AL SHAHANIA NOUS A OUVERT LES PORTES DE SON HARAS FRANÇAIS

19.06.2017

AL SHAHANIA NOUS A OUVERT LES PORTES DE SON HARAS FRANÇAIS

INTERVIEW DE THIERRY DE CHAMBORD

« TRAVAILLER AVEC UNE TELLE QUALITÉ DE CHEVAUX, C’EST FORMIDABLE »

Thierry de Chambord a une expérience très diversifiée dans la filière cheval. Issu des sports équestres, il a ensuite entraîné des gagnants en plat et sur les obstacles. Passé à l’élevage, il peut se prévaloir d’un solide parcours, en France comme à l’étranger. Depuis plusieurs années, il dirige l’antenne normande d’Al Shahania, le haras des Cruchettes.

The French Purebred Arabian. – Pour quelles raisons Al Shahania a-t-elle choisi d’installer son élevage européen en France ?

Thierry de Chambord. - Le cheikh élève des chevaux depuis trois décennies. Il a une vision à long terme. Avec ce haras, il peut désormais rassembler en un seul lieu des chevaux qui étaient dispersés dans plusieurs endroits par le passé. Ce n’est pas une personne qui va plus vite que la musique. Nous avons le temps de bien faire les choses. Il est prudent, notamment dans ses achats. Les 4 ans et plus qui courent actuellement sont nés en Angleterre, mais beaucoup ont terminé leur période d’élevage ici. Les générations suivantes sont nées et ont grandi ici. C’est notamment le cas d’Ebraz, lauréat de l’édition 2017 de l’Emir's Sword (Gr. I PA).

Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani a des fonctions officielles au Qatar, ainsi qu’un nombre important d’activités dans ce pays. Il a donc rarement le temps et l’occasion de venir au haras. Dans ce contexte, comment votre travail s’organise-t-il ?

Il y a une chose qui est déterminante et qui permet de comprendre notre manière de fonctionner : le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani est un passionné et un vrai connaisseur. Cela change tout dans son rapport avec ses employés. Il comprend parfaitement ce que nous faisons. Tout est mis en place pour élever de très bons chevaux. Travailler avec une telle qualité de chevaux, c’est formidable. À nous d’être à la hauteur. Le cheikh nous fait confiance.  Abdulrahman Al Mansour est son bras droit et Dean Leavy occupe le poste de manager d’Al Shahania Stud Qatar. Nous rédigeons régulièrement des rapports d’activité que nous envoyons à Abdulrahman Al Mansour et à Dean Leavy, mais ils nous laissent travailler de manière autonome.

Les techniques de reproduction modernes sont autorisées et très utilisées dans l’élevage de pur-sang arabes de course. Quelle est leur place au haras des Cruchettes ?

Les juments pur-sang arabes sont inséminées sur place car nous sommes équipés pour cela. Ce centre d’insémination accueille parfois quelques juments extérieures qui souhaitent être saillies par nos étalons en frais. Nous pratiquons le transfert d’embryon, mais de manière limitée, avec au maximum un transfert par jument chaque saison.

La Normandie est-elle adaptée à l’élevage de pur-sang arabes ?

Au départ, certaines personnes disaient au cheikh : "pourquoi élevez-vous des pur-sang arabes en Normandie ? Dans les faits, c’est tout à fait possible, mais il faut les suivre et limiter leur alimentation. Ils mangent deux fois moins qu’un pur-sang anglais car ils prennent très vite du poids. D’ailleurs, l’élevage de Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, dont on connaît la réussite chez les pur-sang arabes, est installé près de notre haras.

Comment gérez-vous l’alimentation ?

Nous travaillons avec Thierry Dutertre, que je connais de longue date. Ce nutritionniste gère les rations et les herbages. Il vient faire des prélèvements et nous aide à travailler chaque parcelle comme une individualité. Nous essayons de faire reposer les paddocks, notamment en alternant avec des bovins. Depuis trois ans, le haras a grandi d’une centaine d’hectares. Actuellement, nous avons au moins un hectare par cheval. Nous disposons de paddocks pour l’hiver et pour le printemps. L’objectif est de leur permettre de passer le plus de temps possible dans les herbages, en les sortant tôt dans l’année et en les rentrant tard dans la saison.

Étant donné qu’ils ne sont pas préparés pour aller aux ventes, les produits du haras ont beaucoup de temps pour grandir. C’est un vrai plus. Nous pesons les foals et les yearlings tous les mois. C’est très important, et plus particulièrement avec les pur-sang arabes, car ils prennent facilement de l’état. Et s’ils sont en surpoids, les poulains arabes travaillent au niveau des genoux. Les foals 2017 sont très réussis, avec beaucoup de modèle.

Comment préparez-vous les poulains pur-sang arabes pour leur carrière sportive ?

Les pur-sang arabes sont élevés ici jusqu’à la fin de leur année de yearling. Au début de leur année de 2 ans, ils partent au haras du Saubouas. Chez Paul Basquin, c’est du travail à la carte. Ils sont débourrés dès qu’ils sont prêts à franchir cette étape et peuvent retourner au pré si le besoin s’en fait sentir. D’une manière générale, notre élevage ne vise pas la saison de 3 ans chez les pur-sang arabes. D'ailleurs, nos terres ne sont pas forcément connues pour donner des animaux précoces. Le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani veut avant tout avoir des chevaux pour les grandes épreuves réservées aux chevaux d’âge, en France et au Qatar. Dans cet objectif, les poulains sont volontairement préservés. Après leur stage au haras du Saubouas, les poulains pur-sang arabes sont répartis en deux lots. Une partie va au Qatar chez Julian Smart ou chez Jassim Al Ghazali. L’autre partie reste en France, chez François Rohaut. Pour le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, il est très important de gagner au Qatar. Ce sont donc souvent les meilleurs poulains qui prennent l’avion. Mais heureusement, Julian Smart revient en France pendant un semestre chaque année.

Et les poulains pur-sang anglais ?

Les pur-sang anglais sont débourrés et préentraînés chez Philip Prévost Baratte, à côté de Lisieux. En 2016, au début du mois de juillet, les pouliches les plus précoces sont parties à l’entraînement. Nous ne le faisions pas auparavant. Philip les a gardées un mois puis il nous les a rendues. Ce fut bénéfique. De retour au haras, les pouliches ont pris beaucoup de volume. Elles sont reparties deux mois plus tard. Les mâles et les pouliches plus tardives sont parties au débourrage à la fin du mois d’août. En France, les pur-sang anglais vont chez André Fabre, Philippe Sogorb, Alain de Royer Dupré, Francis-Henri Graffard et Mikel Delzangles. En Angleterre, nous les confions à Ralph Beckett, Roger Charlton et Roger Varian. Le premier pur-sang que nous avons élevé ici, en 2014, a gagné une de ses trois sorties. C’est une sœur de Flotilla par Galileo, Camerone. Elle court en Angleterre sous l’entraînement de Ralph Beckett.

Quels étalons sont stationnés ici ?

Nous avons cinq étalons sur le haras. Almas (Tidjani) est issu d’une propre sœur de Dormane (Manganate) et a gagné l’Emir's Sword. Asraa Min Albarq (Amer) est le propre frère d’Areej, lauréate de la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA). Il a lui-même remporté les Shadwell Dubai International Stakes et le Qatar National Day Trophy (Grs I PA). Assy (Amer) a enlevé l’Emir's Sword et l’Emir's Trophy (Grs I PA). Jaafer (Amer) est le propre frère d’Almas. Il a remporté quatre Groupes I PA, dont l’Emir's Sword et la Kahayla Classic (Grs I PA). Mebrouk (Manganate) est le propre frère de Dormane. Il s’est imposé dans l’Emir's Sword (Gr. I PA).

Il n’y pas que des chevaux de course chez Al Shahania

Le haras dispose de son propre troupeau de Salers, une race bovine cantalienne qui a la faveur de nombreux grands haras normands. Par ailleurs, on élève aussi au haras des Cruchettes des pur-sang arabes à destination des concours de show. Ils sont complètement différents de ceux destinés aux courses hippiques. Moins rustiques, ils requièrent une attention toute particulière du personnel du haras.

La fonctionnalité avant tout

Le haras des Cruchettes a longtemps été la propriété de Pierre Julienne, qui y élevait des trotteurs et des sauteurs. Depuis son rachat par le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, les travaux se sont concentrés sur l’amélioration d’une structure qui se veut fonctionnelle. C’est un véritable outil de travail où l’efficacité et la propreté priment sur l’ostentatoire. Quinze personnes travaillent sur les 200 hectares du haras.

Un palmarès exceptionnel

Le palmarès d’Al Shahania chez les pur-sang arabes est hors normes. Il compte onze victoires dans l’Emir's Sword, deux Kahayla Classic et trois Qatar Arabian World Cups. Au total, dix-huit gagnants de Groupes I PA ont remporté vingt-sept épreuves à ce niveau.

QUELQUES JUMENTS PUR-SANG ARABES

Al Shahania dispose d’une cinquantaine de poulinières pur-sang arabes, en France et au Qatar. Nous vous proposons une sélection de huit juments exceptionnelles.

# ARC DE CIEL (Djendel & Akie Croix Noire, par Tidjani).

Née en 1995. Lauréate de l’Emir's Sword et de la President Cup (Grs I PA).

Mère de cinq black types dont Rathowan (Amer), deuxième de la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA), et Gazwan (Amer), gagnant de l’Emir's Sword et deuxième de la Qatar Arabian World Cup (Grs I PA).

Saillie 2016 : Amer. Saillie 2017 : Amer

# AREEJ (Amer & Akie Croix Noire, par Tidjani).

Née en 2005. Gagnante de la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA). Deuxième de la Coupe d’Europe des chevaux Arabes (Gr. I PA).

Saillie 2016 : Munjiz. Saillie 2017 : Munjiz

# DJAINKA DES FORGES (Kerbella & Djamour des Forges, par Tidjani).

Née en 2009. Gagnante de la Qatar Arabian World Cup et de l’Arabian Trophy des Pouliches (Grs I PA).

Saillies 2016 : Amer & Mebrouk. Saillie 2017 : Jalnar Al Khalidiah et Amer

# DJAMOUR DES FORGES (Tidjani & Djala, par Manganate).

Née en 2000. Mère de deux black-types, dont Djainka des Forges (Kerballa), gagnante de la Qatar Arabian World Cup et de l’Arabian Trophy des Pouliches (Grs I PA).

Saillies 2016 : Amer. Saillie 2017 : Assy

# MARGOUIA (Tidjani & Margau, par Manganate).

Née en 1999. Mère de trois black types, dont Assy (Amer), gagnant de l’Emir's Sword (Gr. I PA).

Saillie 2016 : Amer. Saillie 2017 : Amer

# MKEEFA (Amer & Nisae, par Dormane).

Née en 2008. Gagnante de la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA).

Saillie 2016 : Amer. Saillie 2017 : Al Mamun Monlau

# NISAE (Dormane & Naiada Al Maury, par Baroud III).

Née en 1994. Mère de six black-types, dont Mkeefa (Amer), gagnante de la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA) et Chaddad (Amer), lauréat du Qatar Arabian Trophy des Poulains (Grs I PA),

Saillie 2016 : Amer. Saillie 2017 : Assy

# QUEEN KONG (Kong & Sahara Croixnoire, par Ala Croixnoire).

Née en 2001. Mère de trois black types, dont TM Fred Texas (Burning Sand), lauréat de la Dubai Kahayla Classic (Gr. I PA).

Saillie 2016 : Assy. Saillie 2017 : Jaafer ASF

QUELQUES JUMENTS-PUR ANGLAIS

Al Shahania dispose d’une trentaine de poulinières pur-sang anglais. Nous vous proposons une sélection de six juments de haut niveau.

 

# FLOTILLA (Mizzen Mast & Louvain, par Sinndar).

Née en 2010. Gagnante de la Breeders' Cup Juvenile Fillies Turf et de la Poule d'Essai des

Pouliches (Grs I).

Saillie 2016 : Dubawi. Saillie 2017 : Dubawi

# LOUVAIN (Sinndar & Flanders, par Common Grounds)

Née en 2002. Gagnante des Miesque Stakes (Gr3). Mère de deux black types, dont Flotilla (Mizzen Mast), lauréate de la Breeders' Cup Juvenile Fillies Turf et de la Poule d'Essai des

Pouliches (Grs I).

Saillie 2016 : Frankel. Saillie 2017 : Golden Horn

# SAMBA BRAZIL (Teofilo & Sasuela, par Dashing Blade)

Née en 2009. Lauréate du Grosse Europa Meile (Gr. III). Sœur de Seismos (Grosser Preis von Bayern, Gr. I). Nièce de Samum (Derby allemand, Grosser Preis von Baden, Grs I), Schiaparelli (Gran Premio del Jockey Club, deux fois ; Derby allemand, Preis von Europa, Deutschland-Preis, Grs I)…

Saillie 2016 : Frankel. Saillie 2017 : Dubawi

# PEARLS OR PASSION (Monsun & Pearly Shells, par Efisio)

Née en 2009. Prix Panacée (L). Sa mère, Pearly Shells (Efisio), a remporté les Prix Vermeille (Gr. I) et de Malleret (Gr. II).

Saillie 2016 : Teofilo. Saillie 2017 : Soldier Hollow

# VORDA (Orpen & Velda, par Observatory)

Née en 2009. Lauréate des Cheveley Park Stakes (Gr. I) et du Prix Robert Papin (Gr. II).

Saillie 2016 : Teofilo. Saillie 2017 : Invincible Spirit.

# WHAT A NAME (Mr Greeley & Bonnie Byerly, par Dayjur)

Née en 2010. Gagnante des Prix Imprudence et La Rochette (Grs III). Deuxième du Prix

Jean-Luc Lagardère - Grand Critérium (Gr. I).

Saillie 2016 : Invincible Spirit. Saillie 2017 : Siyouni.

INTERVIEW DE BERTRAND LE MÉTAYER

« NOUS TENDONS TOUJOURS VERS L’EXCELLENCE »

 

Bertrand Le Métayer est le racing manager des effectifs d’Al Shahania à l’entraînement en Europe. Issu d’une famille d’éleveurs, il a exercé son activité de courtage aussi bien avec les chevaux de plat qu’avec les sauteurs. Il nous a expliqué la stratégie sportive de l’écurie du cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani en Europe.

The French Purebred Arabian. – Auparavant, Julian Smart déménageait une partie de son effectif en Angleterre pendant un semestre, et depuis cette base anglaise, il effectuait des incursions en France. À présent, il prend ses quartiers près de Chantilly. Pourquoi ce changement ?

Bertrand Le Métayer. – Nous avons saisi l’opportunité de pouvoir loger à Avilly-Saint-Léonard l’effectif de pur-sang arabes qui se déplace pour la saison européenne. L’écurie de Christophe Aubert dispose de paddocks, ce qui est important pour nos chevaux. La campagne européenne des représentants du cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani est axée sur le week-end de l’Arc. Tout est donc plus simple si les chevaux sont basés en France. Cela n’entrave en rien les trajets pour aller courir à Newbury pendant l’été.

Comment répartissez-vous les poulains chez les différents entraîneurs ?

En ce qui concerne les pur-sang anglais, la répartition est réalisée par le cheikh avec mon aide : 60 % sont en France et 40 % sont entraînés en Angleterre. Pour les pur-sang arabes, c’est Abdulrahman Al Mansour qui choisit les chevaux. Nous essayons de trouver un équilibre entre l’effectif basé en France, chez François Rohaut, et celui qui est au Qatar. La tendance actuelle est d’augmenter un peu plus le nombre de jeunes pur-sang arabes à l’entraînement en France afin d’être plus présents dans les épreuves pour jeunes chevaux à l’avenir. La casaque n’était pas beaucoup représentée dans ces courses jusqu’à présent et nous allons certainement évoluer un peu sur ce point, en sachant que nous n’avons pas réellement des origines de pur-sang arabes précoces.

Quels sont les objectifs de la casaque chez les pur-sang anglais ?

Le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani est un éleveur propriétaire. Il n’a pas d’objectif commercial. Comme chez les pur-sang arabes, son objectif est d’être performant au niveau classique et d’imposer Al Shahania parmi les entités performantes sur la scène internationale, en Europe et au Qatar. Nous sommes dans une période de transition. Petit à petit, le nombre de chevaux achetés diminue et le nombre de chevaux élevés augmente. Ces derniers sont une grosse vingtaine cette année au débourrage. Dans cette optique classique, nous allons continuer à acheter de bonnes femelles et à utiliser les meilleurs étalons. Nous avons une réelle diversité de juments pur-sang anglais, avec des mères qui ont de la vitesse et d’autres qui présentent plus de tenue. Le nombre de poulinières est en augmentation, mais nous tendons toujours vers l’excellence. Les pur-sang anglais suivent donc la voie tracée avec succès par les pur-sang arabes il y a quelques années.

Quels sont les effectifs d’Al Shahania à l’entraînement ?

En Europe, entre trente et quarante pur-sang anglais sont à l’entraînement pour une dizaine de pur-sang arabes. Au Qatar, il y a une quarantaine de pur-sang arabes et une quinzaine de pur-sang anglais.

Comment sont établis les plans de croisements ?

Pour les pur-sang arabes, c’est un travail qui est réalisé par le cheikh Mohammed, Abdulrahman Al Mansour et Lisa Deymonaz. En ce qui concerne le pur-sang anglais, cela commence par une réunion d’équipe, avec des suggestions qui viennent du ressenti de chacun. Ce premier brouillon est ensuite complété par le travail d’un spécialiste international des pedigrees qui nous aide à affiner le choix et à connaître les différentes affinités de sang. Enfin, l’ensemble est soumis au cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, qui prend la décision finale et valide le budget.

LE CHEIKH EST TRÈS IMPLIQUÉ DANS LE PROCESSUS DU CHOIX DES ÉTALONS

Lisa Deymonaz est la responsable d’élevage d’Al Shahania au Qatar. Elle supervise également les croisements pour les pur-sang arabes.

The French Purebred Arabian. – Comment réalisez-vous les croisements ?

Lisa Deymonaz. – Chaque année, nous y consacrons du temps avec notre directeur, Abdul Rahman Al Mansour, ainsi qu’avec notre responsable d’exploitation. Nous prenons chaque jument comme une individualité, en essayant de voir comment sont ses produits morphologiquement. Nous essayons également de voir quels sont les courants de sang qui fonctionnent le mieux avec chaque pedigree. Au terme des échanges, nous effectuons une liste des étalons compatibles avec chaque jument. Cette liste est proposée au cheikh pour qu’il l’approuve. Il est très impliqué dans le processus du choix des étalons.

Est-il difficile de croiser les filles d’Amer ?

Il est en effet difficile de croiser les filles d’Amer. Les options sont limitées. Nous utilisons donc des étalons français et américains.

Ces dernières années, Al Shahania a fait l'acquisition de nouvelles poulinières. Cherchez-vous du sang neuf du côté maternel ?

Ce n’est pas forcément évident d'imaginer des croisements pour les pur-sang arabes en général car nous ne disposons pas d’un panel infini d’étalons. Mais en contrepartie, l’insémination artificielle permet d’utiliser des reproducteurs du monde entier, ce qui facilite notre travail. Nous avons beaucoup de juments et d’étalons qui sont issus des meilleures lignées françaises. Pour diversifier les courants de sang dont nous disposons, Al Shahania a acquis de nouvelles souches qui ont fait leurs preuves, dans l’objectif de les croiser avec nos étalons.

Comment avez-vous imaginé le croisement d’Ebraz ?

Le croisement d’Ebraz était une évidence. Sa mère, Massamarie, avait déjà produit Mared Al Sahra et Mu’azzaz avec son père, Amer. Ces deux lauréats de Groupe I PA ont prouvé que ce croisement était efficace.