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Jour de Galop

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LES BLACK TYPES 2017 EN FRANCE AVANT DEAUVILLE - 2017, une mauvaise année pour les chevaux d'âge ?

Courses / 26.07.2017

LES BLACK TYPES 2017 EN FRANCE AVANT DEAUVILLE - 2017, une mauvaise année pour les chevaux d'âge ?

 

Par Franco Raimondi

[PARTIE 3 SUR 3]

Non, ce pays n’est pas pour les vieux chevaux… Ce qui pourrait être le titre d’un western est en fait un constat, à quelques jours du meeting de Deauville, après avoir passé à la loupe les épreuves black types françaises. Les anciens nous ont appris que la sélection se fait à 3ans. Cela semble encore plus vrai cette année car les chevaux d’âge avec une valeur de 50 ou plus sont rares.

 

Les allocations et le commerce. Seulement 17 chevaux d’âge sont crédités de 50 ou plus. Mais ils sont 40 à dépasser la barre des 47,5 de valeur. Chez les 3ans, j’ai dénombré 31 sujets avec 50 ou plus, mais aussi 56 avec 47,5 ou plus. En 2016, chez les 4ans, on trouvait 34 chevaux à 50 ou plus ainsi que 62 avec 47,5 ou plus. Au fil des semaines, avec les courses de 3ans et plus, les données vont changer. Mais on a quand même le droit de se poser la question de la qualité des chevaux d’âge en France. Il faut néanmoins noter que dans notre étude ne figurent pas The Right Man (Lope de Vega) et Qemah (Danehill Dancer) car ils n’ont pas couru dans l’Hexagone cette année. La France, dans le tourbillon de la filière mondiale du pur-sang, est un pays qui élève, transforme et valorise le produit brut grâce au savoir-faire de ses professionnels. C’est donc un pays vendeur qui alimente son système avec les allocations – bien sûr – mais aussi avec le commerce. Une fraction importante du meilleur de la production nationale est sur le marché, ce qui favorise les exportations. Et le phénomène s’accentue avec le fort développement de l’Asie, des pays du Golfe et la reprise du marché américain.

36 gagnants, 10 femelles. Les courses black types ouvertes aux chevaux d’âge (y compris celles pour les 3ans et plus), ont fourni 36 gagnants différents de 4ans et plus. Vingt-six mâles et hongres (13 et 13) ont remporté une course black type contre seulement 10 femelles. Quelques entraîneurs se plaignaient du programme pour les femelles de 4ans et plus. Certainement avec raison. Surtout dans la première partie de la saison où elles n’ont pas assez d’occasions pour étoffer leur C.V. de poulinière, alors qu’en automne, le programme est plus riche en opportunités.

Armande a oublié ses mésaventures. Parmi les 10 femelles qui ont gagné, 7 n’étaient pas Stakes winner en début de saison. La plus haute en valeur n’est autre qu’Armande (Sea the Stars). La représentante du varon Édouard de Rothschild et de Lady O’Reilly avait joué de malchance à 3ans, notamment en chutant dans le Prix de Diane Longines (Gr1). André Fabre a réussi à lui faire oublier cette mésaventure. Après deux places au niveau Listed et Gr3, elle a remporté le Prix Corrida (Gr2) avant de terminer troisième du Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1). Sa valeur commerciale a, depuis, grimpé en flèche et elle vaut beaucoup plus que les 229.180 € d’allocations qu’elle a décrochés ce printemps.

Une Rosa tardive vient d’éclore. La belle histoire du printemps chez les pouliches de 4ans revient à Rosa Imperial (Pivotal). Elle a choisi le bon moment pour fleurir sous les soins d’un jardinier d’exception : André Fabre. Le 17 mai, elle n’était qu’une inédite de 4ans. Le jour d’après, elle a ouvert son palmarès, et en l’espace de 41 jours, elle est devenue lauréate de Listed dans le Prix Hampton (L) avant de remporter son Groupe, le Prix de Ris-Orangis (Gr3). Selon son entourage, elle est encore un peu tendre pour les Grs1. C’est logique pour une pouliche qui n’a couru que trois fois !

Les missions accomplies. Henri-François Devin a rempli son contrat. Haggle (Pivotal), achetée 125.000 Gns chez Tattersalls en décembre, est arrivée chez lui avec un rating anglais de 95 (43 de valeur). C’était un peu juste pour le niveau black type. Le jeune entraîneur a fait gagner à la pouliche le Prix Maurice Zilber (L) avant de prendre la troisième place du Prix Corrida (Gr2). Markus et Stéphanie Nigge ont réussi trouver une Listed pour Syrita (Siyouni), le Prix de la Calonne. Cette pouliche venait des courses D et des handicaps.

Lbretah, la dernière. François-Henri Graffard a fait passer Lbretah (Exceed and Excel) par les handicaps. La représentante d’Al Shaqab avait déjà tenté sa chance en Allemagne avant de s’imposer ce mercredi à Vichy, face aux mâles, dans le Prix Jacques de Bremond (L). Affronter les mâles est souvent un choix forcé car, surtout sur le mile et plus court, il n’y a pas de vrai programme pour les femelles. Une autre Graffard, That which Is Not (Elusive Quality) était devenue gagnante de Listed et placée de Groupe en début de saison.

Trois Grs1 et trois lauréats. Les trois Grs1 de notre étude ont été remportés par trois sujets différents. Ces trois chevaux avaient fait preuve de talent à 3ans et étaient déjà lauréat d’une belle course. La moyenne des ratings de ces trois courses est correcte : le Prix Ganay (115,61) est au dessus du 115 demandé par le standard du Pattern, le Grand Prix de Saint-Cloud affiche une moyenne de 113,96 et le Prix d’Ispahan 112,58. Il s’agit de valeurs à la moitié de la saison. Elles sont donc susceptibles d’augmenter. Les Grs1 en Angleterre, de 2.000 à 2.400m, ont donné les moyennes suivantes : Prince of Wales (118,5), Eclipse Stakes (116) et Coronation Cup (114,2).

Les pedigrees et la piste. Les trois nouveaux lauréats de Gr1 sont Cloth of Stars (Sea the Stars), Zarak (Dubawi) et Mekhtaal (Sea the Stars), trois sujets de la génération 2013. Le premier avait entamé sa saison en valeur 50,5 et a affiché 53 lors de son succès dans le Prix Ganay. Zarak est resté avec le 52,5 qu’il avait mérité à 3ans. Mais cette année, il a quelque chose en plus, une sacrée envie de gagner, et quelque chose en moins, à savoir Almanzor (Wootton Bassett), qui l’avait battu deux fois. Mekhtaal a progressé de 51,5 à 52 et il est tombé sur une édition de haut niveau des Prince of Wales’s Stakes (Gr1). Il est sixième, battu par quatre vainqueurs de Gr1, et il est fort probablement meilleur que ce qu’il nous a montré à Royal Ascot. Ces trois chevaux ont bien mérité une place aux haras.

Taareef attend son Gr1. Le cheval qui affiché la meilleure valeur (54,5) de notre étude est Taareef (Kitten’s Joy). Le représentant du cheikh Hamdan Al Maktoum avait terminé sa saison de 3ans à 50,5, après le succès dans le Prix Daniel Wildenstein (Gr2). Il est donc monté de quatre kilos. Un cheval crédité de 120 mérite de gagner son Gr1… Signs of Blessing (Invincible Spirit) a lui aussi progressé d’une livre et il est en valeur 53,5. Parmi les 10 chevaux dotés des meilleures valeurs dans notre échantillon, 9 sont entraînés en France.

Robin, anglais ou français ? L’intrus de l’étude est Robin of Navan (American Post). Harry Dunlop a souvent couru en France ce poulain élevé par madame Pierre Lepeudry. C’est bien logique car il est français de naissance et est d’ailleurs passé deux fois sur le ring d’Arqana. Ce yearling qui n’a coûté que 10.000 € a fait le bonheur de Con Marnane qui l’a revendu aux breeze up pour 47.000 €. Ses propriétaires ne regrettent pas son achat ! Robin of Navan est arrivé (prime comprise) à un total de 696.520 € de gains, dont 611.000 € grâce à douze sorties en France. La nationalité française donne toujours un certain avantage…