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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

LE CARNET DE L’OBSTACLE - Et si So French et Guillaume Macaire battaient le record de victoires dans le Grand Steeple ?

Courses / 22.05.2017

LE CARNET DE L’OBSTACLE - Et si So French et Guillaume Macaire battaient le record de victoires dans le Grand Steeple ?

 

La semaine écoulée a eu comme point d’orgue le doublé de So French (Poliglote) dans le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1). Mais ce n’est pas la seule chose à retenir car plusieurs jeunes chevaux talentueux se sont révélés.

Un record qui est à leur portée !

Le Grand Steeple-Chase de Paris 2017 a rendu son verdict et il a été limpide. Le champion So French (Poliglote) a réussi un incroyable doublé à seulement 6ans. L’âge auquel il faudrait commencer à courir le Grand Steeple pour certains. Mais combien de chevaux âgés de 5ans auraient pu s’imposer ou prendre une très bonne place dans la course, avant de finalement se blesser sans pouvoir retrouver leurs moyens ? Chez les professionnels, il n’y a plus d’hésitation à courir le Grand Steeple à 5ans. Preuve en est, il y avait trois chevaux de cette classe d’âge à l’arrivée : Perfect Impulse (Poliglote), deuxième, Carriacou (Califet), troisième, et Sainte Turgeon (Turgeon), quatrième. So French s’est, lui, imposé à 5ans et il a conservé son titre cette année. Peut-il battre le record de victoires dans un Grand Steeple ? Oui ! Car il est encore jeune et si tout va bien, il doit lui rester plusieurs années à courir, au moins deux si ce n’est quatre. Il s’économise beaucoup le matin et se préserve pour la course, ce qui devrait lui permettre de durer. Hormis Milord Thomas (Kapgarde), absent dimanche, et une Perfect Impulse qui peut encore progresser, So French n’a pour le moment personne pour mettre en doute sa supériorité. Le représentant de Magalen Bryant peut donc encore gagner deux autres Grands Steeples et battre le record de Mid Dancer, Katko et Hyères III. Cette intime conviction est tout à fait envisageable, en sachant néanmoins qu’il devra affronter de nouveaux venus. Son entraîneur, Guillaume Macaire, n’est plus qu’à un succès du score de Bernard Sécly, recordman des victoires dans la course avec six réalisations. Lui aussi devrait battre ce record. Quant à Magalen Bryant, propriétaire de So French, elle en est à trois succès, plus que trois autres pour égaler Arthur Veil-Picard, recordman des victoires chez les propriétaires. Au vu du travail effectué par ses entraîneurs, mais aussi par David et Richard Powell, c’est réalisable !

Les 5ans attendent en embuscade

Trois 5ans ont donc fait l’arrivée du Grand Steeple, avec Perfect Impulse, Carriacou et Sainte Turgeon. Perfect Impulse est une jument hors norme. Sans une glissade, elle ne compterait qu’une défaite relative sur les gros obstacles, dans le Grand Steeple… Son propriétaire, Richard Corveller, a eu un coup de cœur pour elle aux ventes et il s’est avéré doublement gagnant. La jument est une championne qui peut espérer inquiéter So French dans le Prix La Haye Jousselin (Gr1) si elle le court. Et en plus, comme Richard Corveller nous l’a dit la semaine passée, son pedigree est vivant et d’une grande qualité. Pour un éleveur comme lui, c’est la perfection ! Carriacou est le vainqueur du Prix Maurice Gillois (Gr1) et il se présentait donc en leader de sa promotion. Il a eu un excellent comportement, prouvant qu’il pouvait tenir 6.000m, ce qui générait quelque peu un doute avant le coup. Enfin, Sainte Turgeon ne fait que progresser depuis le printemps de ses 4ans. Ce sera intéressant de la voir à l’automne dans la Haye Jousselin, où l’état du terrain sera certainement plus à sa convenance.

Srelighonn, programmé pour !

En l’absence d’Edward d’Argent (Martaline), Simon Munir et Isaac Souede ont perdu un atout maître pour le Prix Ferdinand Dufaure (Gr1). Mais ils sont tellement bien armés avec leurs 4ans qu’ils ont pu voir leurs intérêts briller grâce à Srelighonn (Martaline), qui était programmé pour une course comme celle-ci. Déjà grand à 3ans et fait en steeple-chaser, il était taillé pour réussir sur les gros obstacles. C’est de sa mère, Eliga (Turgeon), qu’il a hérité son grand modèle. Cette dernière était imposante et douée. Elle avait gagné le Prix André Michel (Gr3). François Nicolle, entraîneur de Srelighonn, a vu sa confiance récompensée car Dalia Grandchamp (Kapgarde) a échoué de peu à la deuxième place. Vivement le Prix Maurice Gillois (Gr1) pour savoir si Edward d’Argent pourra repousser tout ce petit monde, et peut être aussi Dalko Morivière (Balko), qui vaut mieux que sa septième place de dimanche.

Un peu de flou du côté des 3ans

Première Listed (Prix Wild Monarch mis à part) pour les poulains de 3ans, le Prix Stanley (L) n’a pas permis de confirmer le leadership provisoire qu’Ajas (No Risk at All) avait pris. Mais il ne faut pas le condamner car il a fait deux sérieuses fautes dans le parcours. Tunis (Estejo) s’est imposé nettement et on verra s’il peut répéter dans le Prix Aguado (Gr3). C’est un poulain efficace qui ne tire pas. Il peut donc le faire. Mais il y aura de nouveaux venus, comme Cesare di Roma (No Risk at All), et à l’automne, on a déjà hâte de revoir Envoyé Spécial (Vision d’État), le poulain de 3ans qui a laissé la meilleure impression sur les haies au printemps. Côté femelles, on en saura plus après le Prix d’Iéna (L), dans lequel l’impressionnante Whetstone (Saint des Saints) croisera le fer avec Santa Adelia (Smadoun). Et pour plus tard, il ne faut pas oublier Ex Fan des Sixties (Poliglote) qui allait comme une gagnante lorsqu’elle est tombée à la dernière haie dans le Prix du Nivernais. Car oui, on peut gagner à Fontainebleau et être un bon élément !

Ce sera une autre paire de manches dans la Grande Course de Haies !

Le Prix La Barka (Gr2) ne nous a pas appris grand-chose en vue de la Grande Course de Haies d’Auteuil (Gr1), si ce n’est que Device (Poliglote) n’a eu aucun problème pour son premier essai au-delà de 4.300m. Pris de vitesse, il est revenu finir troisième sans avoir une course dure. Blue Dragon (Califet) et lui devraient montrer aux étrangers de quel bois ils se chauffent. Car le lauréat de la Barka, Shaneshill (King’s Theatre), est un bon élément, mais il a surtout été bien monté et revenait en forme au bon moment. Toutefois, il ne s'agit pas d'un crack infaillible, loin de là. Et sur 5.100m, Alex de Larredya XX (Crillon) peut finir beaucoup plus près que samedi. Les étrangers auront donc fort à faire le 11 juin.

De Bon Cœur peut dormir tranquille

À l’image d’un Prix La Barka, le Prix Questarabad (Gr3) ne nous a pas permis de tirer de nombreux enseignements en vue du Prix Alain du Breil (Gr1), si ce n’est que De Bon Cœur (Vision d’État) peut dormir sur ses deux oreilles. D’autant que le jumelé du Gr3 ne sera pas présent le 11 juin. Ce jumelé a été constitué de Prince Ali (Kapgarde), un vainqueur du Prix Finot (L), épreuve dans laquelle Guillaume Macaire débute souvent de bons éléments [c’est dans cette course que So French avait effectué ses premiers pas…, ndlr], et de Candide (Turtle Bowl), deux protégés du professionnel royannais. Prince Ali fait partie d’une génération exceptionnelle de 4ans et devrait confirmer ce succès. De même que Candide, auquel certains ont reproché d’avoir volé le départ. Mais au lâcher des élastiques, si aucun jockey ne se précipite pour aller devant, il n’y rien qui interdit de partir vite pour détendre son partenaire aux premières loges. Ce sont les courses mais, visiblement, certaines personnes ne comprennent pas que ce genre de scénarii peut se produire et que c’est même tout à fait normal dans un sport non aseptisé comme le nôtre…

Les drôles de dames d’Emmanuel Clayeux

Emmanuel Clayeux est un dresseur hors pair. C’est lui qui a façonné les débuts de carrière des champions Défi du Seuil (Voix du Nord) et Apple’s Jade (Saddler Maker). La semaine passée, il a sorti trois 4ans de qualité, à l’image de la propre sœur de la fameuse Apple’s Jade nommée Apple’s Shakira (Saddler Maker). Cette dernière a débuté dans le Prix Colonel Bidault, le 16 mai à Vichy, comme sa sœur quelques années plus tôt, avec une brillante victoire à la clé également. Sa dauphine, Sainte Lovely (Saint des Saints), fille de la championne Net Lovely (Network) et également sa compagne d’entraînement, a débuté de prometteuse façon et devrait également faire une jument de classe. Emmanuel Clayeux est aussi l’entraîneur de Détente (Network), laquelle s’est imposée plaisamment à Vichy, toujours le 16 mai. La pouliche de Michèle Juhen Cyprès est perfectible et très douée. Enfin, il a aussi sellé Mélodie d’Ainay (Poliglote) qui a débuté sa carrière par une victoire dans le Prix de Saint-Giniez à Cagnes-sur-Mer. Sœur de Fleur d’Ainay (Poliglote), lauréate du Prix Ferdinand Dufaure (Gr1), ou encore d’Étoile d’Ainay (Dom Alco), gagnante du Grand Prix de Pau (Gr3), Crystal d’Ainay (Saint Preuil), cheval de Gr1 outre-Manche, et de Flower des Champs (Robin des Champs), vainqueur du Prix Sytaj (Listed à l’époque), elle devrait bien vieillir comme tous les membres de sa famille.

Du Coin de l’Œil, une invaincue prometteuse

Le 14 mai à Dax, l’AQPS Du Coin de l’Œil (Lucarno) est restée invaincue en deux sorties en haies. Elle a pris l’avantage dans le dernier tournant et s’est détachée pour finir. La pouliche de Patrick Joubert et du haras de Saint-Voir a fait sensation et son avenir est à Paris. Dans la capitale, elle pourra accrocher du black type, ce qui sera un plus pour cette nièce du champion Japhet (Perrault), arrivé invaincu sur le Prix Maurice Gillois (Gr1) 2001 qu’il a gagné avant de se classer troisième du Bowl Chase (Gr1) à Aintree.