TRIBUNE LIBRE - Vers une évolution des allocations ?

Institution / Ventes / 05.07.2017

TRIBUNE LIBRE - Vers une évolution des allocations ?

Par Hubert Tassin, Président des P.P.

« Depuis quelques semaines, France Galop prépare des hypothèses de réduction des allocations pour 2018, pour tirer les conséquences des insuffisances de son plan d’économies et d'un échec éventuel pour la conclusion d'un protocole de moyen et long terme passé avec l'État. La démarche voulue secrète a fait évidemment couler beaucoup plus d’encre encore, y compris l’encre de certains administrateurs qui ont choisi de porter le débat sur la place publique.

Génération Galop d’abord, puis le Syndicat des Propriétaires, ayant fait part, par voie de presse, de leur approbation d’un dispositif de réduction des encouragements, je ne peux laisser croire qu’une unanimité s’est dégagée autour d’un tel plan. Un plan sur lequel Édouard de Rothschild a souhaité rester discret, afin qu’en fonction des évolutions des mois à venir, il soit appliqué pour tout, pour partie, ou pas du tout. De plus, il s'est assuré que des aménagements puissent rester à discuter. Le débat – qu'il faut souhaiter ouvert et transparent – est donc encore de mise et je m’en réjouis.

Nous avions indiqué publiquement et préalablement que nous ne pourrions accepter qu’une baisse des allocations soit enclenchée avant que TOUS les autres leviers n’aient été activés avec détermination. Nous ne pouvons donc que nous féliciter qu’Édouard de Rothschild ait pris l’engagement de ne sacrifier les acteurs du Galop – en touchant aux allocations – qu’après s'être assuré de la réalisation effective et tangible des différents plans d’économies, de challenger le résultat du PMU et, surtout, de proposer un plan sérieux de partenariat avec l’État. Nous ne pouvons aussi que nous féliciter d’avoir fait reconnaître le caractère purement temporaire des mesures qui seraient mises en place, et rapportées dès le retour à une situation économique plus sereine.

En revanche, et sans rentrer dans le détail des mesures proposées, comme nous nous y sommes engagés, je dois préciser que la position de l’Association P.P., de l'Union pour le galop français et de leurs représentants nous conduira à nous opposer avec détermination à toutes mesures qui détruiraient les équilibres des filières du Galop, en particulier :

  • remettre en cause la défense de l’élevage français par une modification du mécanisme des primes propriétaires et éleveurs qui doivent continuer à récompenser ceux qui jouent prioritairement la carte du label "FR" ;

  • rouvrir une guerre Paris-Province en faisant porter les efforts de manière déséquilibrée au détriment d’un maillage territorial qui constitue une richesse, un axe de développement et sans doute le premier des vecteurs de conquête ;

  • réactiver des débats souvent tranchés et désormais inutiles qui conduiraient à pénaliser les propriétaires et les éleveurs de chevaux d’âge (bien utiles pour la recette) en imaginant relancer ainsi le marché des jeunes chevaux. Pénaliser une partie primordiale des acteurs au moment où, au contraire, l'union et la solidarité doivent se renforcer, ne serait que destructeur.

Conscients de la nécessité de participer à un effort commun, l’Association P.P. et ses partenaires AQPS et P.E. au sein de l'Union pour le galop français se sont prêtés à l'exercice d’une réflexion générale sur le scénario noir d'une évolution négative des encouragements. Nos associations ne veulent pas croire qu'aucune des options qu’elles ont proposées n’a finalement été retenue.

La solidarité de tous, et notamment des représentants de l'Union pour le galop français élus dans les instances de France Galop, passe par leur respect. Précisément, seul le rassemblement de tous autour des équilibres du Galop peut permettre de trouver les termes d'un accord gagnant/gagnant de long terme passé avec l'État. Le rassemblement, c'est la mobilisation du moment, c'est la priorité de toute action pour les six mois qui viennent : la vision, le courage, la détermination peuvent – doivent – permettre de construire une phase de croissance en se basant sur les fondamentaux des équilibres réalisés. Dans ces débats et ces négociations, nous nous engageons à jouer notre rôle ; tout notre rôle. Pour construire et éviter de seulement constater l'échec qui conduit à la spirale de récession. »