Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Richard Corveller : « Je suis encore surpris qu’à l’époque, personne n’ait acheté Perfect Impulse ! »

Courses / 18.05.2017

Richard Corveller : « Je suis encore surpris qu’à l’époque, personne n’ait acheté Perfect Impulse ! »

GRAND STEEPLE J-2

La petite championne Perfect Impulse (Poliglote) partira dans la peau d’une concurrente en vue dans le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), ce dimanche à Auteuil. Elle reste sur deux victoires dans les Prix Troytown et Ingré (Grs3). À 5ans, elle incarne la relève chez les steeple-chasers d’âge. Son propriétaire, Richard Corveller, nous a parlé de sa jument, de sa trajectoire d’éleveur et de ses critères de croisement.

Jour de Galop. – Comment s'est déroulée la préparation de Perfect Impulse ?

Richard Corveller. – La préparation s’est très bien passée. Il n’y a eu aucun souci, aucun contretemps. Tout va bien. Nous attendons dimanche !

Avez-vous toujours su que vous aviez une bonne jument ?

Dire que nous savions qu’elle avait les capacités de courir un Grand Steeple de Paris est un peu prétentieux. Mais nous l’avons toujours estimée. C’est pour cela qu’elle a très peu couru. Son entraîneur, Arnaud Chaillé-Chaillé, et moi-même avions décidé de la ménager énormément. Elle nous avait embêtés au printemps de ses 4ans car elle n’était pas en condition optimale et c’est pour cela que nous avons essayé de lui donner des tâches faciles…

Que représente le fait d'avoir un partant dans le Grand Steeple ?

J’ai déjà eu des partants dans cette course. Le dernier en date a été Dayladam (Cyborg) qui a couru en 2010. Il était issu de mon élevage et a été arrêté.

Avoir un partant dans le Grand Steeple, honnêtement, comme pour tout le monde, cela représente un aboutissement. L’objectif premier est d’essayer d’avoir de bons chevaux. Courir ces épreuves-là, c’est l’objectif final. Mais à la base, le but est de se faire plaisir et d’avoir régulièrement de bons chevaux.

Comment et pourquoi avez-vous acheté Perfect Impulse ?

Je suis d’abord éleveur, donc j’achète très rarement des chevaux. À la vente d’automne Arqana en 2013, j’avais repéré son pedigree. En tant qu’éleveur, je l’ai trouvé exceptionnel. Et depuis que je l’ai acquise, son pedigree ne fait qu’exploser, sa mère et ses sœurs produisant très régulièrement de bons chevaux. Quand je suis rentré dans l’établissement de vente, je n’ai vu qu’elle ! Son modèle m’a tapé dans l’œil. Je suis encore surpris qu’à l’époque, personne ne l’a achetée. Elle avait été retirée par son éleveur. Perfect Impulse possédait tout ce que je recherchais à moyen terme, un bon pedigree et du modèle.

Comment vous êtes-vous lancé dans l’élevage ?

L’initiateur de l’élevage familial a été mon père. Il a acheté une jument il y a vingt-cinq ou trente ans et c’est là que tout a commencé. J’ai amplifié la chose, tout en collaborant avec lui depuis une dizaine d’années. Je suis vétérinaire en Mayenne. Je me consacre à mon métier et à l’élevage en parallèle. J’élève chez moi, en Mayenne, près de Château-Gontier. Mon objectif est d’avoir trois à quatre poulains par an, donc je possède cinq à six poulinières.

Vous élevez aussi en plat et au trot. Pourquoi ?

Tout ce que je fais, c’est avec des amis. J’élève au trot car j’ai beaucoup d’amis dans le monde du trot et j’ai une à deux poulinières dans cette discipline. En plat, en ce moment, je n’ai qu’une poulinière. Quand Perfect Impulse a gagné à Auteuil, le 29 avril, ma représentante, Weekfair (Stormy River), s’est aussi imposée, en plat, à Strasbourg, le 16 avril. Et un des trotteurs que j’ai élevés a également gagné pendant cette période à Vincennes.

Comment choisissez-vous vos croisements ?

Je crois à l’environnement. Bien sûr, la génétique est ce qui fait la différence, mais je crois à la notion d’élevage, de qualité d’un élevage et aussi d’entraînement. Je travaille toujours avec les mêmes personnes. Je pense que la continuité est le secret pour sortir des chevaux corrects. Avec le temps, je suis de plus en plus exigeant en termes de jumenterie. Au haras, je garde seulement des juments qui ont le niveau pour courir à Paris ou à un niveau supérieur, pour être black type. Je me limite en quantité. Pour résumer, je crois beaucoup à la continuité et aux gens qui m’entourent.