Ce n’est qu’un au revoir

Autres informations / 16.07.2017

Ce n’est qu’un au revoir

L'édito

 Des bruits circulaient depuis un moment. C’est à présent officiel. Al Mourtajez (Dahess), le cheval de tous les superlatifs, le meilleur pur-sang arabe vu depuis très longtemps, tire sa révérence. Son entourage a décidé de ne pas le représenter en compétition car il n’est plus à 100 % de ses capacités, et c’est tout à son honneur d’avoir pris une telle décision. Nous ne reverrons plus – qu’en vidéo – ses éclairs de classe. D’ailleurs Al Shaqab a publié, au mois d’avril 2017, un remarquable clip en son honneur. Parmi ses neufs succès dans des Groupes I PA, de 1 600 mètres à 2 400 mètres, trois resteront gravés au fond de ma mémoire. Il y a bien sûr sa première Qatar Arabian World Cup. Quelques semaines auparavant, le cheval, objectivement peu en forme, était complètement passé à côté du Prix Dragon. Mais en grand champion qu’il était, Al Mourtajez s’était révélé le Jour J, remportant la victoire avec une insolente facilité. L’année suivante, le pensionnaire de Thomas Fourcy avait humilié ses adversaires dans les Qatar International Stakes à Goodwood. Je me souviens aussi d’un succès impressionnant de facilité dans la Qatar Coupe d'Europe des Chevaux Arabes à Deauville. Ce jour-là, il était venu comme dans un canter, sans aucune sollicitation de Julien Augé, surclasser deux gagnants de Groupe I PA. Son entraîneur avait déclaré : « Il a un mental de tueur. Quand un cheval arrive à côté d’Al Mourtajez, même s’il est bon, il devient inexistant. » Cette trempe, cette classe, le champion d’Al Shaqab Racing va désormais pouvoir les transmettre à sa production. Nous devrions voir ses premiers produits en piste dès 2022. Sa belle et grande histoire n’est donc pas près de s’arrêter.

Adrien Cugnasse

Al Mourtajez, world champion : https://youtu.be/8x01ZDdHEqk