L’ÉDITORIAL - À pas de loup(s)

Autres informations / 20.06.2017

L’ÉDITORIAL - À pas de loup(s)

 

Par Mayeul Caire, directeur de JDG

Il y a, à première vue, dans la manière dont France Galop a choisi de communiquer sur les baisses d’encouragements, quelque chose d’indéchiffrable – au sens propre de "pas facile à comprendre" et au sens phonétique "qui s’oppose à une logique chiffrée". La communication de France Galop n’est effectivement pas aisée à décrypter car elle se passe de l’élément d’information central, celui que tout le monde attendait : les chiffres. On sait simplement que les économies seront au maximum de 25 M€, mais sur quoi ? Aucune information précise n’a été divulguée, mais c’est volontaire.

Édouard de Rothschild, les administrateurs de France Galop et Olivier Delloye avancent à pas de loup(s). Lundi, ils sont allés chercher le maximum d’économies et les ont votées. Si jamais il faut un jour les mettre en place, totalement ou en partie seulement, il suffira d’appuyer sur le bouton et l’effet sera instantané… sans avoir besoin ni de rediscuter chaque point avec les associations professionnelles (que France Galop a consultées au cours des derniers mois) ni de faire revoter les administrateurs.

Mais ce n’est pas là le seul intérêt de la manœuvre. L’autre motivation des dirigeants de la société-mère, c’est de montrer à l’État – qui assiste au Conseil d’administration de France Galop – que l’Institution des courses est prête à faire l’effort maximal si besoin. Et pour avoir montré sa bonne volonté, France Galop espère convaincre l’État que ces économies, si on les fait toutes, risquent de mettre en péril une filière française d’excellence. C’est précisément pour cela que France Galop ne veut pas décliner son plan détaillé. Inutile de mettre le feu à la steppe si, au final, il y a 10 ou 15 millions de moins à économiser.

Le silence est de mise, y compris chez les administrateurs d’ordinaire les plus bavards. Mais nous sommes tout de même allés glaner quelques petites informations. Nous avons compris que le plan, contrairement à ce qui a été dit parfois, ne serait pas élitiste – et revaloriserait certaines petites catégories. Que les courses les plus relevées feraient un effort plus important que les épreuves les plus modestes. Qu’il n’y aurait aucune injustice pour personne. Que les grands équilibres, comme on nous le disait déjà hier, seraient respectés, notamment entre plat et obstacle et entre propriétaires et éleveurs. Que le siège de Boulogne avait lui aussi fait et ferait encore de vrais efforts, avec des économies importantes sur le budget marketing, sur les vacataires, sur la masse salariale et sur les effectifs (effectif permanent : 435 en 2017, contre 488 en 2012). Efforts d’autant plus conséquents que le siège de Boulogne a vu sa masse de travail croître depuis quelques années, avec la décentralisation et la reprise de certaines tâches autrefois gérées en régions.