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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le mot de la fin : Efficacité (Réforme, chapitre 6)

Autres informations / 17.05.2017

Le mot de la fin : Efficacité (Réforme, chapitre 6)

Dans notre précédente édition, nous disions que les primes aux "FR" doivent être défendues car il en va de la compétitivité de toute notre filière, face aux filières d’autres pays européens plus avantagés sur le plan social et fiscal. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas les faire évoluer. Ce qui nécessite, comme sur le reste, une philosophie de réforme, inspirée par la fonction même du dispositif.

À quoi servent les primes ? À encourager l’achat (propriétaire acheteur de chevaux aux ventes ou à l’amiable) et l’exploitation (éleveur-propriétaire… sans oublier les entraîneurs et les jockeys basés en France) de chevaux "FR" ; donc par voie de conséquence, à récompenser ceux qui les produisent, ceux qui les vendent, ceux qui les achètent, ceux qui les gardent pour les exploiter sous leurs couleurs, ceux qui les entraînent et ceux qui les montent. Toute notre filière !

Pour mesurer l’efficacité de la prime aux "FR", il faut donc se rapprocher de l’acte de production, de l’acte d’achat et de l’acte d’exploitation. Tout se joue très tôt : au moment du croisement, dans le choix de la terre (française) pour élever, autour du ring des ventes et dans le choix des premiers engagements. C’est pour cette raison décisive que la prime aux "FR" doit être particulièrement incitative dans les premières années de compétition. Qu’elle décline ensuite ne sera pas un frein. Mais elle a besoin d’être la plus élevée possible au départ.

En conclusion, s’il faut réformer la prime propriétaires, il faut revenir à un système dégressif, dans lequel la prime aux 2ans sera plus élevée que la prime aux 3ans, où la prime aux 3ans sera plus élevée que la prime aux 4ans, etc., jusqu’à, si France Galop en a le courage, la suppression de toute prime propriétaire à partir d’un certain âge. L’erreur de la réforme précédente a été de construire un palier initial trop large, contre nature, avec une prime identique de 2ans à 4ans. Ce choix coûte aujourd’hui une fortune à France Galop, notamment chez les 4ans dont les primes plombent les comptes, et ne s’est pas révélé incitatif, puisque la prime aux 2ans a baissé de 75 % à 64 % et que la prime aux 3ans a quasiment stagné (64 % au lieu de 63 %). Plus on encourage à garder ses chevaux longtemps, moins on encourage à réinvestir !