Jean-Claude Rouget : « Le virus a été foudroyant, mais aujourd’hui les chevaux vont mieux »

Courses / 16.04.2017

Jean-Claude Rouget : « Le virus a été foudroyant, mais aujourd’hui les chevaux vont mieux »

La rhinopneumonie à forme nerveuse a touché un barn des écuries de Jean-Claude Rouget à Pau. Ce barn – qui accueille 57 chevaux, mâles, de 2ans et plus – est totalement isolé et des mesures sanitaires ont été prises pour éviter l’extension de la maladie. L’entraîneur a fait le point avec nous sur la situation de ses écuries.

57 mâles, 25 touchés, 2 morts. « C’est vraiment terrible, le virus a balayé le barn des mâles en trois jours. Aujourd’hui j’ai 55 mâles en vie, sur les 57 qui étaient dans le barn. Le virus en a touché 25, le reste est en quarantaine. Quinze ont eu des problèmes de locomotion, 4 sont encore tangents. Le virus a été foudroyant. Aujourd’hui, tous les chevaux vont à peu près bien. Cela n’a pas touché les autres unités, comme nous avons pu le voir en piste : les chevaux des autres barns courent bien. Cette semaine sera décisive. Avec les chevaux touchés, nous allons y aller doucement, nous n’allons pas chercher à rattraper le temps perdu. Les chevaux ne courront pas avant juin, voire même juillet. Quand ils courront à nouveau, ils n’auront pas une course dure. Nous espérons surtout qu’ils n’aient pas de séquelles. »

Le barn d’Almanzor, Zelzal et Taareef. « Il y a eu des cas de ce virus au mois de janvier en Louisiane [Gun Runner, deuxième de la Dubai World Cup, faisait partie du centre mis en quarantaine et n’avait pas pu courir la Pegasus World Cup, ndlr]. Nous avons tout fait pour sauver les chevaux, malheureusement deux sont morts, Alcoy et Mille Pieds. Jeudi matin, il y avait encore quinze chevaux dans un état bancal ; j’étais au fond du trou. Il s’agit du barn où stationnent Almanzor, Zelzal ou encore Taareef. Les 2ans ont été moins touchés : je n’ai que deux 2ans qui ont été concernés. J’ai 13 chevaux de 3ans et plus qui ont eu des problèmes de locomotion. Tout est inexplicable et nous ne savons pas d’où vient ce virus. En réalité, il ne faut pas que les symptômes durent, sinon c’est fatal. Mais cela dépend de l’immunité du cheval. Le virus s’attaque à la moelle épinière. Les symptômes commencent par une incontinence urinaire et cela va jusqu’à la paralysie de l’arrière-main. Quand le cheval ne peut plus tenir debout, il se couche. S’il fait cela, il ne se relève plus. Raaghib était en très mauvais état mais il est sauvable et remarche, tout comme Mutanaaseb. So Elusive était très tangent cette semaine mais, ce dimanche matin, il allait beaucoup mieux. »

De la prévention sur les hippodromes et une communication ouverte. « Nous étions vraiment au plus mal jeudi, car c’est inexplicable et d’une violence terrible. Le pic de température a eu lieu dimanche soir dernier. Mardi soir, cela allait mieux. Mercredi, 5 étaient touchés par des problèmes de locomotion, jeudi, 15, et vendredi, plus que 5. Le vaccin contre la rhinopneumonie couvre seulement les voies respiratoires et ne fonctionne pas sur la forme que nous affrontons. Nous avons des parcours spéciaux sur les hippodromes. Nous ne prenons aucun risque. L’an dernier, nous avions pris des risques. Il y avait un virus qui a sévi ici à Chantilly mais France Galop n’avait pas jugé cela assez violent pour le communiquer en amont. Nous nous déplacions en pensant qu’il n’y avait aucun risque, mais il y en avait tout de même. Je préfère être franc et communiquer ouvertement sur ce qu'il se passe, ne serait-ce que pour démanteler les éventuelles rumeurs, certains de mes collègues souhaitant que mes chevaux soient interdits de courir. Or, les autres barns ne sont pas touchés et les résultats en piste le prouvent. Dans notre malheur, nous avons tout de même la chance que nos deux autres antennes soient épargnées : cela représente 160 chevaux. Si la semaine prochaine se présente comme ces derniers jours, nous devrions être ok. Nous croisons les doigts. J’espère qu’il n’y aura pas de séquelle ni de rechute. »