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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Un marché très fort lors de la Craven Breeze Up

Institution / Ventes - International / 20.04.2017

Un marché très fort lors de la Craven Breeze Up

Le marché de 2ans clés en main est de plus en plus fort. Le Craven breeze up de Tattersalls a connu une croissance impressionnante cette année. Tout au long des deux sessions, mardi et mercredi, 98 des 124 chevaux proposés à la vente ont trouvé preneur. Le chiffre d’affaires a bondi de 8,641 millions de Gns. Il s’établit à 14,120 millions (+ 63 %) alors que le prix moyen est passé de 110.788 à 144.082 Gns (+ 30 %). Le médian progresse de 77.500 à 110.000 Gns (+ 42 %). La vente proposait 17 lots de plus qu’en 2016. Pourtant, le pourcentage de vendus a augmenté, passant de 73 à 79 %.

En photo : Le lot 141, top price de la vente

Un top price américain. Le top price, à 675.000 Gns, a été acheté par Qatar Racing. C’est un fils de Scat Daddy (Johannesburg) sur la mère du lauréat de Gr3 Great White Eagle (Elusive Quality). Jim McCartan, de Gaybrook Lodge Stud, a réalisé un profit énorme. Il avait acheté le poulain à l’amiable alors qu’il n’avait pas atteint son prix de réserve (65.000 $) lors de la Keeneland September Sale. L’Irlandais a multiplié par douze son investissement, frais de préparation et commission compris.

 

La réussite des étalons français. Deux produits d’étalons stationnés en France ont réalisé le deuxième et troisième prix. Ce mardi, John Ferguson a acheté pour 575.000 Gns (le lot 26) un mâle par Intello (Galileo) qui avait été racheté pour 100.000 Gns il y a six mois. Stephen Hillen et Kevin Ryan – la même équipe que pour The Grey Gatsby (Mastercraftsman) – sont montés jusqu’à 400.000 Gns pour le lot 88, un mâle par Siyouni (Pivotal), élevé par la marquise de Moratalla. Le pinhookers Roger Marley et John Cullinan avaient acheté le poulain pour 65.000 € à la V2 d’Arqana. Le profit est de 600 %.

 

Youmzain, la belle histoire. Stationné au haras du Quesnay, Youmzain (Sinndar) n’a jamais eu droit à tous les honneurs du marché. En quatre années de production, un seul de ses 42 produits vendus avait affiché un prix supérieur à 100.000 Gns. Mercredi soir, le français Déjà (lot 102) a été adjugé pour 350.000 Gns à Kerri Rathcliffe, la femme de l’entraîneur Jeremy Noseda, pour Phoenix Racing, une association qui a aussi des chevaux chez Bob Baffert. Le poulain sera entraîné par Noseda et le rêve est de l’aligner à Royal Ascot dans les Chesham Stakes (L). Déjà, élevé par Laurent et Yannick Dulong, fut vendu pour 62.000 €, foal, chez Arqana, en décembre, par le haras Saint-Isidro.  Sa mère, Atarfe (Anabaa), inédite, est une demi-sœur du très bon Helene Spirit (Footstepsinthesand), placé de Gr3 sous l’identité Arasin, avant de devenir un miler de niveau Gr1 à Hongkong. Atarfa a une yearling par Air Chief Marshall, achetée pour 3.500 € par Fresnay Agricole à Arqana Décembre.

Kendargent (Kendor) était représenté par un mâle qui était passé deux fois sous les feux des enchères. Acquis pour 50.000 Gns lors de la Tattersalls December Foal Sale, il n’avait pas atteint sa réserve de 60.000 € en août, à Deauville. Jeremy Noseda a déboursé 90.000 Gns pour l’avoir.

49 % de profit pour les pinhookers. La comparaison entre les prix payés pour les yearlings (ou foals) et ceux de cette vente est impressionnante. Les pinhookers ont encaissé 10.029.000 Gns pour 69 lots. La somme des prix d’achats est 3.274.420 Gns. Il faut rajouter ensuite les prix des poulains qui n’ont pas trouvé preneur ou qui ne sont pas passés en vente, c’est-à-dire 37 sujets pour 1.734.068 Gns, plus le coût de préparation, des commissions, des frais de transport et des assurances. Si on compte 16.000 £ par cheval, on arrive à un total de 1.700.000 £. Les pinhookers ont donc réalisé un profit global de 3.324.512 Gns pour un investissement de 6.704.000. C’est un écart de 49,5 %.

55 % des 2ans ont généré un profit. Cela peut paraître énorme mais il faut considérer que les Craven sont une vente haut de gamme.  Nous avons aussi calculé le pourcentage de lots qui ont assuré un profit aux pinhookers, en nous concentrant sur les sujets adjugés : 59 sur 106 sont dans le positif, soit 55 %. Aux États-Unis, environ 45 % des 2ans sont rentables. Cerise sur le gâteau : 37 de ces poulains ont plus que doublé leur prix d’achat (frais compris). Les pinhookers vont bien sûr réinvestir à partir du mois d’août à Deauville, ce qui va assurer la santé du marché.