 poulains de 2ans, et a gagné 5 courses sur 35 participations depuis début mars. Il explique : « À La Teste, on peut faire du bon travail et j’ai décidé de m’installer dans cette région car il y a beaucoup d’hippodromes  et il est donc plus facile de rentabiliser un cheval. En plus, la mer est proche… Mais le choix est quand même dicté par les chevaux à l’écurie. Si on sort le bon, il n’est pas interdit de monter à Paris… »

De Pise à La Teste. Maurizio Guarnieri n’est pas un gamin, mais changer de pays à 57 ans est plus difficile qu’à 30 ou 40 : « J’ai choqué ma famille l’année dernière. J’avais envoyé quelques chevaux à La Teste et un beau jour j’ai dit : l’année prochaine on déménage ! L’un des mes quatre fils est resté à Pise et vient chez nous de temps en temps, alors que les trois autres ont changé d’école et se sont bien adaptés à leur nouvel environnement, tout comme ma femme et moi. Je pense que quitter Pise pour La Teste, et donc garder la mer proche, a rendu les choses plus faciles. À Paris, cela aurait sans doute été plus dur. »

 

Des espoirs. Une clientèle presque 100 % italienne a suivi l’entraîneur de Sienne, fou de Palio, dans cette aventure : « J’ai gardé les chevaux qui peuvent se montrer compétitifs en France. J’ai des amis et clients italiens mais je ne voudrais pas devenir l’entraîneur des Italiens uniquement, bien au contraire ! L’année dernière, j’ai acheté des yearlings français. Le premier de ce lot est Anima Rock, qui, après une course tranquille lors de ses débuts, s’est imposé sans problème. Il doit monter en Classe 2. J’ai deux autres pouliches de 2ans assez plaisantes, Arvada (Muhtathir) et Formule Secrète (Rajsaman). Cette dernière pourrait débuter en juin. Chez les chevaux d’âge, je pense qu’Endless Summer (Pounced) sera encore compétitive, malgré sa mauvaise course en dernier lieu à Saint-Cloud, et Tamil Nadu (Beat Hollow), qui a bien couru lors de sa rentrée à La Teste, sera au départ du Grand Handicap des Milers, dimanche à Chantilly. Boot Camp (American Post) est un 3ans solide. Il a conclu quatrième dans l'Optional 2 et peut faire une belle saison. »

Le pilote des sprinters. Paolo Aragoni, 100 % Sarde, vient de remporter son premier succès en France avec Bharuch (Footstepsinthesand), qui s’est imposé samedi à Châateaubriant dans le Prix Claude Rouget (D). Tout au long de sa carrière de jockey, il a gagné quatre Groupes en Italie, tous des sprints, et il a aussi monté en Corée du Sud avant d’entamer sa nouvelle carrière d’entraîneur. Il a une licence provisoire de trois mois mais a l’intention de devenir "entraîneur français". Pourquoi ? La réponse est très claire : « J’ai vite compris : en France personne ne fait de cadeau, mais le travail est reconnu. J’ai cinq chevaux, mais une fois que j’aurai la licence française, je pense embaucher du personnel et agrandir l’écurie. D’ailleurs, un propriétaire français voudrait placer des chevaux chez moi. »

Paolo Aragoni a déjà élaboré un programme pour Bharuch : « D’après Cristian Demuro, il peut se démontrer compétitif dans les Listeds, mais je préfère passer par les gros handicaps. Bharuch est un cheval qui aime les courses avec beaucoup de train et, parfois, dans les Listeds, on risque de tomber sur des courses tactiques. Il appartient à mon ancien patron Luigi Riccardi, comme la 3ans Bless You (Shaweel). J’ai travaillé pendant plus de douze ans avec Luigi ; j’ai tout appris chez lui. J’ai deux chevaux de Roberta Piovesan qui est chez moi depuis un peu de temps, et Norbanus (Footstepsinthesand), qui appartient à Massimo Passamonti. »