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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Paul-Marie Gadot : « Pas comparable avec l’épidémie de Chantilly l’an dernier »

Courses - Institution / Ventes / 19.04.2017

Paul-Marie Gadot : « Pas comparable avec l’épidémie de Chantilly l’an dernier »

Le docteur Paul-Marie Gadot est le responsable du Département livrets et contrôles de France Galop. Il suit le dossier de l’épidémie de rhinopneumonie pour la société-mère et

s’est récemment rendu sur le centre d’entraînement de Pau.

Jour de Galop. – Quelle est l'origine de cette épidémie ?

Paul-Marie Gadot. – Nous en recherchons l’origine, mais c’est une enquête compliquée. Tous les chevaux de cet entraîneur sont vaccinés contre la rhinopneumonie-herpès et ils avaient reçu un rappel fin décembre 2016. L’infection par l’herpès peut être latente, asymptomatique et la transmission par un porteur sain est possible. Cela complique singulièrement la situation. Compte-tenu de l’évolution dans un seul barn et des modalités de la contagion, nous avons deux hypothèses. La poursuite de l’enquête permettra d’opter pour l’une ou pour l’autre. Par ailleurs, nous avons demandé le typage du virus [analyse de l’ADN du virus pour l’identifier précisément, ndlr] afin de savoir où et quand il a déjà sévi. C’est une analyse un peu longue, mais qui nous fournira des éléments.

Quel protocole a été mis en place à Pau ?

Dès l’apparition d’un cheval fiévreux dans le bâtiment des mâles, tous les chevaux ont été surveillés au niveau de leur température, dans ce barn et dans les autres. Les barns sont séparés les uns des autres et assez distants, ce qui oblige chacun à avoir une équipe dédiée. Les premiers chevaux n’ont montré que de la fièvre et aucun autre symptôme. Des prélèvements ont été faits et le barn infecté a été placé en isolement total quand les premiers symptômes nerveux ont été notés. Les chevaux des autres barns n’ont pas affiché de température anormale.

Est-il important de vacciner ses chevaux en dehors du Sud-Ouest ?

Il est toujours important de vacciner les chevaux contre la rhinopneumonie et de commencer à partir de l’âge de 6mois. Cela évite d’avoir des chevaux malades, ou s’ils le sont, c’est sous une forme atténuée de la maladie. Cela permet aussi de prévenir les avortements et les cas de chevaux porteurs du virus sans symptômes.

Les vaccins actuels sont-ils efficaces ?

Oui, mais ils sont moins actifs contre les formes neuropathogènes que contre les formes respiratoires ou celles donnant des avortements. De plus, la vaccination permet de diminuer la circulation virale dans un effectif.

Quel est le mode de transmission de la maladie ?

Le virus se transmet par contact direct entre les chevaux ou par l’intermédiaire du matériel contaminé. Les personnes peuvent transmettre le virus de façon passive.

Est-il dangereux de faire courir les chevaux de Pau partout en France ?

Seuls les chevaux des barns indemnes ont le droit de courir, selon un protocole vétérinaire strict qui prévoit comme première condition qu’il n’y ait eu aucun cheval fiévreux dans leur barn dans les quinze jours qui précèdent. Les chevaux doivent être examinés avant leur départ par le vétérinaire et doivent être accompagnés d’un certificat médical. Ils sont isolés à l’arrivée par précaution jusqu’à ce que le vétérinaire de l’hippodrome les examine. Ils sont tenus à l’écart sur l’hippodrome jusqu’à leur retour dans leur barn d’origine.

Pourquoi le protocole mis en place à Pau est-il différent de celui usité à Chantilly l’an dernier ?

Il est important de faire une mise au point pour éviter toute incompréhension suite à ce qui a été écrit pour comparer le suivi de l’épizootie de rhinoviroses qui a sévi l’année dernière à Chantilly et celle de rhinopneumonie à forme nerveuse que l’on connaît en ce moment. France Galop a suivi avec beaucoup d’attention l’épizootie de 2016, mais notre intervention a été moins forte car d’une part, les risques sanitaires étaient moins importants et répartis sur plusieurs sites, d’autre part les mesures sanitaires sont moins efficaces dans le contexte ouvert de Chantilly. On peut comparer ces deux situations à ce qui se passe en pathologie humaine : à Chantilly l’année dernière c’était une épidémie d’angine ou de laryngite dans une école ; à Pau, c’est plutôt des cas de méningite contagieuse ! Chacun sait que la prise en charge est différente.