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Jour de Galop

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LE BLOC-NOTES DE CHRISTOPHER GALMICHE - Le vert et orange à l’honneur

Courses / 01.06.2017

LE BLOC-NOTES DE CHRISTOPHER GALMICHE - Le vert et orange à l’honneur

 

Le retour de la casaque verte et orange (jaune et verte outre-Manche) de John-Patrick McManus en France, avec la victoire de Demopolis (Poliglote), entraîné par Guy Cherel, a marqué la semaine. Mais ce n’est pas le seul fait marquant des derniers jours dans le monde de l’obstacle…

John Patrick McManus de plus en plus présent sur la scène française

John Patrick McManus n’a jamais hésité à acheter un champion clé en main, comme il l’avait fait avec First Gold (Shafoun), lauréat du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) 1998. Mais le top-propriétaire d’obstacle irlandais s’était montré quasiment absent de la scène française ensuite. La donne a changé en 2016 avec sa présence historique à la vente d’automne Arqana, où il a notamment acquis Dostal Phil (Coastal Path) pour 295.000 €, mais aussi Charli Parcs (Anabaa Blue) pour 250.000 € et Joly Maker (Saddler Maker) pour 130.000 €, par l’intermédiaire du courtier Hubert Barbe.

Auparavant, il avait aussi acheté le futur champion Défi du Seuil (Voix du Nord), devenu depuis le meilleur 4ans en Angleterre après des débuts chez Emmanuel Clayeux. Et il n’hésite pas non plus à se porter acquéreur régulièrement de chevaux clé en main avec un peu d’expérience.

En France, sa casaque est peu représentée puisqu’il n’a qu’un seul cheval à l’entraînement. Il s’agit du 3ans Demopolis (Poliglote), entraîné par Guy Cherel et vainqueur du Prix Rocking Chair mercredi à Auteuil. Sa victoire à Auteuil est importante car la France a besoin de propriétaires comme John Patrick McManus, Magalen Bryant, la famille Papot ou encore Simon Munir, car ils permettent de maintenir l’obstacle français à un très haut niveau.

Tulira et les 3ans de François Nicolle

Le samedi 27 mai à Châteaubriant, Tulira (Turgeon) est restée invaincue en deux sorties sur les haies. Elle a remporté plaisamment le Prix de l’Ouest. Cette pouliche qui défend les couleurs d’Antonia Devin est encore verte et ce qu’elle fait est donc prometteur pour la suite de sa carrière. Tulira est sous la responsabilité de François Nicolle qui dispose cette année encore d’un bon bataillon de 3ans. À l’heure où sont écrites ces lignes, il compte sept vainqueurs de 3ans dans ses boxes, des 3ans qui, pour certains, ont gagné plusieurs fois, sans oublier de nombreux placés. Parmi ces lauréats, on relève les noms d’Envoyé Spécial XX (Coastal Path), qui a causé la meilleure impression chez les poulains de 3ans, ou encore d’Ex Fan des Sixties XX (Poliglote), laquelle aurait pu gagner sans sa chute à la dernière haie à Auteuil lors de son ultime sortie. François Nicolle entraîne une autre 3ans dont le pedigree fait saliver : Shannon Pearl (Turgeon). On a hâte de voir en piste cette propre sœur de Shannon Rock (Turgeon), quatre fois deuxième du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), qui n’a pas encore débuté.

Le joli coup de l’écurie Sagara

Par l’intermédiaire de Pierre Boulard, l’écurie Sagara a acheté pour 5.500 € la poulinière Poliaurea (Poliglote) lors de la vente mixte Arqana en février 2017. Depuis, cette jument d’origine argentine n’a cessé de prendre de la valeur. L’un de ses produits, Corgreggan Maestro (Le Havre), a été acheté à la breeze up Arqana par Sylvain Vidal pour 55.000 €. Et ce mercredi à Punchestown, Lac Kivu (Sakhee) a gagné brillamment son maiden hurdle sur 4.000m sous l’entraînement de Willie Mullins. Depuis son passage à Carcans, où se situe l’élevage Sagara, Poliaurea a donc vu sa valeur se multiplier grâce à ses produits.

Retour sur la tribune libre de François Doumen

François Doumen nous a envoyé il y a quelques jours une excellente tribune sur l’avenir de l’obstacle. Au fil de celle-ci (http://jourdegalop.com/2017/05/tribune-libre-reflexions-lavenir-de-lobstacle/), il est revenu notamment sur la jeunesse des chevaux ayant fait l’arrivée du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1). Même si c’est encourageant car cela démontre que notre relève est là, et qu’il est assez rare ces dernières années d’avoir un cheval de plus de 6ans à l’arrivée, cette tribune est pleine de justesse. L’approche anglo-irlandaise est certainement la meilleure pour avoir des chevaux d’âge en nombre car nos voisins mettent les chevaux au pré une fois qu’ils les ont achetés en France. Les chevaux ont ainsi le temps de se solidifier, de finir complètement leur croissance. Ainsi, à Cheltenham, il est rare de voir des petits chevaux sur les obstacles. Alors que faut-il faire pour avoir plus de chevaux d’âge ? Changer le programme ? Accorder plus d’importance aux courses pour chevaux de 5ans et plus ? Dans ce cas, on irait à l’encontre du marché des chevaux d’obstacle français qui se base sur les jeunes éléments achetés très souvent après une ou deux performances, à 3 et 4ans. Remettre en cause notre programme aurait certainement des effets sur le marché des sauteurs. Mais la bonne solution se situe peut-être entre les deux, à savoir donner un peu plus d’importance aux chevaux d’âge dans le programme, sans contrarier le marché qui porte sur les 3ans et 4ans.