INTERVIEW - FRANÇOIS ROHAUT

12.05.2017

INTERVIEW - FRANÇOIS ROHAUT

Le mois dernier dans The French Purebred Arabian, vous découvriez les interviews de quelques-uns des meilleurs entraîneurs français en ce début de saison dans l'Hexagone. Nous concluons cette série d'interviews avec François Rohaut, Martial Boisseuil qui nous parle de Frédéric Sanchez, et Éric Dell'Ova.

PAU

François Rohaut a vu son effectif de pur-sang arabes s’étoffer avec l’arrivée de nouvelles casaques, notamment celles de Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, des Écuries Royales d’Oman et d’Al Asayl (pour laquelle il entraînait déjà des pur-sang anglais). Ces nouveaux propriétaires, venant en complément de ses clients de longue date, dont le cheikh Hamdan Al Maktoum, viennent renforcer l'ampleur de  sa force de frappe pour 2017 !

The French Purebred Arabian. – Comment analysez-vous votre saison 2016 ?

François Rohaut. – L’année a très bien commencé avec Handassa (Madjani), à Meydan. En remportant l’Al Maktoum Challenge Round III (Gr. I PA), il a offert un premier succès à l’écurie à Dubaï. Il a ensuite conclu quatrième du Dubai Kahayla Classic (Gr. I PA). C’est un cheval qui a besoin de plus long. Il donne toujours ce qu’il peut, mais sur 2 000 mètres, il est pris de vitesse au début et conclut très fort. Si le Kahayla Classic se disputait sur 2 400 mètres, il pourrait le remporter… Cette année, ce fut bis repetita. Il a gagné la préparatoire et a de nouveau pris la quatrième place de la belle. Parmi les autres victoires marquantes, il y a eu celle de Muraaqib (Munjiz) à Newbury. Il avait été très facilement victorieux dans le Prix de Carthage (Gr. III PA), pour sa rentrée, et a ensuite bien gagné les Shadwell Dubai International Stakes (Gr. I PA) à Newbury, une épreuve que le cheikh Hamdan tient à remporter tous les ans. Il a fini relâché car il n’avait personne pour aller avec lui ! Nous avons ensuite fait le choix de le préserver et de ne pas affronter, à 4 ans, les meilleurs chevaux d’âge à Chantilly. J’ai aussi eu le plaisir de voir les nouvelles casaques de l’écurie briller à de nombreuses reprises. Je pense à celle du cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, mise à l’honneur par Sha’Hir (Amer), un amour de cheval qui sait tout faire, Rawah (Amer) ou Jumuh (Mared Al Sahra), qui ont ainsi bien fait leur travail. Karimah (Munjiz), pour les Écuries Royales d’Oman, a gagné son Groupe II en fin d’année, restant invaincue en deux sorties.

Quels devraient être les programmes de ces fers de lance ?

Handassa vient de revenir à l’entraînement. Je ne pense pas que nous irons cette année en Turquie, en raison des événements dans le pays. Nous pourrions en revanche aller à Newbury  et nous courrons sans doute la Qatar Arabian World Cup. Ce devrait être sa dernière année de compétition avant qu’il n’entre au haras. Il le mérite car c’est un beau et bon cheval. Muraaqib devrait courir la President of the UAE Cup - Coupe d’Europe des Chevaux Arabes (Gr. I PA), le jour des Poules à Deauville [le 14 mai, ndlr]. Il est d’ailleurs déjà sur place pour préparer ce rendez-vous. Sha’Hir devrait lui aussi participer à cette course, où il passera un test face aux meilleurs. Karimah n’était pas assez prête pour faire sa rentrée dans le Qatar Prix de l’Élevage [le 29 avril], mais elle ne devrait pas tarder à faire sa réapparition. Cette pouliche a été longue à mettre au point, mais c’est l’un des grands espoirs de l’écurie, car elle a encore une vraie marge de progression.

Chez les 4 ans, sur qui pouvez-vous également compter ?

Je peux citer un cheval comme Barnamaj (No Risk Al Maury), dont la dernière course, dans la catégorie "cavalières", ne reflète pas la valeur. Ijram est le propre frère du champion Ebraz (Amer). C’est le profil type du cheval qui va très bien vieillir. Il avait débuté comme les chevaux de la maison, gentiment, et a très bien couru ensuite à La Teste. Il est loin d’avoir tout montré et sera sans doute encore plus performant l’an prochain.

Au sein de la jeune génération, quels ont les éléments qui semblent prometteurs ?

Dahess d’Arabie (Dahess), pour la casaque de Nasser Al Romaiti, a bien débuté à Toulouse. C’est un poulain avec un gros potentiel. Jaahez (No Risk Al Maury), un frère d’Handassa, me semble assez précoce et devrait donc bientôt débuter. Rajeh (Jaafer) est plus tardif, mais il montre de belles choses le matin. Elyaah (Munjiz) est un frère de Sir Bani Yas. C’est un très joli cheval, encore très tendre, mais qui se déplace très bien. On peut en espérer de belles choses. Saleh (Munjiz) est aussi un poulain très plaisant, bien fait. Miss du Loup (Dahess) travaille très bien et devrait pouvoir débuter en juin.